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L’Irak 10 ans après - L'eau coule-t-elle à flots ?

A dry pond in drought-afflicted al-Muthanna Governorate
(ACTED)

Depuis près de dix ans, les Irakiens pestent contre deux choses : « maya » et « kahraba » — l’eau et l’électricité.

Ces deux services ne sont pas seulement objets de lamentations : les Irakiens s’y référent pour juger des progrès de leur pays. Une étude récente du National Democratic Institute (NDI) a révélé que, sur 2 000 Irakiens interrogés, 42 pour cent considéraient que les services essentiels — comme l’eau et l’électricité — faisaient partie des deux principaux problèmes qu’ils voulaient que le gouvernement actuel s’emploie à résoudre.

En 2011, plus d’un quart de la population avait accès au réseau d’eau général pendant moins de deux heures par jour et près de la moitié de la population considérait la qualité des services d’eau comme mauvaise ou très mauvaise. C’est ce qu’a révélé l’Iraq Knowledge Network (IKN), une enquête conduite dans près de 30 000 foyers par l’organisation centrale des statistiques du ministère de la Planification, le bureau régional des statistiques du Kurdistan et les Nations Unies.

Selon les Nations Unies, la plupart des Irakiens ont un accès limité à l’eau potable, car les infrastructures sont mal entretenues et le système d’approvisionnement en eau manque de financements. L’enquête IKN de 2011 a par ailleurs indiqué que la principale source d’eau d’un cinquième des Irakiens était l’eau en bouteille et que seulement un cinquième de la population avait accès à l’eau du réseau général toute la journée. Selon un article d’IRIN datant de 2007, le piètre état du réseau a forcé un grand nombre d’habitants à boire l’eau des rivières, malgré les risques que cela implique pour leur santé.

Les statistiques semblent cependant démontrer que l’accès à l’eau potable s’est amélioré au cours de ces dix dernières années.

Dans les années 1980, on estimait que plus de 90 pour cent des Irakiens avaient un accès permanent à l’eau potable. Ils n’étaient plus que 81 pour cent en 1990, selon le gouvernement. Depuis, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le pourcentage des foyers utilisant une source d’eau améliorée, dont de l’eau en bouteille, est passé de 83 pour cent en 2000 à 91 pour cent en 2011, après une baisse en 2006. Le pourcentage d’Irakiens ayant accès à des installations d’assainissement améliorées est quant à lui passé de 71,5 pour cent en 1990, selon les estimations du gouvernement, à 92,5 pour cent en 2000 et 93,8 pour cent en 2011, selon l’UNICEF.

Les experts signalent cependant que les statistiques varient sensiblement selon les régions et certains Irakiens perçoivent une certaine discrimination sectaire. De la même manière que les services publics sous Saddam Hussein étaient politisés, certains pensent que le gouvernement actuel, à majorité chiite, fournit des services préférentiels aux membres de cette communauté. Ainsi, ces derniers mois, l’insatisfaction concernant les prestations de services dans certaines provinces majoritairement sunnites a déclenché des manifestations massives.

Pour certains, comme Mustafa Ahmed, un père de deux enfants vivant à Bagdad, la fourniture de services s’est dégradée. Il a dit à IRIN qu’avant 2003, il pouvait obtenir de l’eau potable du réseau, mais qu’il devait maintenant acheter de l’eau en bouteille.

Pendant ce temps, le niveau d’eau dans les rivières, les lacs et les réservoirs du pays a baissé jusqu’à atteindre un « seuil critique », selon les Nations Unies. Les deux principales sources d’eau de surface — le Tigre et l’Euphrate — ne sont plus qu’à un tiers de leur capacité normale. Selon les Nations Unies, les pénuries d’eau qui en découlent ont affecté le secteur agricole irakien, qui était auparavant presque autosuffisant, mais qui accuse maintenant un déclin et une baisse de la production.

Pour en savoir plus, consultez cette note d’information des Nations Unies sur l’eau en Irak et les enquêtes en grappes à indicateurs multiples de 20002006 et 2011, qui évaluent, entre autres, l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Pour d’autres indicateurs du développement, consultez la série d’IRIN : L’Irak, 10 ans après.

af/da/ha/rz-ld/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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