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L’Irak 10 ans après - Coupures d’électricité intempestives

Electrical towers in Basra, southern Iraq. Iraqis receive on average 8 hours of electricity from the public grid a day and many depend on private generators
(Heba Aly/IRIN)

D’après les Nations Unies, les réseaux d’approvisionnement en électricité d’Irak pâtissent, depuis des décennies, de négligence et d’un manque d’investissement.

Ils ont aussi souffert des guerres précédentes ; par exemple, d’après une étude publiée en 1991 par New England Journal of Medicine, sur les 20 centrales électriques du pays, seulement deux étaient encore opérationnelles après la Guerre du Golfe. Le rapport précisait que six mois après la fin de la guerre, l’Irak avait retrouvé environ deux tiers de sa production d’avant-guerre, mais 10 ans de sanctions ont rendu difficile le remplacement de certaines pièces et l’importation du matériel nécessaire aux réparations.

En 2003, le gouvernement avait réussi à obtenir un niveau acceptable de production d’électricité pour alimenter Bagdad, mais dans d’autres gouvernorats, l’approvisionnement était moindre que dans la capitale.

L’incursion américaine a représenté un coup dur pour la production d’électricité. Selon l’inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l’IRAK, environ un mois après l’invasion, la production quotidienne en énergie avait chuté de 4 075 à 711 mégawatts à cause des pillages et des sabotages d’après-guerre. Lorsque les Américains ont laissé le pouvoir au gouvernement intérimaire irakien en juin 2004, la production était remontée jusqu’à 3 621 mégawatts par jour.

D’après les observateurs, les investissements à long terme effectués ces dernières années pour améliorer la capacité de production d’électricité n’ont pas encore complètement porté leurs fruits et n’ont pas été suivis par des investissements similaires dans les réseaux de transmission et de distribution d’électricité. « Cela revient à verser de l’eau dans un seau percé », a déclaré Sudipto Mukerjee, directeur adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Irak.

Selon l’Unité d’information et d’analyse interagences des Nations Unies en Irak, le réseau d’approvisionnement en électricité n’est « absolument pas fiable et il ne fournit les usagers que quelques heures par jour ».

D’après une enquête de 2011 de Irak Knowledge Network (IKN), les foyers irakiens reçoivent en moyenne huit heures d’électricité par jour provenant du réseau public bien que le gouvernement promette de fournir 24 heures d’électricité par jour d’ici la fin de l’année. Ce sondage indique que soixante-dix pour cent des participants ont signalé des coupures d’électricité quotidiennes de plus de 12 heures ; 26 pour cent de plus parmi les interviewés ont mentionné des coupures d’au moins trois heures par jour. En été, les températures en Irak peuvent dépasser 50 degrés Celsius.

Avis contradictoires

L’ancien président sunnite, Saddam Hussein, aurait défavorisé le territoire chiite au sud en leur procurant un accès à l’électricité moins régulier. Les observateurs remarquent que le gouvernement continue à instrumentaliser l’électricité, fournie de façon plus constante à certaines communautés pour des raisons politiques. Cependant, les travailleurs humanitaires précisent que cela n’apparaît pas dans les statistiques.

IRIN a interviewé deux habitants de Bagdad pour avoir une idée de la situation :

Sa’ad al-Shimary, un chiite employé du gouvernement, a déclaré : « L’électricité n’est pas un problème. Le gouvernement subvient à nos besoins 10 heures par jour et nous obtenons le reste d’un fournisseur privé pour seulement 100 dollars par mois. Chez moi, j’ai donc l’électricité 24 heures sur 24, comme la plupart des familles irakiennes ».

Mais Mustafa Ahmed, un sunnite, n’est pas d’accord : « Avant 2003, le courant était mauvais et aujourd’hui, c’est pire. Nous pouvions obtenir entre 12 et 15 heures d’électricité par jour. Maintenant, quand on a de la chance, on arrive à huit heures ».

La fiche d’information des Nations Unies sur la production d’énergie électrique et l’enquête de IKN fournissent plus de renseignements à ce sujet. Dans le dernier numéro de Middle East Report, l’article de Nida Alahmad de l’Institut universitaire européen de Florence (IUE) analyse les tentatives américaines pour reconstruire le réseau irakien d’approvisionnement en électricité immédiatement après l’invasion.

Pour d’autres indicateurs du développement, consultez la série d’IRIN : L’Irak, 10 ans après.

af/da/ha/rz-fc/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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