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Mieux vaut prévenir les catastrophes que les guérir

A public transport motorbike passes in a flooded road near Legazpi City, Albay Province, Bicol Region, the Philippines, March 2008. After six days of improving weather condition in Bicol, heavy rains spawned by a shallow low pressure area (LPA) again poun Manoocher Deghati/IRIN
Quand le typhon Morakot a frappé Luzon, l’île principale des Philippines, la semaine dernière, une digue en mauvais état a cédé, entraînant des inondations massives et le déplacement de milliers de personnes.

Si le gouvernement local avait mis de côté quelques millions de pesos pour réparer la digue, la catastrophe aurait pu être évitée, a dit Richard Gordon, le principal artisan d’un projet de loi sur la gestion des risques de catastrophes qui, s’il est adopté, garantirait l’allocation d’au moins cinq pour cent des budgets des autorités municipales à la gestion des risques de catastrophes.

La proposition de loi fait partie des mesures annoncées par les Philippines, l’un des pays du monde les plus touchés par les catastrophes, pour se préparer à mieux y réagir.

Les Philippines, un pays à revenu intermédiaire composé de 7 000 îles, est en tête de la liste de la Banque mondiale des pays les plus à risque de subir des tempêtes de plus en plus fréquentes et intenses à cause du changement climatique. En 2008, les Philippines faisaient partie des trois pays qui ont connu le plus de catastrophes, selon le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), situé à Bruxelles.

Les gouvernements provinciaux et municipaux du pays sont encouragés à prendre des initiatives et à utiliser leurs pouvoirs pour obliger les résidents à évacuer en cas de catastrophe naturelle, a dit Glenn Rabonza, directeur du Bureau de la défense civile (OCD) de Manille, à IRIN.

« A cause de notre situation géographique, nous sommes malheureusement un pays à risque de catastrophes. Nous subissons environ 20 typhons par année, parmi lesquels sept sont potentiellement destructeurs », a-t-il ajouté.

Outre les typhons qui viennent de l’océan Pacifique, le pays est également situé sur la Ceinture de feu du Pacifique, où se produisent périodiquement des tremblements de terre, a souligné M. Rabonza. Et bien que le pays n’ait jamais souffert d’un tremblement de terre aussi puissant que celui qui a dévasté la province du Sichuan, en Chine, ou le Cachemire pakistanais au cours des dernières années, « les séismes périodiques et à petite échelle que nous connaissons ici affectent trop souvent de larges pans de la population », a-t-il insisté.

A map of the Philippines showing Luzon Island in the north and Mindanao in the south 200901147
Photo: ReliefWeb
Carte des Philippines montrant l’île de Luzon, dans le nord
Systèmes d’alerte précoce

Le gouvernement espère également compléter une mise à jour de la « cartographie des zones propices aux inondations et aux glissements de terrain ».

L’alerte précoce, les prévisions et les systèmes de surveillance ont été améliorés. Au moins 10 nouveaux radars ont été installés dans les zones d’entrée des typhons, dans la région de Bicol, dans l’est du pays, afin d’alerter la population.

M. Gordon, qui préside également la Croix-Rouge philippine, a insisté sur le fait que l’argent que consacre le gouvernement aux mesures de prévention et de préparation pourrait permettre de réduire de manière significative les milliards nécessaires à l’aide et à la reconstruction.

« Si nous n’adoptons pas de mesures pour prévenir et se préparer à agir en cas de catastrophes, nous sommes condamnés à jeter de l’argent par les fenêtres et le cycle catastrophes-pauvreté se poursuivra », a-t-il dit.

Le gouvernement cherche également à mettre l’accent sur la « diminution de l’impact des catastrophes et l’évacuation préventive ». En effet, de nombreux résidents pauvres ignorent les avertissements du gouvernement leur demandant de quitter les zones à risque, notamment les berges, les pentes, les collines et les zones d’extraction illégales, a ajouté M. Rabonza.

L’une de ces zones à risque, située à l’est de Manille, accueille une population d’environ 15 millions d’habitants. Elle est située au-dessus de la faille de Marikina, ou vallée ouest (West Valley). Plusieurs tremblements de terre y ont été enregistrés au cours des 1 500 dernières années. Des scientifiques craignent qu’un mouvement important de la faille ne déclenche un séisme de magnitude 7,2, qui détruirait les constructions et provoquerait environ 35 000 morts et 100 000 blessés, a indiqué M. Rabonza.

Le secteur privé de Manille, notamment les propriétaires de grandes entreprises, ont mis au point des exercices d’évacuation en cas de séisme.

« Nous avons déjà élaboré des plans d’action, notamment des exercices d’évacuation massive en cas de séisme pour les écoles. Nous faisons notre possible pour être prêts à faire face à toute situation, mais il faut être réaliste, aucune communauté, aucun pays ne peut être parfaitement préparé à une catastrophe soudaine comme un énorme tremblement de terre », a indiqué M. Rabonza.

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