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Quelle somme pour financer l’adaptation au changement climatique ?

A selection of various US dollars.
(Wikimedia Commons)

A six mois à peine du sommet de Copenhague, en décembre, à l’occasion duquel les pays devront conclure un accord sur le changement climatique, un important rapport recommande de mobiliser des fonds supplémentaires (en sus de l’aide au développement) pour aider les pays pauvres à s’adapter à l’évolution du climat.



Ce rapport, intitulé Closing the Gaps: Disaster Risk Reduction and Adaptation to Climate Change in Developing Countries Combler les lacunes : Réduction des risques de catastrophes et adaptation au changement climatique dans les pays en voie de développement, a été rédigé par la Commission internationale sur le changement climatique et le développement (CCCD), créée en 2008 par le gouvernement suédois et présidée par Gunilla Carlsson, ministre suédoise de la Coopération pour le développement international.



Le rapport recommande une approche en deux étapes, dont la première consisterait, pour les pays riches, à mobiliser rapidement entre un et deux milliards de dollars pour aider les pays les plus vulnérables aux répercussions du réchauffement climatique : les petits Etats insulaires à faible revenu et, en particulier, les pays d’Afrique.



« Cette approche progressive vise à pallier le manque de confiance qui existe entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement », peut-on lire dans le rapport. « La deuxième étape consisterait à créer, à l’issue de négociations sur le climat, un système efficace pour financer l’adaptation ».



L’Aide publique au développement (APD) accordée par les pays riches et autres fonds publics « ne permettront probablement pas de fournir l’ensemble des ressources nécessaires pour financer les efforts d’adaptation de tous les pays en voie de développement, à long terme », selon la CCCD. En outre, la récession mondiale risque de réduire les fonds disponibles.



Les fonds consacrés au financement de l’adaptation au climat et la réallocation d’une partie de l’APD à cette fin représentent un point important du débat sur l’élaboration d’un nouvel accord, destiné à remplacer le protocole de Kyoto (l’accord international sur la réduction des émissions, nuisibles, de gaz à effet de serre) lorsque celui-ci arrivera à échéance, en 2012.



Conformément au principe « pollueur payeur », les pays industrialisés sont tenus d’aider les pays en voie de développement à s’adapter au changement climatique, mais ces derniers, ainsi que les lobbies verts, s’inquiètent à l’idée que les fonds essentiels accordés dans le cadre de l’APD ne soient réalloués au financement de l’adaptation. 


«Pour s’adapter, il ne suffit pas, loin s’en faut, d’intégrer la question climatique aux efforts de développement et à l’APD»

Selon Antonio Hill, conseiller principal en politiques chez Oxfam, un organisme d’aide au développement britannique, les conclusions du rapport sont importantes car la Suède siègera à la présidence de l’Union européenne (UE) en juillet 2009, et « nous pouvons supposer que cela représentera un point de référence important, à l’heure où la Suède dirige l’élaboration d’un plan de financement européen [à présenter à] Copenhague [en décembre] ».



Johan Schaar, directeur de la CCCD, a expliqué que la Suède était en train d’adopter une position fondée sur ce rapport ; la Commission européenne et la présidence de l’Union européenne sont également en train de rédiger de concert un document qui sera achevé au début du mois de juillet.



La CCCD est composée de 13 membres éminents, dont Wangari Maathai, lauréat kenyan du prix Nobel, Sunita Narain, écologiste indienne, Angela Cropper, directrice adjointe du Programme des Nations Unies pour l’environnement, Margareta Wahlström, directrice adjointe du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, et Jacques Aigrain, directeur de Swiss Re, une des plus grandes sociétés de réassurance du monde.



« Pour s’adapter, il ne suffit pas, loin s’en faut, d’intégrer la question climatique aux efforts de développement et à l’APD », peut-on lire dans le rapport. « Cela demande d’assurer un développement durable, c’est-à-dire de subvenir aux besoins actuels sans pour autant réduire la capacité des générations à venir à subvenir à leurs propres besoins ».


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Jaspreet Kindra/IRIN
The 17 villages covered by a GEF-funded climate change adaptation project in the North Kordofan region were asked to allocate a piece of land for grazing only to help rejuvenate the soil.
http://www.irinnews.org/photo
Lundi, mai 5, 2008
Remote sensing coming of age
The 17 villages covered by a GEF-funded climate change adaptation project in the North Kordofan region were asked to allocate a piece of land for grazing only to help rejuvenate the soil.


Photo: Jaspreet Kindra/IRIN

Une question d’argent



Il est noté dans le rapport que l’APD s’élevait à un total de 104 milliards de dollars en 2007, et selon les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), sise à Paris, l’on peut considérer que plus de 60 pour cent de cette aide contribue à financer l’adaptation au climat.



« Evidemment, augmenter l’APD permettrait à la fois de financer l’intégration de la question climatique à l’aide au développement et de consacrer des fonds plus importants à l’adaptation. Le rôle que doit jouer l’APD dans le financement de l’adaptation au climat doit être défini ».



Selon M. Hill d’Oxfam, toutefois, les coûts d’adaptation devraient être estimés en fonction des évaluations scientifiques les plus récentes ; celles-ci ont en effet montré que les précédentes étaient extrêmement insuffisantes.



M. Hill a ainsi cité un récent article, écrit par Martin Parry, ancien président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme scientifique international, et deux co-auteurs, et paru dans Nature magazine : « Il a été estimé, dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qu’il faudrait 50 milliards à 170 milliards de dollars par an (valeur actuelle) d’ici à 2030 ».



Les auteurs ont également noté que « cela ne représente qu’un vingtième des dépenses actuellement consacrées au développement de nouvelles infrastructures dans le monde, et un dixième du coût prévu de la réduction des émissions ».



jk/he/nh


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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