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Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a repris le rapatriement des Burundais « réfugiés de longue date » en Tanzanie – ceux qui avaient fui le pays à la suite de la guerre civile de 1972 - le dernier groupe de rapatriés, arrivé le 22 avril, comptant 473 réfugiés.
Le HCR avait suspendu ses activités de rapatriement en décembre 2008 : « L’agence avait besoin de temps pour préparer des refuges temporaires où héberger ?les rapatriés? », a expliqué Bernard Ntwari, assistant de communication publique du HCR.
Le HCR a annoncé la reprise du rapatriement le 2 avril : 25 000 réfugiés doivent être rapatriés au Burundi d’ici au mois d’octobre.
Le groupe arrivé le 22 avril est entré sur le territoire burundais par le point de passage frontalier de Mugina, dans la province de Makamba (sud), à bord de camions du HCR.
Epuisés après un trajet de deux jours, la plupart des rapatriés, qui vivaient dans les camps d’Ulyankulu et Katumba, en Tanzanie, se sont dits heureux d’être de retour chez eux. La plupart n’étaient jamais revenus au Burundi depuis 1972, et beaucoup étaient nés en exil.
« C’est la première fois que je reviens et tout a l’air nouveau », a déclaré à IRIN Estelle Masunzu, une femme âgée, qui ne connaît pas son âge exact.
Aux côtés d’Estelle Masunzu, se tenait Philippe Budogero. « J’aurais pu demander la nationalité tanzanienne, mais j’ai choisi de rentrer », a-t-il déclaré.
Assistance
Au refuge temporaire de Musenyi, dans la commune de Mabanda, où les réfugiés ont passé la nuit avant d’être reconduits dans leurs régions d’origine, plusieurs partenaires du HCR étaient présents pour apporter leur aide aux réfugiés.
Selon Jean-Claude Kameya, directeur du Projet public d’appui au rapatriement et à la réintégration des sinistrés (PARESI), pour la région sud, les rapatriés se voient d’abord délivrer des documents attestant de leur nationalité burundaise.
« Les ?rapatriés? âgés de 16 ans et plus se voient délivrer des cartes d’identité », a-t-il déclaré.
Les rapatriés ont également le droit de recevoir des rations contenant des produits alimentaires et non-alimentaires, tels que des sacs en plastique, des couvertures, du savon et des nattes.
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| Des rapatriés descendent d’un camion du HCR, dans la province de Makamba |
« En termes d’aide alimentaire, les rapatriés ont le droit de recevoir une aide pendant six mois, mais ils rentrent chez eux avec des réserves suffisantes pour un mois ; ils doivent retirer le reste à la paroisse la plus proche », a expliqué M. Kameya.
Le HCR leur accorde également des subventions de 50 000 francs burundais (41 dollars) par personne, dont 20 pour cent leur est versé en espèces, à leur arrivée.
Selon Swai Fidellis, directeur des bureaux du HCR à Makamba, certains rapatriés ont un domicile dans leur village d’origine, tandis que d’autres seront temporairement logés chez des membres de leur famille ou des voisins. Les rapatriés qui ne parviennent pas à retrouver leur région d’origine seront envoyés dans des « villages de la paix », et d’autres seront logés dans des refuges temporaires, a expliqué M. Fidellis.
Ceux dont les terres sont occupées seront logés dans des refuges temporaires jusqu’à résolution des litiges fonciers.
Selon M. Kameya, 13 refuges temporaires ont été aménagés dans les provinces de Makamba, Bururi et Rutana, et trois « villages de la paix » ont été construits à Makamba et Rutana, prêts à accueillir les rapatriés.
Questions foncières
Les questions foncières sont la principale difficulté à laquelle les rapatriés se trouvent confrontés, nombre d’entre eux découvrant à leur retour, sur les terres qu’ils possédaient autrefois, de nouveaux occupants parfois détenteurs de titres de propriété valides.
Le gouvernement recommande, autant que faire se peut, les règlements à l’amiable entre les rapatriés et les nouveaux occupants.
« Si quelqu’un occupe mes terres, je suis sûr qu’il vient de quelque part ; il est grand temps qu’il retourne sur ses propres terres et laissent les miennes, maintenant que je suis de retour », a déclaré M. Budogero, qui doit retourner dans son village, à Nyanzalac, dans la province de Makamba. « Si la loi m’oblige à partager mes terres avec quelqu’un d’autre, elle a intérêt à être changée parce qu’elle est partiale ».
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