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L’échec de la politique de « dissuasion » des bateaux de migrants en deux graphiques

Rescued migrants sleep after being plucked from a boat off the coast of Italy in summer 2014. Thousands of refugees attempt to make the perilous journey to Europe every year, with hundreds dying. In the summer of 2014 the Mare Nostrum search and rescue te Alfredo D’Amato/UNHCR

Fin 2014, le gouvernement italien a mis fin à son opération de recherche et de sauvetage Mare Nostrum en raison d’un manque de financement. Le projet a étépartiellement remplacé par l’opération Triton – dont la portée est toutefois bien plus réduite, tant en termes géographiques (les patrouilles ne s’éloignent pas à plus de 30 miles des côtes italiennes) que budgétaires (environ un tiers du budget de Mare Nostrum). Le programme pourrait laisser des dizaines de milliers de migrants exposés à un risque bien plus important, estiment ses détracteurs.
 
L’argument le plus répandu pour justifier ce changement d’orientation est la dissuasion. Autrefois, les migrants et leurs passeurs étaient à peu près certains d’être secourus par l’un des navires de l’opération Mare Nostrum, avancent ses partisans.

Joyce Anelay, la ministre britannique des Affaires étrangères, avait dit à l’époque que les missions de sauvetage ne faisaient qu’inciter davantage de personnes à emprunter ce dangereux itinéraire.

Pourtant, si l’arrêt de l’opération Mare Nostrum avait pour vocation de dissuader les migrants, on peut parler d’échec à ce stade. Le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée a explosé - 7 000 jusqu’à présent en 2015 contre environ 3 338 en 2014 à la même période, d’après l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (voir le graphique ci-dessous).

Et le nombre de morts a lui aussi grimpé en flèche (voir graphique 2, ci-dessous). Jusqu’à présent cette année, on estime à 300 le nombre de décès par noyade – la plupart ont péri dans le chavirement de quatre canots gonflables transportant des migrants en provenance d’Afrique de l’Ouest. À la même époque l’année dernière, ce chiffre était de 12.

La capacité des bateaux de la nouvelle opération, plus petits et moins bien équipés, est également motif d’inquiétude. Vingt-neuf migrants sont morts d’hypothermie après avoir été secourus par un navire de l’opération Triton.

Pour John Dalhuisen, le directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, ces décès laissent supposer que l’assistance médicale fournie à bord est inadaptée.

« Il est possible que les gardes-côtes aient fait ce qu’ils pouvaient avec les ressources dont ils disposaient. De toute évidence, celles-ci n’étaient pas suffisantes. Si les États membres de l’Union européenne ne s’engagent pas à augmenter nettement les capacités de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, les tragédies de ce type ne feront que se multiplier », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le HCR Royaume-Uni a dit que les statistiques trahissaient le « besoin urgent » d’offrir une solution de remplacement adaptée à l’opération Mare Nostrum. 

La détresse des aspirants migrants et des demandeurs d’asile a atteint des niveaux historiques. En 2014, la Syrie, l’Irak, la République centrafricaine et le Soudan du Sud étaient tous classés comme des urgences de niveau maximal par les Nations Unies. 

À elle seule, la Syrie a produit plus de 3 millions de réfugiés et est désormais le pays d’origine de la plupart des migrants arrivant en Italie. 

En Libye, le vide sécuritaire a facilité la tâche des passeurs. Avec le contrôle plus strict des routes terrestres pour l’Europe, plus sûres, et le durcissement des barrières migratoires de pays comme l’Australie, ce périlleux voyage reste la seule option pour de nombreux Libyens désespérés. 
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