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La sélection d’IRIN : printemps arabe, vente d’armes au Yémen et Myanmar en tête de classement

A display outside the 32nd International Conference of the Red Cross and Red Crescent in Geneva shows an ambulance that has been attacked. The states party to the Geneva Convention and national Red Cross and Red Crescent societies adopted a resolution to
À l’extérieur de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève, une affiche montre une ambulance ayant été attaquée. (Heba Aly/IRIN)

Voici la liste des lectures recommandées par IRIN. Chaque semaine, notre réseau mondial de correspondants spécialisés partage sa sélection d’articles de recherche, de podcasts, de rapports, de billets de blogues et d’articles de fond à ne pas manquer pour rester au fait de l’actualité mondiale en matière de crises. Nous signalons également les conférences importantes à venir, les publications de livres et les débats sur les politiques.

À lire : notre Top 6

Quel pays s’est le plus amélioré en 2015 ?


À la fin décembre, ceux qui aiment les listes et les classements sont particulièrement heureux. Les journalistes ont en effet trouvé des milliers de moyens imaginatifs de résumer sous forme de listes l’année qui se termine. The Economist est récemment venu ajouter sa pierre à l’édifice en proposant un classement des pays ayant connu les plus grandes améliorations. Cela nous rappelle que malgré toutes les horreurs et tous les soulèvements, certains pays enregistrent des changements positifs remarquables. Les États-Unis ont mis un terme à plusieurs décennies d’impasse politique en rétablissant les relations diplomatiques avec Cuba et en concluant un accord nucléaire historique avec l’Iran ; le Nigeria a tenu son premier scrutin présidentiel pacifique et fait des progrès dans la lutte contre Boko Haram ; le Guatemala a commencé à s’attaquer à ses problèmes de corruption en arrêtant une série de personnalités politiques ; la Chine a annoncé la fin de sa politique d’enfant unique, changeant du même coup l’avenir de millions de familles ; et la Jordanie et le Liban ont tous deux reçu une mention honorable pour avoir accueilli un grand nombre de réfugiés syriens. Mais le grand gagnant est la petite nation du Myanmar, en Asie du Sud-Est, qui a non seulement tenu son premier scrutin significatif depuis une génération, mais qui l’a vu être remporté par une femme dont l’image était illégale il y a quelques années seulement. Tout peut encore dérailler, mais, selon le magazine, « [l]a transition du pays vers quelque chose qui ressemble à la démocratie s’est faite plus rapidement que ce à quoi on s’attendait. Pour cette raison, le Myanmar figure en tête du classement ».

Croix-Rouge américaine : financial struggles?


La Croix-Rouge américaine (American Red Cross, ARC) a subi un autre coup dur la semaine dernière après que des journalistes de ProPublica eurent publié une critique accablante du leadership de la PDG Gail McGovern, une ancienne cadre supérieure du géant américain des télécommunications AT&T recrutée en 2008. Cette critique intervient peu de temps après la publication, par le même magazine en ligne, d’une analyse du programme d’intervention de l’ARC à Haïti dont on a beaucoup parlé. L’article traite surtout du programme national de l’ARC et, plus sérieusement, de la gestion financière de l’organisation. Il démontre qu’en dépit d’un plan ambitieux pour augmenter les revenus de l’organisation pour qu’ils atteignent plus de 500 millions de dollars d’ici 2015, les fonds reçus ont diminué depuis 2011 et représentent actuellement moins de 150 millions de dollars. L’article indique que l’ARC dépend toujours de la survenue de catastrophes majeures comme le tremblement de terre à Haïti ou l’ouragan Sandy pour ses opérations de collecte de fonds. L’ARC a publié une brève réponse détaillant les accomplissements de Mme McGovern et soulignant des exemples de réussites, notamment la campagne de lutte contre les incendies résidentiels. L’organisation n’a cependant pas répondu aux allégations spécifiques concernant les finances de l’organisation.
[http://www.redcross.org/news/press-release/Media-Statement-ProPublica-profile-on-Gail-McGovern]

Que penser de la COP21 ?


On a suffisamment écrit sur la conférence sur le climat de Paris et sur l’accord subséquent sur les émissions de carbone pour qu’il faille une forêt entière pour tout imprimer. Doit-on considérer la COP21 comme un succès ou un échec ? Est-il vrai qu’une coquille a failli faire dérailler les négociations ? Quel sage conseil devriez-vous formuler lors de votre prochain dîner mondain ? Si nous ne pouvons pas vous dire quoi penser, nous pouvons cependant vous inviter à consulter un guide complet détaillant les opinions de chacun, une courtoisie de carbonbrief.org, qui a compilé des éditoriaux du monde entier, du Soudan à l’Australie. Par exemple, le soutien enthousiaste du China Daily, un quotidien progouvernemental, témoigne de l’intérêt de la Chine pour les sources d’énergie alternatives, mais aussi pour une approche pays par pays en ce qui concerne la définition des objectifs. Les médias australiens considèrent l’accord comme un cadre destiné à inciter le premier ministre Malcolm Turnbull à procéder à des changements significatifs. Par ailleurs, si vous souhaitez vraiment vous faire votre propre idée, carbonbrief.org a préparé un excellent guide pour mieux comprendre le contenu de l’accord, y compris les points de friction et les éléments défendus par chacun des acteurs.

 

Des lacunes dans la couverture de la crise des réfugiés


Des « cercueils flottants » utilisés par les passeurs pour transporter les Rohingyas désespérés fuyant le Myanmar aux images troublantes d’Irakiens, de Syriens et d’Afghans s’effondrant sur les plages de Lesbos, les histoires des réfugiés ont dominé les médias en 2015. Malheureusement, cela ne veut pas dire que leurs histoires ont toujours été bien racontées. En effet, un nouveau rapport intitulé Moving Stories, publié par le Réseau de journalisme éthique (Ethnical Journalism Network, EJN), a analysé la couverture médiatique de 2015 dans l’Union européenne (UE) et 14 pays du monde. Il conclut que celle-ci peut généralement être caractérisée par un manque de rigueur dans l’utilisation du langage, une politisation ouverte et, parfois, par l’hyperbole, l’intolérance et la déformation de la réalité, même si des reportages éloquents et extrêmement influents ont aussi été produits de temps en temps. Le rapport souligne la négligence des médias européens, qui ont signalé l’afflux de réfugiés syriens plusieurs mois seulement après qu’il eut commencé, et le manque de connaissances de nombreux journalistes sur les questions de migration et le contexte. Il formule des recommandations pertinentes : la création d’unités de journalistes spécialisés dans les questions de migration, la mise en place de formations internes sur les questions de migration et l’amélioration des liens avec ceux qui représentent les migrants et les réfugiés. Or, malheureusement, il est rare de voir les grands organes d’information faire ce genre d’investissements dans l’environnement médiatique appauvri d’aujourd’hui.

Comment aider les réfugiés syriens ?


Ce rapport exhaustif présente les conclusions d’un groupe de chercheurs ayant analysé conjointement des données sur les réfugiés syriens vivant en Jordanie et au Liban et sur l’impact des efforts mis en oeuvre pour leur venir en aide. Certaines conclusions sont déjà connues : les réfugiés syriens sont plus jeunes, plus traumatisés et plus pauvres que les populations qui les accueillent ; 9 individus sur 10 répondent aux critères de pauvreté du pays d’accueil. L’analyse des programmes mis en place pour leur venir en aide offre cependant des conclusions moins connues et plus intéressantes. On constate que les programmes de réduction de la pauvreté sont très efficaces : ils permettent de ramener le taux de pauvreté à moins de 10 pour cent lorsqu’ils sont administrés efficacement jusqu’au bout. Ils ne sont cependant pas financièrement viables à long terme et ne favorisent pas la transition des réfugiés vers l’autonomie. Le rapport conclut dès lors que l’approche actuelle de gestion des déplacés syriens – qui met l’accent sur la satisfaction des besoins quotidiens et la protection – est intenable et crée une dépendance. Il soutient qu’il faut plutôt opter pour une approche privilégiant de façon explicite la croissance économique. Les chercheurs soutiennent qu’il s’agit là du meilleur moyen d’aider les communautés et les pays d’accueil ainsi que les réfugiés qu’ils soutiennent à partager les progrès accomplis et à bâtir un avenir indépendant et plus stable.

Démêler les différents groupes armés en RDC


Pendant que la crise des réfugiés et la guerre en Syrie dominaient l’actualité, d’autres conflits ont continué de faire rage. En République démocratique du Congo (RDC), 70 groupes armés ont récemment été dénombrés dans une seule province. Pourquoi sont-ils si nombreux ? Que cachent ces alliances mouvantes extrêmement complexes et ces factions dissidentes ? Selon un nouveau rapport de l’Institut de la Vallée du Rift, plusieurs de ces groupes armés seraient, paradoxalement, le produit des stratégies de stabilisation récemment mises en place. Les auteurs croient qu’il est nécessaire d’adopter des politiques qui mettent spécifiquement l’accent sur les groupes armés et visent à les convaincre de déposer leurs armes. Ils exhortent également les décideurs à considérer les réseaux sociaux et économiques plus vastes qui créent des environnements dans lesquels la violence est si souvent vue comme la seule option.

Une publication d’IRIN :

La rencontre qui a eu lieu à Genève il y a deux semaines donnait l’impression d’une grande conférence réunissant des diplomates en habits. La Conférence du CICR a cependant porté un coup sérieux aux efforts déployés pour renforcer le respect des Conventions de Genève. Après quatre années de consultations, la proposition d’établir une instance pour discuter et partager des informations sur la mise en oeuvre du droit humanitaire international – une proposition considérée par plusieurs comme modérée – a été catégoriquement rejetée par un groupe d’États dominé par la Russie. IRIN était sur place pour couvrir les négociations en temps réel, annoncer l’échec de la résolution et interviewer le président du CICR pour entendre sa réaction.

Onze semaines après que la frappe aérienne menée par les Américains sur un établissement de MSF à Kunduz eut tué 14 employés, 24 patients et quatre visiteurs, les Nations Unies continuent de demander la tenue d’une enquête indépendante. En Syrie et au Yémen, les hôpitaux continuent d’être bombardés à une fréquence alarmante. IRIN continuera de couvrir une histoire qui est non seulement cruciale pour tous les travailleurs humanitaires et soldats, mais aussi pour tous les civils.

À regarder :

UK arms sales to Yemen [Vente d’armes britanniques au Yémen]


Le rôle de l’Arabie saoudite dans le conflit au Yémen a longtemps été une source de préoccupation importante, notamment en raison de son rôle double en tant qu’acteur clé du conflit et donateur clé pour l’intervention humanitaire. Or, la semaine dernière, la BBC a fait paraître un film documentaire qui fait la lumière sur les rôles des autres gouvernements également impliqués, notamment celui du Royaume-Uni, qui vend aux Saoudiens les armes qu’ils utilisent au Yémen. Le cadre juridique britannique exige la suspension des licences d’exportation d’armes lorsqu’il existe un risque clair que les armes soient utilisées pour cibler des civils. Le documentaire cite des avis juridiques selon lesquels les enquêtes sur l’utilisation d’armes britanniques au Yémen, et en particulier sur leur utilisation contre des civils, ne sont pas suffisantes. Il rapporte que le groupe de pression Campaign Against The Arms Trade (CAAT) prépare une action en justice. Tandis que le gouvernement britannique continue de citer les garanties saoudiennes selon lesquelles l’usage des armes est conforme au droit international, des sources ont dit à la BBC qu’il était en réalité « très inquiet » face à la possibilité d’une procédure légale.

À venir :

 Cinquième anniversaire du printemps arabe

Il y a cinq ans, un jeune vendeur de fruits tunisien appelé Mohamed Bouazizi s’immolait dans le cadre d’une tentative désespérée pour protester contre les mauvais traitements que lui faisait subir la police locale. Les manifestations qui ont suivi, un mouvement que l’on a rapidement appelé, avec beaucoup d’enthousiasme, le « printemps arabe », ont redessiné le paysage du Moyen-Orient – parfois pour le mieux, mais parfois, hélas, pour l’inimaginablement pire. Alors que les changements déclenchés il y a cinq ans continuent de se faire sentir dans la région, comme l’écrit le Wall Street Journal, tous les pays du printemps arabe sont malheureux à leur manière. Attendez-vous à ce que l’on écrive abondamment sur l’espoir et l’horreur, l’euphorie initiale et le sentiment de changement inéluctable ainsi que le regret et la déception maintenant ressentis par un si grand nombre, comme cet autre Tunisien qui a survécu à son immolation.

iw/ag -gd/amz

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