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Les affrontements pèsent sur les services de santé dans le sud de la Libye

A resident of Tayuri stands against a bullet-riddled wall of his house. Part of it was destroyed during the clashes in Libya
A resident of Tayuri, Libya, stands against a bullet-riddled wall of his house (Zahra Moloo/IRIN)

Les heurts et l’insécurité pèsent sur les infrastructures de santé surchargées du sud de la Libye, tandis que le gouvernement a décrété l’état d’urgence dans la région du Fezzan.

Ces 12 derniers jours, les affrontements ont fait au moins 39 morts et 70 blessés dans la capitale régionale de Sabha. Les habitants s’inquiètent de la faible présence de l’État dans le sud à la population clairsemée, et se sentent exposés en l’absence d’une armée nationale forte.

« Le problème ce n’est pas tant le matériel médical, mais le manque de sécurité dans les hôpitaux », a dit Faouzi Azowai, médecin et responsable de l’antenne du Croissant-rouge libanais à Tripoli. « Plus le conflit perdure, plus les civils sont susceptibles de souffrir. »

Il y a cinq jours, M. Azowai raconte avoir comptabilisé 19 cadavres à l’hôpital de Murzuq, une ville dans laquelle l’ethnie toubou est largement représentée, située à environ 170 km au sud-ouest de Sabha.

Ibrahim Zway, le directeur de l’hôpital de Sabha, a dit que la majorité des membres du personnel médical restaient chez eux plutôt que de se risquer à venir travailler. Son hôpital a accueilli 36 cadavres - tous des soldats - et 70 blessés à la suite des affrontements, rapporte-t-il.

« Les médecins font défaut à l’hôpital de Sabha, et les hôpitaux de Murzuq et d’Ubari souffrent d’un manque d’équipements, de médicaments et de médecins », a dit M. Zway, qui s’est rendu récemment dans ces deux villes. « À l’heure actuelle, nous n’avons que trois médecins à l’hôpital de Sabha au lieu de huit au minimum. Des médecins consultants nous rendent visite uniquement en cas de blessures graves. »

« Plus le conflit perdure, plus les civils sont susceptibles de souffrir »

La semaine dernière, le ministère de la Santé s’est engagé à envoyer un avion transportant du matériel médical à l’aéroport d’Ubari – une ville sous contrôle touareg, à 200 km à l’est de Sabha. « Nous attendons toujours », a dit M. Zway.

Les tensions persistent

La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a fait part samedi « de [sa] vive préoccupation s’agissant de la poursuite des violences dans la ville de Sabha, qui ont causé des pertes humaines et matérielles ».

La déclaration de la MANUL ajoute : « La Mission exige l’arrêt immédiat des affrontements armés et apporte son appui aux efforts visant à rétablir le calme, mettre un terme à l’effusion de sang et garantir la sécurité dans la ville et les autres régions du sud de la Libye ».

Le 19 janvier, un dimanche - le premier jour de la semaine de travail - les habitants de Sabha ont décrit une ville calme, avec de nombreux magasins fermés et peu de voitures sur la route.

Durant la journée, des soldats ont patrouillé les rues. Les banques sont fermées depuis plus d’une semaine, ce qui complique la tâche aux travailleurs pour percevoir leur salaire.

Jeli Ali, un Touareg membre de la Commission de réconciliation d’Ubari, a dit qu’au moins deux personnes de sa communauté avaient été tuées dans des affrontements à Tayuri, un quartier défavorisé de Sabah où cohabitent les ethnies toubou et touarègue.

« J’ai entendu parler de civils morts à Tayuri, mais je n’en ai vu aucun à l’hôpital », a dit M. Zway.

Les affrontements récents ont commencé après la mort du commandant adjoint de la zone militaire de Sabha, Mansour Al-Aswad, le 9 janvier. La tribu arabe Awlad Soulayman dont il était membre a accusé les Toubous d’être responsables de l’assassinat. Depuis, on assiste à une escalade de violence entre les deux communautés à Sabha et alentour.

Les relations entre communautés restent tendues dans le sud, et le 18 janvier, des assaillants des tribus arabes Al Khadaddfa et Magarha – que l’on dit loyales à l’ancien chef d’État, Mouammar Kadhafi - se sont emparés de la base aérienne de Tamenhint, à 30 km à l’est de Sabha.

Le gouvernement libyen a déclaré l’état d’alerte après l’attaque de la base aérienne, mais l’essentiel de la région du Fezzan est une zone militaire fermée depuis décembre 2012.

Problèmes sous-jacents

Pendant plusieurs décennies sous Kadhafi, les minorités non arabes – notamment les Touaregs et les Toubous – étaient marginalisées. Leurs membres n’avaient pas droit à des papiers d’identité, et étaient traités comme des étrangers dans le cadre d’une politique d’arabisation.

En conséquence, bon nombre d’entre eux ont participé à la campagne militaire pour renverser Kadhafi en 2011, et militent depuis la révolution pour faire valoir leurs droits politiques dans la nouvelle constitution.

Certains groupes du Fezzan réclament une plus grande part des revenus tirés de l’extraction pétrolière dans le sud, la région la plus pauvre de Libye. Mais au-delà des divisions entre les trois principales communautés – arabe, touarègue et toubou – la lutte concerne aussi le contrôle des routes commerciales traversant le Sahara.

« Il ne s’agit pas d’un simple affrontement tribal, c’est plus large que cela. C’est une question de frontières, de savoir qui contrôle le Fezzan et de puissance de l’État », a expliqué à IRIN un étudiant de l’université de Sabha. Il a dit qu’il souhaitait rester anonyme car « le problème n’est pas prêt d’être résolu ».

md/jj/rz-xq/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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