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Les retours spontanés continuent malgré les craintes pour la sécurité

Bernard Ndorainywe, un Burundais de 39 ans vivant depuis 1996 dans le camp
de réfugiés de Nduta, dans l'ouest de la Tanzanie, veut absolument rentrer
chez lui! Toutefois, comme pour beaucoup des 100 000 réfugiés des camps du district de Kibondo, son foyer se trouve au sud du Burundi, un secteur où le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ne facilite pas le rapatriement.

Ne se laissant pas décourager, M. Ndorainywe est prêt à parcourir à pied les 40 kilomètres qui le séparent de la frontière.

"Nous quitterons ce soir et serons chez nous dans trois jours environ", dit-il alors que lui et une
vingtaine de membres de sa famille se préparaient à partir, le 21 juin. "Si
les gens veulent nous aider, nous l'accepterons, mais je suis fatigué
d'attendre dans les camps et je vais retourner chez moi de toutes façons".

On ne sait pas exactement combien de personnes quittent "spontanément" les
camps du district de Kibondo pour revenir au Burundi. Le HCR déclare qu'il est difficile d'en estimer le nombre, parce que tous ces réfugiés ne
remettent pas nécessairement leurs cartes de rationnement à l'agence, ni ne remplissent les formulaires de rapatriement volontaire leur donnant droit à un soutien lorsqu'ils retournent au Burundi.

Alors que le gouverneur de la province de Ruyigi, dans l'est du pays,
affirmait sur les ondes d'une radio burundaise que le rapatriement dans la
région "bat son plein", un fonctionnaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires déclarait à IRIN que durant la première semaine de juin, plus de 2 000 réfugiés sont retournés spontanément.

Le HCR à Kibondo
n'était pas en mesure de confirmer ces chiffres.

Pour leur part, des travailleurs humanitaires du Kibondo ont indiqué qu'il leur était difficile d'obtenir des informations sur les personnes qui
retournent, pour les mêmes motifs pour lesquels le HCR ne veut pas procéder
à un rapatriement à grande échelle dans le sud du Burundi, soit en raison de la situation sécuritaire prévalant là-bas, que plusieurs jugent dangereuse.

"Sur la base des informations que nous recevons de la part des nouveaux
arrivants, les combats se poursuivent toujours entre forces gouvernementales
et rebelles dans le Ruyigi et dans la province de Makamba [également dans le
sud du pays]", a déclaré à IRIN Fatma Mohammed, un fonctionnaire du petit
bureau du HCR au Kibondo.

Ces craintes ont trouvé leur écho dans une mise à
jour récente compilée par l'ONG humanitaire Christian Aid.

"90 pour cent de la population du camp estime que la situation n'est pas
propice pour un rapatriement aujourd'hui," selon Barnabas Bugera, un leader des réfugiés burundais du camp de Kanembwa.

Toutefois, ni ces informations, ni les nouvelles sur des attaques et des
agressions contre des réfugiés des deux côtés de la frontière, ne suffisent à dissuader M. Ndorainywe de retourner chez lui.

"Je n'ai pas peur. Je pourrais tout aussi bien perdre la vie ici, dans les camps", dit-il. "J'ai déjà attendu trop longtemps dans les camps et je dois maintenant prendre le risque de partir. Il ne peut pas y avoir la guerre partout, mais s'il n'y a pas de paix, j'aurai simplement à me débrouiller comme tous les autres".

Le HCR facilite actuellement les rapatriements volontaires via Ngara pour les réfugiés des camps de Kibondo, mais seulement pour ceux qui proviennent des provinces du nord du Burundi.

Cependant, leur nombre est limité et, selon des travailleurs humanitaires, sera bientôt appelé à diminuer. Ce nombre a déjà été réduit, de 400 réfugiés par semaine au début de cet exercice à seulement 90 dans le dernier groupe qui est parti le 20 juin.

Bien qu'il soit difficile de connaître exactement combien de Burundais ont
effectué ou effectueront le même trajet que M. Ndorainywe, la plupart des Burundais désirent nettement revenir chez eux et ce, malgré tous les risque que cela implique.





This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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