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Les réfugiés Banyamulenge refusent d’être déménagés

Un organisme burundais de défense des droits de l’homme, la Ligue Itéka, rapportait lundi que quelque 1000 réfugiés d’origine Tutsi, connus sous l’appellation "Banyamulenge", ont refusé d’être déménagés des camps de la Bujumbura rurale et de la province de Cibitoke, où ils se trouvent, vers un autre camp de réfugiés situé au nord-est du Burundi, une région où les rebelles Hutus demeurent actifs. Le gouvernement burundais et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont débuté le 27 mai une opération de transfert des réfugiés congolais vers un camp se trouvant dans la commune de Gasorwe, dans la province de Muyinga.

"Ils estiment que leur sécurité ne sera pas garantie dans ce nouveau camp situé près de la frontière avec le Rwanda et la Tanzanie", affirme la Ligue Itéka dans un communiqué.

Des réfugiés Banyamulenge, contactés par la Ligue Iteka, ont indiqué que le camp de Gasorwe n’est situé qu’à 50 kilomètres du Rwanda, pays "en guerre" contre les Banyamulenge, sur les hauteurs du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Ils rappellent qu’une mutinerie survenue au sein des troupes Tutsi du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma, soutenu par le Rwanda), qui contrôle environ un tiers de la RDC, a provoqué de violents combats entre les forces du RCD-Goma et les mutins dirigés par le Commandant Patrick Masunzu, au début de 2002 dans les environs de Minembwé, au Sud-Kivu.

Dans le Muyinga, loin des médias, les Banyamulenge craignent que les Rwandais ne rééditent des opérations de rafles et de "déportations", selon la Ligue Itéka, des craintes fondées sur des expériences de ce genre survenues en janvier et en mars, alors que 18 Banyamulenge ont été arrêtés, puis remis aux autorités rwandaises, lors de deux incidents distincts.

Les Banyamulenge invoquent aussi l’emplacement du camp de Kinama, à 36 kilomètres seulement des frontières avec la Tanzanie, un pays qui héberge selon eux des "forces négatives", désignant ainsi des Hutus rwandais qui auraient été impliqués dans le massacre de Banyamulenge dans l’est de la RDC.

La population locale du Muyingo se serait par ailleurs montrée plutôt hostile aux Banyamulenge.

Une telle perception est illustrée dans une lettre transmise par neuf parlementaires de la province de Muyinga au président de l'Assemblée nationale, missive invoquant "le comportement négatif des réfugiés, préjudiciable à la sécurité en général et la méfiance des premiers occupants (de Muyinga) vis-à-vis de nouveaux venus", rapporte la Ligue Itéka.

En outre, les Banyamulenge jugent non sécuritaire le secteur où se trouve le camp de réfugiés, rappelant qu’il "a été le théâtre de massacres sélectifs de Tutsi, à grande échelle, de 1993 à 1996".

Un fonctionnaire du HCR a déclaré lundi à IRIN ce qui suit: "La décision de transférer les réfugiés revient au gouvernement, qui a le droit de les installer là où il estime qu’ils seront en sécurité, autant en termes de santé que de bien-être.

Les centres de transition ne pourraient (de toutes façons) être maintenus plus longtemps".

Les niveaux actuels de l’aide aux réfugiés congolais (vivres, articles non alimentaires, éducation et installations sanitaires) sont toutefois appelés à s’arrêter dès que la majorité des réfugiés auront été transférés et les camps de transition, fermés.




This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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