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Dans le cadre d'une campagne visant à encourager les réfugiés burundais à
rentrer chez eux, le ministre tanzanien de l'intérieur, Mohammed Khatib et la ministre burundaise chargée de la réinstallation des réfugiés, se sont rendus du 24 au 28 février dans plusieurs camps de réfugiés implantés dans l'ouest de la Tanzanie.
" Il est temps que les réfugiés burundais rentrent chez eux, mais nous
voulons qu'ils le fassent volontairement, conformément aux règles acceptées
internationalement, " a déclaré le vice-ministre tanzanien de l'intérieur,
John Chiligati à l'AFP.
M.
Chiligati a indiqué que les ministres Khatib et Ngendehayo avaient visité les camps situés dans les régions de Kigoma et Kagera afin d'informer les réfugiés de l'évolution de la sécurité au Burundi et de les rassurer sur leur propre sécurité, a rapporté l'AFP.
A la question de savoir s'il était préoccupé par la pression qui était
exercée sur les réfugiés pour les inciter à rentrer chez eux, un
représentant du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
en Tanzanie, Chrysantus Ache, a répondu qu'il était " très inquiet ",
ajoutant qu'il régnait dans les camps un climat d'inquiétude et
d'incertitude.
En l'absence d'un cessez-le-feu, il a indiqué que le HCR ne pouvait pas
encourager le rapatriement des réfugiés mais qu'il viendrait en aide à ceux qui manifestaient le souhait de rentrer chez eux.
Il a fait savoir que le nombre de rapatriés avait récemment augmenté,
précisant que 6 000 réfugiés s'étaient inscrits sur les listes du
rapatriement prévu entre le 12 et le 28 février.
Il a ajouté que le
gouvernement burundais n'était pas suffisamment prêt à accueillir un nombre important de réfugiés.
Joseph Karumba, le président du Front national pour la libération (FROLINA),
cité par l'AFP, et l'un des signataires de l'accord de paix d'Arusha, signé en août 2000, a affirmé : " Oui, un gouvernement transitoire a bien été mis
en place en novembre dernier, mais il n'y a toujours pas de cessez-le-feu et
la guerre civile se poursuit autour de Bujumbura. "
" On nous dit toujours que des civils sont tués par les troupes rebelles et
l'armée régulière.
Je ne comprends donc pas pourquoi on mène toutes ces
campagnes pour encourager le retour prochain des réfugiés au Burundi ",
a-t-il poursuivi.
Le groupe de défense des intérêts des réfugiés, Jesuit Refugee Society
(JRS), a manifesté à son tour une réaction similaire. Dans un communiqué
publié la semaine dernière, l'association a déclaré que la pression exercée pour encourager le retour des réfugiés était " prématurée et pouvait donner lieu à une nouvelle tragédie ". JRS estime qu'un cessez-le-feu honoré par toutes les parties au conflit doit être une condition préalable à leur retour, et que la pression exercée sur les réfugiés pour les inciter à rentrer pourrait exacerber le problème posé par le nombre important de personnes déplacées au Burundi.
Une délégation du gouvernement burundais a visité les camps tanzaniens le 18 février, dans le but, entre autres, d'encourager les réfugiés à rentrer chez eux, a informé IRIN un porte-parole du ministère des relations extérieures et de la coopération.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions