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Une « Crise silencieuse »

A view of the Wad Sharifey camp refugee camp, house to 15,020 mostly Eritrean refugees
The UN refugee agency, UNHCR, has expressed concern over the numbers of Eritrean refugees arriving every month (file photo) (Maram Mazen/IRIN)

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé ses inquiétudes face à l’afflux de réfugiés, alors que de plus en plus d’Érythréens, pour la plupart de jeunes hommes instruits, continuent d’arriver en Éthiopie.



« La plupart disent qu’ils ont quitté leur pays [afin d’échapper] à une conscription militaire illimitée, mais ils disent également vouloir rejoindre leurs familles qui sont en route pour l’Éthiopie », a dit Moses Okello, le représentant du HCR en Éthiopie, à IRIN.



L’Éthiopie compte au moins 61 000 réfugiés érythréens.



Le HCR a qualifié le dernier afflux de réfugiés érythréens de « crise silencieuse », alors que la Corne de l’Afrique fait face à la pire sécheresse qu’elle ait connue depuis 60 ans.



M. Okello a noté que les réfugiés qui arrivaient étaient en bonne condition physique en comparaison avec les milliers de réfugiés somaliens installés dans la région de Dolo Ado, située au sud-est de l’Éthiopie.



Selon les statistiques du gouvernement, 1 300 Érythréens en moyenne quittent leur pays chaque mois pour rejoindre l’Éthiopie.



« La tendance est continue et pourtant à la hausse », selon Ayalew Aweke, le sous-directeur du Bureau de l'administration des Affaires des réfugiés et des rapatriés (ARRA) du gouvernement.



M. Ayalew a dit : « Nous accueillons de 1 200 à 1 500 réfugiés supplémentaires chaque mois. La plupart d’entre eux sont des jeunes non accompagnés ».



Chiffres contestés



Le HCR indique toutefois qu’environ 800 à 1 000 érythréens rejoignent les camps de réfugiés éthiopiens de Shimelba, Maiaini et Adi-Harush, situés dans la région du Tigray, chaque mois.



Mais selon M. Ayalew « Les chiffres du HCR n’incluent pas le nombre de réfugiés qui arrivent [par] d’autres points d’entrée que les 17 points [officiels] habituels ».



Selon l’ARRA, certains Érythréens passent par d’autres pays, comme le Soudan et Djibouti, avant d’arriver en Éthiopie.



Kisut Gebregziabher, porte-parole du HCR en Éthiopie, a dit : « Pour l’instant, nous comptabilisons les personnes qui bénéficient du statut de réfugié dans les centres de réfugiés. Mais nous nous attendons à avoir un nombre relativement acceptable, une fois qu’ils arriveront dans les camps et qu’ils obtiendront leur statut ».



M. Ayalew a toutefois indiqué qu’il était difficile de déterminer le nombre exact de réfugiés érythréens, car la plupart des réfugiés sont des nomades issus de l’ethnie Afar. Les Afars sont également présents en Éthiopie.



« Ils ont tendance à vivre au sein de la communauté d’accueil plutôt que dans les centres de réfugiés », a dit M. Ayalew.



M. Gebregziabher a dit que le HCR avait noté une « tendance inhabituelle » chez les nouveaux réfugiés érythréens. « D’habitude, les camps de réfugiés accueillent surtout des femmes et des enfants ; le cas des réfugiés érythréens est différent, car il s’agit pour la plupart d’hommes jeunes et instruits qui arrivent seuls », a-t-il expliqué.



Il a ajouté que la plupart d’entre eux venaient de zones urbaines et avaient un diplôme du second degré ou supérieur.



M. Gebregziabher a attribué ce changement au fait qu’ils essayent d’échapper à la conscription.



Lors d’une visite en juillet, Erika Feller, la Haut Commissaire assistante du HCR, a indiqué qu’elle était « préoccupée et choquée »" de voir « une mer de jeunes visages » et « tant de personnes à la jeunesse sacrifiée ».



Selon les statistiques de l’ARRA, plus de 55 pour cent de ces Érythréens sont âgés de 18 à 30 ans.



« La plupart d’entre eux ne sont pas prêts à s’installer dans les camps de réfugiés et c’est pourquoi nous travaillons énergiquement à la mise au point d’une politique visant à réintégrer les gens hors des camps », a dit M Ayalew.



En 2010, le gouvernement éthiopien a autorisé les réfugiés érythréens à s’installer dans les zones urbaines afin d’améliorer leur accès aux services. Cette politique a permis à plus de 200 Érythréens de continuer leurs études dans des universités éthiopiennes.



« Cette année, 700 étudiants pourront à nouveau profiter de cette opportunité, après qu’ils aient passé l’examen d’entrée requis », a dit M. Ayalew.



M. Gebregziabher a indiqué que certains étudiants érythréens pourraient s’inscrire dans les universités grâce à un accord de partage des coûts soutenu par le HCR.



Solutions de réinstallation



Selon le HCR, le rapatriement volontaire ne constitue pas une solution pour le moment. M. Gebregziabher a indiqué que l’agence poursuivrait « la réinstallation comme la seule solution durable pour les réfugiés érythréens. En fait, ceux qui sont arrivés avant 2008 devraient profiter du programme de réinstallation proposé par les États-Unis », a-t-il dit.



En 2008, le gouvernement américain a accepté d’accueillir 6 800 réfugiés érythréens venant de plusieurs camps éthiopiens.



« Pour l’instant, plus de 2 000 réfugiés érythréens se sont réinstallés aux États-Unis », a dit M. Gebregziabher. « Ce programme devrait se poursuivre ».



Selon Mme Feller, les opportunités de réinstallation offertes par différents pays étaient limitées. Elle a toutefois indiqué que l’HCR continuerait à demander une augmentation des opportunités de réinstallation.



Outre les États-Unis, le Canada, la Suède, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont montré un intérêt pour l’accueil de réfugiés érythréens.



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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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