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Tout risquer pour une vie meilleure

Iran has deported tens of thousands of Afghan migrants
(Khaled Nahiz/IRIN)

Ni le coût financier ni les risques sévères affrontés par les demandeurs d’asile afghans dans leur long et périlleux voyage pour atteindre l’Europe ne sont véritablement dissuasifs, quand la pauvreté et l’incertitude politique dans le pays sont vues comme les seules alternatives, ont dit à IRIN de jeunes Afghans.



Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), 26 800 Afghans ont demandé le statut de réfugié en 2009, une augmentation de 45 pour cent par rapport à l’année précédente où 18 500 demandes avaient été faites.



« Les Afghans constituent 7 pour cent de toutes les demandes d’asile déposées dans les 44 pays industrialisés,” a dit à IRIN Adrian Edwards, un porte-parole de l’UNHCR. En 2001, avec 54 000 demandes, les Afghans étaient tout en haut de la liste.



Les données de l’UNHCR ne concernent que les demandeurs d’asile et n’incluent pas les réfugiés économiques, qui utilisent pour la plupart les mêmes itinéraires et les mêmes moyens pour atteindre leur destination, mais en bien plus grand nombre.



Beaucoup parmi les « migrants irréguliers » traversent les frontières sans documents de voyage valides et risquent d’être traités durement par les autorités s’ils se font prendre. Certain pays, comme l’Iran, traitent les migrant irréguliers comme des intrus illégaux sur leur territoire et passibles d’expulsion immédiate.



« Les migrants irréguliers n’ont aucune protection juridique, souvent ils ne parlent pas la langue et ne savent pas où s’adresser pour obtenir de l’aide, » a dit à IRIN Christopher Lowenstein-Lom, un porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (l’OIM).



Le voyage comporte aussi beaucoup de dangers physiques. « Nous savons qu’un certain nombre de personnes ont perdu la vie en essayant d’atteindre l’Europe sur des embarcations de fortune par la mer ou par le fleuve Evros qui marque la frontière entre la Turquie et la Grèce. D’autres sont morts en tentant de pénétrer dans des pays européens dans des camions et cachés dans des conteneurs, » a dit M.Edwards de l’UNHCR.



Et même quand ils arrivent au bout du voyage, il y a de fortes chances que l’asile demandé leur soit refusé. Plus de la moitié de toutes les demandes d’asile des migrants afghans dans des pays européens ont été refusées de 2007 à 2009, indiquent les statistiques de la Commission européenne (Eurostat).



A la recherche d’une meilleure vie



Afghanistan, classé parmi les pays les moins développés du monde et en proie à un conflit qui va en s’intensifiant, n’a pas grand chose d’intéressant à offrir à sa jeune génération. IRIN a discuté avec cinq jeunes hommes de Kabul pour savoir s’ils préféreraient rester en Afghanistan, ou bien, malgré les risques, tenter leur chance à l’étranger.



• « En Europe et en Amérique, je pourrai respirer de l’air pur, » a dit Ahmad Naseer, étudiant à l’université, en ajoutant qu’il essaierait de partir après avoir obtenu son diplôme. « Je pourrai gagner suffisamment pour soutenir ma famille et les dépendants en Afghanistan. Qu’est-ce que je ferais en Afghanistan ? Je ne trouverai pas d’emploi correct parce que la corruption est omniprésente et personne ne peut trouver de travail sans connaître de fonctionnaires responsables. »



• « L’avenir semble très sombre en Afghanistan et c’est pourquoi tout le monde essaie d’aller à l’étranger pour avoir une meilleure vie, » a dit Ahmad Masoud, 25 ans. « Ici tout le monde est pauvre, sauf les seigneurs de guerre, les criminels et les ministres, et donc c’est impossible d’avoir une bonne vie ici. Même si l’Afghanistan pouvait jouir de la paix et du progrès, il nous faudrait 50 ans pour atteindre le niveau qu’ont aujourd’hui le Bangladesh et les autres pays pauvres. Pourquoi donc devrions-nous rester dans un pays qui n’est que pauvreté et problèmes ? »



• « Nous ne voulons pas mourir à la guerre ou souffrir à nouveau sous le régime brutal des talibans, » a dit Sardar Mohammad, 27 ans. « Les Américains et toutes les forces étrangères s’en vont et le gouvernement fragile de Karzai va s’effondrer. Qui s’inquiètera des brutalités que les talibans vont nous imposer ? Quand ils étaient au pouvoir [1995-2001], les talibans nous tuaient et nous torturaient tous, mais le monde disait “ c’est un problème afghan, nous ne voulons pas intervenir”. La même situation se reproduira après le départ des forces étrangères. »



• « Je sais que la vie n’est pas facile en Europe, mais il existe au moins un espoir d’améliorer sa vie qui n’existe pas en Afghanistan. Si vous travaillez dur en Europe, il n’y a pas de commandants ou de criminels qui vont venir vous voler et vous tuer, tandis que l’Afghanistan ne connaît ni l’état de droit ni l’ordre public, » a dit Ahmad Zameer, 22 ans.



• « Je veux émigrer en Europe parce que je veux vivre en paix, avoir un bon salaire et obtenir un passeport étranger, mais je reviendrai en Afghanistan. Un passeport étranger est une sorte de garantie qu’en cas d’urgence, je serais capable de quitter le pays. Tous les hauts fonctionnaires du gouvernement ont un passeport étranger, » a dit Faraidoon Atif, 27 ans.



ad/oa/mw – og/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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