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Les priorités de la Coordonnatrice des secours d’urgence, selon des ONG

Baroness Valerie Ann Amos World Economic Forum
IRIN a demandé aux responsables de certains des plus grands réseaux d’organisations non gouvernementales (ONG) quelles devraient être, à leur avis, les priorités de la future Coordonnatrice des secours d’urgence et Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, qui devrait débuter son mandat dans deux ou trois mois.

Parmi les organisations consultées figurent :

Le Conseil international des agences bénévoles (CIAB), un réseau de plaidoyer en faveur de l’action humanitaire regroupant 75 ONG humanitaires et de défense des droits humains.

Interaction, le plus important réseau d’ONG internationales basées aux États-Unis qui se consacrent aux questions humanitaires et de développement.

Le Comité permanent pour la réponse humanitaire (SCHR, en anglais), qui rassemble huit des plus grands réseaux humanitaires, notamment CARE International, Oxfam, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’alliance Save the Children.

Le groupe de politique humanitaire de l’Institut de développement d’outre-mer (ODI), une équipe de chercheurs influents qui participe à l’élaboration des politiques humanitaires mondiales et informe la population à ce sujet.

Voici ce qu’ils ont répondu :

Défendre l’indépendance de l’action humanitaire. D’après Sara Pantuliano, qui dirige le groupe de politique humanitaire de l’ODI, le danger pressant est que l’action humanitaire soit cooptée par des objectifs plus larges de stabilisation ou de lutte contre le terrorisme.

Robert Glasser, président du SCHR, est d’accord pour dire que « Mme Amos doit défendre l’indépendance de l’action humanitaire et résister à l’instrumentalisation des secours ou du développement à des fins politiques ».

Mme Amos devra également agir avec beaucoup de prudence au sein des Nations Unies. « Les missions des Nations Unies sont souvent dictées par des objectifs politiques ou militaires, mettant parfois en doute leurs motivations d’être aussi des acteurs humanitaires... Il faut modifier la perception qu’ont les habitants de certaines parties du monde selon laquelle les organisations humanitaires suivent un agenda dicté par les pays occidentaux », a indiqué le CIAB dans son bulletin du mois de juin.

Améliorer l’accès humanitaire. « La nouvelle Coordonnatrice des secours d’urgence devra absolument faire de l’amélioration de l’accès aux personnes dans le besoin une de ses priorités premières », a dit Samuel Worthington, qui dirige Interaction. « Lorsque l’accès humanitaire est compromis dans les communautés qui ont besoin de protection et d’assistance, les programmes les mieux intentionnés s’en trouvent paralysés ».

Selon le CIAB, l’atteinte de cet objectif suppose des négociations ardues avec les gouvernements nationaux. En 2009, l’expulsion de 13 ONG du Darfour, au Soudan, a mis en évidence le fait que « plusieurs États utilisent, en situation de crise, l’argument de la souveraineté et de la non-ingérence ».

Assurer la sécurité du personnel humanitaire. En 2008, quelque 260 travailleurs humanitaires ont été tués, blessés ou kidnappés. Selon le dernier rapport sur la sécurité du groupe de politique humanitaire de l’ODI, il s’agit du nombre le plus élevé jamais enregistré en l’espace d’un an.

Poursuivre l’amélioration de la coordination. L’un des objectifs des réformes humanitaires était d’améliorer la coordination, d’où l’introduction de groupes de responsabilité sectorielle. Le CIAB s’interroge à savoir si la coordination pour la coordination n’est pas aujourd’hui exagérée. De façon plus générale, l’incapacité du système humanitaire à répondre rapidement et de manière adéquate à une fréquence accrue des catastrophes naturelles constitue un problème majeur, a dit le groupe de politique humanitaire de l’ODI. « Haïti offre un bon exemple, et les choses ne vont pas très bien en ce moment là-bas ».

D’un autre côté, « il faut déterminer si les quelque 60 réunions de coordination qui ont lieu chaque semaine à Port-au-Prince [la capitale d’Haïti] contribuent à mettre en place une stratégie efficace », a dit le coordonnateur du CIAB, Ed Schenkenberg van Mierop. « La coordination a-t-elle été exagérée ?...La véritable question concerne les dirigeants des groupes de responsabilité sectorielle et... les coordonnateurs humanitaires ».

Trouver de bons coordonnateurs. Selon le SCHR et l’ODI, les coordonnateurs, qui dirigent la réponse humanitaire des Nations Unies dans les situations d’urgence, viennent souvent de milieux diplomatiques et ont peu d’expérience dans le domaine de l’urgence.

Interaction a insisté sur la nécessité d’améliorer les compétences des responsables de l’ensemble du système humanitaire des Nations Unies. « Le tremblement de terre à Haïti a mis en évidence le manque de responsables humanitaires expérimentés et chevronnés pouvant être déployés rapidement sur le terrain au sein des Nations Unies ».

Rendre l’humanitaire « moins blanc ». « La réponse internationale doit être réorientée pour placer les organisations et les compétences locales en son centre, aidées dans leur mission par la communauté internationale », a suggéré le SCHR.

Le CIAB est du même avis. « Les relations entre les organisations internationales, notamment les ONG et les organisations nationales ou locales, doivent être améliorées. Au sein de la communauté humanitaire, le sentiment selon lequel le secteur est trop blanc [dans les postes à responsabilité] est largement répandu. En « faisant basculer le système », les acteurs nationaux et locaux pourraient assumer eux-mêmes la réponse humanitaire ».

D’après M. Schenkenberg, Mme Amos pourrait contribuer à modifier cette perception en s’assurant que la communauté humanitaire tire des leçons des récentes évaluations de réponses humanitaires, comme celle du tsunami, plutôt que de les ignorer.

Attirer l’attention sur l’importance des mesures de préparation aux catastrophes. « La préparation aux catastrophes – sans parler de la réduction des risques de catastrophes - continue d’être le parent pauvre de la communauté humanitaire. Même si les preuves indiquent un retour sur investissements avantageux dans ces domaines, il est difficile d’obtenir les fonds nécessaires pour financer les mesures de préparation aux catastrophes », a souligné le CIAB.

Défendre les populations affectées devant le Conseil de sécurité. À plusieurs reprises, John Holmes, le Coordinateur sortant, a fait part de ses préoccupations humanitaires au Conseil de sécurité et négocié au nom des victimes de situations d’urgence. Mme Amos doit poursuivre dans la même voie, a dit le SCHR.

Selon le groupe de politique humanitaire de l’ODI, Mme Amos doit également renforcer le dialogue avec les acteurs non-étatiques dans des pays comme l’Afghanistan, le Pakistan et la Somalie afin de faire progresser la compréhension des principes humanitaires et contribuer à élargir l’espace humanitaire.

Réformer le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Le CIAB a fait remarquer qu’OCHA avait développé un nouveau cadre stratégique, mais qu’il n’avait pas réalisé les changements institutionnels nécessaires à sa mise en œuvre.

Mme Amos devra mettre en place ce processus, replacer la coordination sur le terrain et la défense des droits au cœur de la mission d’OCHA, mettre fin à la division entre les bureaux de New York et de Genève et régler les problèmes de roulement du personnel dans les postes à responsabilité, qui « rend plus difficile l’acquisition d’un savoir institutionnel ou le développement d’un sentiment d’identité ».

aj/he/gd/ail
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