D’après un rapport récemment publié par le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le ministre yéménite de la Santé a annoncé à la communauté humanitaire que des discussions étaient en cours entre les gouvernements yéménite et saoudien, concernant la création éventuelle d’un couloir humanitaire qui permettrait de faire passer l’aide destinée à Saada par la frontière saoudienne, pour éviter les problèmes d’insécurité rencontrés sur les routes reliant Saada à Sanaa, la capitale du Yémen.
« Une des négociations menées par l’équipe pays des Nations Unies vise à monter vers le nord, afin d’accéder à Saada depuis l’Arabie saoudite », a dit Walter Bruzzoni, coordinateur des secours d’urgence à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a envoyé le mois dernier en Arabie saoudite un responsable logistique chargé d’étudier la possibilité d’identifier « des itinéraires de ravitaillement, des lieux d’entreposage, ainsi que des ports qui permettraient une distribution rapide de l’aide » destinée à Saada, d’après Maria Santamarina, responsable de la communication au PAM.
« Le PAM est particulièrement soucieux d’accéder à la zone de Baqim, dans le nord du gouvernorat de Saada, où le nombre de déplacés est estimé à 15 000. A cet effet, les gouvernements d’Arabie saoudite et du Yémen apportent leur soutien et aident les agences humanitaires non seulement à accéder à la région en passant par l’Arabie saoudite, mais aussi à évaluer la situation, et à organiser la distribution de l’aide », a déclaré Mme Santamarina.
Mohamed Nashwan, spécialiste des opérations à l’OIM, a souligné l’ampleur des problèmes d’accès : « Le grand défi est d’accéder aux déplacés de Saada. Nous pourrions y parvenir si le gouvernement et les Houthis s’accordaient sur un cessez-le-feu pour permettre l’accès, mais en ce moment, je doute que cela puisse se produire ».
Le 4 septembre, une trêve entre l’armée et les rebelles d’al-Houthi, qui était censée garantir la sécurité d’un couloir humanitaire permettant aux organisations de distribuer l’aide aux populations civiles de Saada, a été rompue moins de quatre heures après avoir été déclarée. Chaque camp accuse l’autre d’avoir violé l’accord.
Les Nations Unies estiment à 150 000 le nombre de civils déplacés depuis 2004, date des premiers affrontements entre le gouvernement et les partisans de M. al-Houthi. Les organisations humanitaires affirment que les derniers combats ont eu un impact encore plus catastrophique que les précédents sur la population civile de Saada : pour la première fois, les déplacés fuient vers les gouvernorats voisins de Hajjah, Amran et al-Jawf.
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