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Une formation controversée pour les réfugiés irakiens

Young Iraqis at the Mamoun Institute beauty centre in Damascus put the finishing touches to the hair of their model
Young Iraqis at the Mamoun Institute beauty centre in Damascus put the finishing touches to the hair of their model (Sarah Birke/IRIN)

A l’institut de beauté Mamoun, à Damas, un groupe de 13 hommes, âgés de 15 à 43 ans, apportent les dernières touches aux cheveux de leurs modèles. Jamal, un Irakien de 18 ans, réfugié en Syrie, est enthousiaste à l’égard de sa formation de coiffure. « C’est intéressant d’apprendre des choses sur les cheveux, les coupes et les couleurs », confie-t-il. « Et acquérir une compétence va me permettre de trouver un emploi ».



La formation de coiffure pour hommes, financée par International Orthodox Christian Charities (IOCC), compte parmi les programmes de formation professionnelle, de plus en plus nombreux, menés en Syrie, au profit des réfugiés irakiens ; et ce, malgré le caractère controversé de ces programmes.



La Syrie a accordé des visas à 1,2 million d’Irakiens, selon les dernières statistiques du ministère des Affaires étrangères, mais ces visas ne leur permettent pas d’exercer une profession, bien que bon nombre d’entre eux travaillent dans le secteur informel.



« L’objectif de ces nombreux programmes de formation professionnelle est de préparer les réfugiés en leur apportant les compétences nécessaires pour travailler en Irak ou dans les pays où ils se réinstalleront », a expliqué Carole Laleve, porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui ne mène pas de programmes de formation lui-même, mais finance les programmes menés par d’autres organismes.



« Mais la loi n’autorise pas les réfugiés irakiens à travailler en Syrie, c’est pourquoi la question des programmes de formation professionnelle est assez sensible », a ajouté Mme Laleve.



Malgré cela, un nombre croissant d’organismes locaux et internationaux continuent de concevoir des formations professionnelles pour les Irakiens réfugiés en Syrie depuis que des violences sectaires ont éclaté dans le pays, à la suite de la guerre.



L’organisation humanitaire Mercy Corps a commencé à opérer dans le pays en février 2008 et l’IECD, un organisme français d’aide au développement, a reçu le feu vert en novembre 2008. Bon nombre de ces formations sont menées dans des centres privés, et financées par le gouvernement américain. Les programmes d’IOCC et du Mercy Corps sont financés par le US Bureau of Population, Refugees and Migration.



Soulager l’Etat



« Les formations professionnelles jouent un rôle important pour les Irakiens et la Syrie, car elles nous permettent de délester l’Etat de la charge qui pèse sur lui », a expliqué Samer Laham, directeur de développement du Patriarcat grec orthodoxe, qui dirige les programmes de formation d’IOCC. Des programmes semblables sont menés par le Danish Refugee Council et Catholic Relief Services, ainsi que par IOCC et le Mercy Corps.



Les formations professionnelles dispensées en Syrie portent sur la cosmétique et la coiffure, la mécanique, l’électricité, la téléphonie mobile et la réparation informatique, l’informatique, la comptabilité et l’anglais. Selon M. Laham, les formations d’IOCC visent non seulement à permettre aux Irakiens d’acquérir des compétences, mais aussi à leur donner une occupation et à les aider à s’intégrer dans la population syrienne. Les formations d’IOCC ont un quota cible de 75 pour cent d’Irakiens et 25 pour cent de Syriens démunis, et sont dispensées à Damas, Alep et Hassakeh.



« Nous restons en contact avec les ONG [organisations non-gouvernementales] qui dirigent ces programmes, afin de pouvoir informer les réfugiés inscrits sur nos registres des différentes activités qu’elles mènent », a expliqué Carole Laleve, du HCR.



Si François le Forestier, coordinateur des activités de l’IECD en Syrie, reconnaît l’importance de ces programmes, il craint que les formations proposées ne soient pas toutes de qualité.



« Nous ne sommes pas un organisme d’aide humanitaire d’urgence et nous sommes habitués à mener ce type de programmes. Ce n’est pas le cas de tous les organismes qui opèrent ici », a-t-il déclaré. « C’est facile de donner un bout de papier à quelqu’un en lui disant qu’il ou elle a achevé sa formation, mais nous, nous voulons améliorer les formations éducatives et professionnelles dispensées ici, à la fois aux Irakiens et aux Syriens ».



sb/ar/cb/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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