Des sources policières ont indiqué lundi que le chef traditionnel de Sagamu, Oba Adeniyi Sonariwo, avait invité la police à prendre des mesures après avoir été alerté par des habitants de la localité. Les Pakistanais ont été interpellés vendredi puis remis aux autorités de l'immigration.
"Vous n'êtes pas sans savoir que le Nigeria a été confronté à plusieurs incidents de violence religieuse au cours des dernières années et nous ne pouvons nous permettre de laisser des étrangers attiser le feu et provoquer une escalade de la situation », a souligné à IRIN un porte-parole de la police, sans fournir d'autres précisions.
Plus d'une centaine de personnes sont mortes à Sagamu en 1999 lors d'accrochages religieux et ethniques entre les Yoroubas et une ethnie de langue Haoussa du nord du Nigeria, après qu'une femme de langue Haoussa ait présumément violé un tabou local.
Tandis que le nord du Nigeria est à prédominance musulmane, le sud-ouest du pays en revanche a une population mélangée de chrétiens, de pratiquants de religions traditionnelles et de musulmans. Des sources proches de la police ont indiqué que des habitants de Sagamu avaient accusé les Pakistanais de chercher à saper la paix dans la localité
A la suite des attaques terroristes lancées contre les Etats-Unis le 11 septembre et des protestations du mois dernier à Kano, une ville du nord du Nigeria, contre les bombardements américains en Afghanistan, le gouvernement du président Olusegun Obasanjo a décrété l'état d'alerte, plaçant sous surveillance les ressortissants de douze pays qui résident au Nigeria. Ces pays sont l'Afghanistan, l'Algérie, le Tchad, l'Egypte, l'Inde, l'Iran, l'Iraq, le Kuweït, le Liban, la Libye, le Pakistan et le Soudan.
En octobre, 16 Pakistanais auraient été arrêtés soit pour entrée illégale dans le pays, soit parce qu'ils étaient soupçonnés d'avoir des liens avec des groupes terroristes. A la fin septembre, cinq Indiens et un Allemand qui avaient séjourné au Nigeria entre sept mois et deux ans, ont été déportés pour des activités que les autorités avaient considérées suspectes.
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