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Un 12e camp pour désengorger les sites à l’Est du Tchad

Une première vague de réfugiés a été convoyée mardi dans le nouveau camp de Gaga établi par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour désengorger les onze camps existants à l’est du Tchad.

Un an et demi après l’installation des premiers camps de réfugiés dans cette région aride, le niveau des nappes phréatiques a baissé et certains camps connaissent des pénuries d’eau. Le camp de Gaga, situé à 60 km d’Abéché, la ville principale à l’est du Tchad, dispose lui de réserves d’eau importantes.

Gaga permettra également de désengorger les camps de Farchana et Breidjing, situés dans la même zone, et de fournir un abri sûr aux réfugiés soudanais ayant choisi de s’établir à la frontière.

Depuis le déclenchement des hostilités au Darfour, près de 200 000 Soudanais ont fui la région du Darfour où perdure un conflit entre le gouvernement allié à des milices arabes et divers groupes rebelles non arabes.

Mais le conflit s’éternise, et les réfugiés qui avaient choisi de demeurer à la frontière dans l’espoir d’une issue rapide au conflit ont accepté de rejoindre le nouveau camp.

«Nous sommes arrivés aujourd’hui à Gaga, très loin de la frontière.

C’est une obligation car il s’agit de notre sécurité», a déclaré à IRIN Adoum Moussa, la trentaine, l’un des 173 réfugiés tranférés mardi dans le camp de Gaga. Il avait auparavant séjourné deux ans dans la localité d’Aghan, à proximité de la ville frontière tchadienne d’Adré.

«Les Djanjawids (milices arabes) continuent de faire des incursions à l’intérieur du territoire tchadien, emportant quotidiennement des chameaux, bœufs, chevaux. Nous ne pouvons pas rentrer au pays parce qu’il n’y a pas de sécurité», a-t-il ajouté.

Les travailleurs humanitaires présents à l’est du Tchad signalent de nombreux actes de banditisme et des attaques armées contre les résidents à l’est du Tchad.

Le mois dernier, les autorités tchadiennes ont accusé Khartoum de soutenir une rébellion armée hostile au président Idriss Déby à proximité de la frontière.

Abdoulaye Bakayoko, le Coordinateur du HCR, a déclaré à la presse mardi que «Contrairement aux autres camps, Gaga a suffisamment d’eau pour recevoir … les quelques réfugiés soudanais qui sont à la frontière … et décongestionner un peu Farchana et Breidjing».

Les deux camps, respectivement établis en janvier et mai 2004, accueillent plus de 50 000 réfugiés au total, largement plus que leurs capacités initiales.

Gaga, qui est situé à proximité d’une rivière et dispose de quatre forages, peut accueillir jusqu’à 30 000 personnes.

Le HCR compte transférer dans un premier temps 9000 réfugiés de Breidjing, 6500 de Farchana et 700 à 1500 réfugiés encore à la frontière, a expliqué Bakayoko.

Le HCR a dû parlementer avec les autorités tchadiennes pour se voir octroyer le site de Gaga. Il a également dû convaincre les 40 familles tchadiennes installées sur le site de déménager moyennant rétribution en nature, selon Bakayoko.

C’est l’organisation non gouvernementale Africare qui gère le camp. Oxfam s’occupe de l’eau et de l’assainissement, CORD des services éducatifs et communautaires, MSF Hollande des soins de santé.

Les camps d’Am Nabak et Touloum, plus au nord, connaissent de sérieux problèmes d’eau.

Le mois dernier le HCR a prévenu que les rations quotidiennes d’eau disponibles étaient respectivement de cinq et neuf litres par personne et par jour, très en-deçà de la norme internationale de 15 litres par personne et par jour.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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