Seraphim Kazadi, un représentant d'OCHA, chargé de la gestion de ce camp, a affirmé samedi à IRIN que d'ici le 4 septembre, l'ONG Atlas bénéficiera de l'entière gestion du camp qui accueille près de 11.240 déplacés. La participation d'OCHA se limitera alors à des conseils.
La coordination opérée par OCHA a débuté au mois de juin dans le camp de déplacés à l'aéroport de Bunia, a précisé Seraphim Kazadi. La majorité de ces déplacés est arrivée en mai. Ils fuyaient les combats entre les milices locales à la suite du retrait de l'armée ougandaise le 6 mai dernier. Les déplacés ont afflué à l’aéroport après que la Monuc, la mission des Nations Unies en RDC, ait sécurisé les lieux.
La plupart de ces déplacés sont des femmes et des enfants, a précisé Seraphim Kazadi. Au début, plus de 200 personnes arrivaient journellement. Puis, les chiffres ont progressivement baissé. Le représentant d'OCHA a expliqué, par exemple, que 54 personnes ont été accueillies dans le camp la semaine dernière, ce qui revient à une moyenne de moins de dix par jours.
OCHA, avec l'appui d'autres agences des Nations Unies et d'ONG, procure une assistance aux déplacés internes.
Néanmoins, OCHA avait rencontré de nombreuses difficultés pour coordonner les interventions dans ce camp, a rapporté Seraphim Kazadi. Les toiles de plastic pour les tentes étaient insuffisantes. Plusieurs familles ont dû se partager une tente pour dix. Il a néanmoins expliqué que 70 % de ces difficultés ont été résolues. Le taux d'occupation dans les tentes a été réduit à sept familles, l'objectif étant maintenant d'avoir une famille par tente, a-t-il dit.
Le camp est divisé en six quartiers. Le représentant d'OCHA a expliqué que des activités récréatives sont proposées, comme le football ou des jeux pour les enfants.
Toutes les communautés ethniques sont représentées dans le camp, a rajouté Seraphim Kazadi en précisant que même les traditionnels rivaux Hema et Lendu vivent ensemble.
Le camp de déplacés de l'aéroport de Bunia est le seul reconnu par OCHA alors qu'un autre camp, comptant environ 1.200 personnes, est tenu par une ONG locale dans la ville. Seraphim Kazadi a expliqué qu'OCHA n'a pas reconnu ce camp parce qu'il n’était habité que par une seule ethnie, Hema en l'occurrence, et que ces déplacés ont refusé de rejoindre le camp de l'aéroport.
Actuellement, les déplacés craignent encore de regagner leurs domiciles. La Force multinationale intérimaire d'urgence, Artémis, avait été déployée en juin pour sécuriser la ville en empêchant les milices d'entrer en arme à Bunia. Toutefois, les incursions et les menaces opérées la nuit dans la ville par ces groupes armés ont incité les déplacés à demeurer dans le camp de l'aéroport.
La Monuc, dont le mandat a été renforcé par la résolution 1493 du Conseil de sécurité des Nations Unies, succède ce lundi à la force multinationale. La brigade de l'Ituri, le nouveau nom des forces de la Monuc dans la région, est autorisée à recourir à la force pour protéger la population civile ainsi que le personnel humanitaire.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions