"Bien qu’il soit vrai que les marchés ont été rouverts et que le travail ait repris, les conditions de sécurité demeurent hautement volatiles, et la terreur n’a pas diminué", selon le BCAH. "Les blessés qui font appel à nos services de santé de premiers soins quittent nos installations avant d’avoir été complètement soignés, parce qu’ils se sentent trop exposés à de possibles attaques".
Selon le BCAH, les agences humanitaires ont reçu "un nombre considérable" de demandes d’évacuation ou d’asile de la part de gens de toutes les communautés de Bunia, tandis que beaucoup d’autres vivent encore en se cachant. En outre, les gens continuent de fuir Bunia par avion, en voiture et le plus souvent à pied. Une vague continue de gens se dirigeait vers Beni, à quelque 150 kilomètres vers le sud, ainsi que vers les zones du nord de l’Ituri.
Même si une cargaison préliminaire de 14 tonnes métriques de secours humanitaires, consistant en nourriture, en articles non alimentaires et en médicaments, a atteint Bunia par avion le 16 août, depuis la capitale de la RDC, Kinshasa, elle se révélait insuffisante pour satisfaire les besoins, ajoute le BCAH. "Seulement 7 600 des 10 000 familles de déplacés que l’on compte actuellement recevront de l’aide d’urgence, et l’aide alimentaire qui sera distribuée ne durera que huit jours".
Durant ce temps, le Programme alimentaire mondial a autorisé l’utilisation des réserves locales de nourriture pour satisfaire les besoins d’urgence de la ville. La distribution devrait commencer jeudi, une fois que les listes de bénéficiaires seront terminées, et elle se fera sur huit sites de Bunia, sélectionnés par la communauté humanitaire.
L’eau et les installations sanitaires demeurent aussi une source importante de préoccupation, et la communauté humanitaire a grandement besoin d’équipements et de pastilles pour purifier l’eau, selon le BCAH.
Sur le front sanitaire, grâce aux réserves déjà en place et aux médicaments expédiés le 16 août depuis Kinshasa, la communauté humanitaire, en collaboration avec le personnel sanitaire local, offre des traitements médicaux gratuits à Bunia, durant la semaine du 20 au 26 août. Les patients sont reçus dans 16 centres de santé différents, couvrant la plupart des quartiers de la ville.
"Même si une centaine de blessures ont déjà été rapportées, ce chiffre sous-estime probablement la réalité, étant donné que l’accès aux quartiers de Mudzipela et Kindja n’a pas encore été rendu possible, en raison des coups de feu incessants", déclare le BCAH.
La dernière ronde de combats a éclaté le 6 août lorsque les milices ethniques Hema, soutenues par l’armée ougandaise et l’Union des patriotes congolais – une faction dissidente du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani-Mouvement de libération, un groupe rebelle – ont pris le contrôle de la plus grande partie de Bunia et assuré le gouvernement local.
[Un document d’information utile produit par Human Rights Watch sur le conflit dans la région nord-est de la RDC est disponible sur
Bunia, avec une population d’environ 300 000 habitants, est située à moins de 50 kilomètres de la frontière ougandaise.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions