Les Maliens, qui vivent dans un camp à Djibo Mentao, à environ 200 km au nord de Ouagadougou, prétendent qu'ils n'ont reçu aucune aide du HCR depuis juin 1997. « Aujourd'hui, nous mourrons tous de faim, surtout les enfants et les personnes âgées », a dénoncé le chef du camp, Alassame Ould Mohamed. « Nous exigeons des réparations et nous sommes prêts à mourir pour cela. Nous ne renoncerons jamais à nos demandes ».
Des milliers de personnes avaient fui le Mali dans les années 1990 durant une rébellion au nord du pays. La majorité des rebelles et des réfugiés sont des Touaregs, des nomades vivant principalement dans le Sahara. A l'issue d'un accord de paix en 1994, près de 20 000 des 25 000 Touaregs qui avaient cherché refuge au Burkina Faso furent rapatriés dans le cadre d'un programme financé par le HCR et achevé en 1997.
Marguerite Camara, coordinatrice adjointe au bureau du HCR à Ouagadougou a souligné que ceux ayant choisi de rester après l'opération de rapatriement n'étaient plus des réfugiés. « Il leur avait été demandé de se présenter au ministère des affaires étrangères afin de régulariser leur statut mais ils n'y sont jamais allés », a-t-elle rappelé.
M. Ould Mohamed a affirmé que même si les autres Touaregs étaient désormais disposés à retourner, ils ne sont pas pour autant préparés à devenir des « mendiants dans leur propre pays ». Il a précisé qu'il leur faudrait 3 millions de dollars pour retourner au Mali. « Le Mali et le HCR seront tenus responsables pour tout problème que nous allons occasionner s'ils ne considèrent pas nos demandes », a-t-il averti. Il a ajouté que les réfugiés allaient « commencer des actions (dans) quelques mois » s'il n'était pas fait cas de leurs demandes.
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