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Le tribunal spécial accuse le chef d'une milice d'incitation au trouble public

Le tribunal spécial pour crimes de guerre en Sierra Leone, associé aux Nations Unies, a bloqué toutes les communications et visites à l'ancien leader de milice, chef Sam Hinga Normand, l'accusant de faire des "communications incitant ses partisans à troubler l'ordre public, en utilisant les équipements de communication fournis par le service de détention."

Jusqu'à son arrestation en mars 2003, Hinga Normand était Ministre des Affaires Intérieures, et le coordonnateur de la milice locale connue sous le nom des Forces de Défense Civile (CDF), qui combattit les rebelles du Front Uni Révolutionnaire (RUF) pendant dix ans de guerre civile.

La décision de bloquer toutes les communications a été prise après une conversation téléphonique de Normand, avec une personne non-identifiée lundi, placée sous surveillance par les autorités de la prison en vertu de leur réglementation.

Se basant sur la transcription de la conversation téléphonique, le Procureur Général du tribunal spécial, David Crane, a immédiatement requis dans "une demande pressante... d'interdire tout contact entre Hinga Normand et n'importe quelle autre personne", avançant que la conversation téléphonique "démontre que Hinga Normand pourrait se préparer à appeler des factions diverses à prendre les armes."

Normand a conservé une forte popularité au sein du CDF, qui se compose de milices de chasseur locaux, recrutés parmi les différents groupes ethniques.

L'arrestation de Normand en mars a choqué beaucoup de Sierra Leonais.

Certains avancent toujours que son traitement était "injuste" et que le gouvernement était "ingrat" parce qu'il avait combattu du côté du peuple et au nom du gouvernement, dans lequel il occupait la fonction de vice-ministre de la défense. Ces personnes disent qu'il ne devrait pas être inculpé au même titre que les rebelles du RUF qui étaient les vrais malfaiteurs de la guerre.

Depuis l'arrestation de Normand, diverses prétentions font état de commandants de la milice lui étant encore fidèles, qui veulent le sortir de prison ou susciter le trouble dans l'ordre public pour permettre sa libération.

C'est en tenant compte de cette menace perceptible que le Greffier du tribunal spécial a ordonné maintenant que "tout contact (appels téléphoniques et visites) entre Hinga normand et les gens de l'extérieur, y compris les membres de sa famille soit interdit" pour les 14 prochains jours.

Cependant, les avocats de Normand ne sont pas affectés par cette décision.

Le tribunal spécial a été installé suite à un accord entre le gouvernement de la Sierra Leone et les Nations Unies, pour "juger ceux qui portent la plus grande responsabilité des violations sérieuses des lois humanitaires internationales" pendant la guerre civile de Sierra Leone, longue de dix ans.

Treize personnes ont été accusées, y compris l'ancien chef d'Etat libérien Charles Taylor. Deux des accusés sont décédés depuis, et un - Johnny Paul Koroma - court toujours, ramenant le nombre d’inculpés à neuf, dont Hinga Normand qui est détenu dans les installations carcérales de plusieurs millions de dollars du tribunal, au centre de la capitale Freetown.

Normand fait face à huit charges de crimes contre l'humanité, de violations de l'article 3 de la Convention de Genève et du Protocole Additionnel II, et d'autres violations sérieuses des lois humanitaires internationales.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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