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La sélection d’IRIN : développement à Gaza, transferts en espèces et conversion religieuse

Palestinians inspect the remains of a house which was destroyed during an air strike in Central Bureij refugee camp, in the Middle Area of the Gaza Strip.
(Shareef Sarhan/UNRWA)

Voici la liste des lectures recommandées par IRIN. Chaque semaine, notre réseau mondial de correspondants spécialisés partage sa sélection d’articles de recherche, de podcasts, de rapports, de billets de blogues et d’articles de fond à ne pas manquer pour rester au fait de l’actualité mondiale en matière de crises. Nous signalons également les conférences importantes à venir, les publications de livres et les débats sur les politiques.

À lire : notre Top 4

The ‘de-development’ of Gaza [La régression du développement à Gaza]

Selon un rapport percutant publié par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’enclave palestinienne de Gaza pourrait devenir inhabitable d’ici 2020 à cause des conséquences à long terme de la guerre et du blocus économique. « La dernière opération militaire a aggravé les conditions socioéconomiques déjà désastreuses et accéléré la régression du développement [...] processus qui non seulement entrave le développement mais en inverse le cours », indique le rapport. L’insécurité alimentaire touche plus de 70 pour cent des ménages de Gaza et, depuis le conflit de 2014, presque tout le monde est pauvre et dépend de l’aide internationale. Le soutien des donateurs est essentiel, mais il n’est pas suffisant. Les perspectives pour 2015 sont « peu encourageantes », conclut le rapport.

What we know and don’t know about humanitarian cash transfers [Ce que nous savons et ce que nous ignorons au sujet des transferts en espèces]

Dans ce billet de blogue, Theodore Talbot, analyste au Centre pour le développement mondial (Center for Global Development, CGD), s’intéresse à l’efficacité des transferts d’espèces humanitaires. Son étude, basée en partie sur des données obtenues grâce à l’outil de cartographie interactif Cash Atlas, « brosse un tableau sombre du déficit croissant entre les besoins et les ressources » et révèle que les organisations d’aide humanitaire préfèrent « les programmes assortis de conditions pour les bénéficiaires ». M. Talbot a également découvert que les programmes de bons « permettent de venir en aide à un plus grand nombre de personnes » que les transferts en espèces inconditionnels, « mais qu’on leur a systématiquement consacré une part plus faible des budgets totaux ». Selon lui, la quantification de l’impact per capita des différents types de transferts en espèces permettrait de combler une « énorme lacune » dans nos connaissances. Il précise toutefois que nous avons besoin, pour ce faire, d’informations beaucoup plus précises sur les coûts et les budgets actuels.

How can international humanitarian law be better enforced? [Comment améliorer l’application du droit international humanitaire ?]

Selon Julia Brooks, associée de recherche juridique à l’Académie humanitaire de l’Université de Harvard, de nombreux États ne veulent pas ou ne sont pas en mesure d’engager des poursuites contre les auteurs de crimes de guerre. Les obstacles liés aux différents champs de compétences entretiennent cette impunité. À titre d’exemple, la Cour pénale internationale (CPI) peut seulement engager des poursuites dans les pays ayant ratifié le Statut de Rome – ce qui exclut la Syrie et l’Irak. Il y a aussi des obstacles politiques, et notamment l’obligation de consensus du Conseil de sécurité. Il faut en effet que les membres permanents – la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis – soient d’accord pour mener une intervention militaire ou mettre en place des tribunaux ad hoc afin de poursuivre les auteurs de violations graves dans de nombreux pays. Nous devons renforcer les systèmes judiciaires nationaux, éduquer le public et parler davantage de cette situation, écrit Mme Brooks.

High risk, high reward [Une récompense proportionnelle aux risques encourus]

Pauline Bax, de Bloomberg, se penche sur les histoires de réussites moins connues vécues par les migrants économiques qui, poussés par « leurs aspirations, et non par le désespoir », quittent les côtes africaines pour l’Europe. Ibrahim Sarr fait partie des nombreux Sénégalais qui sont partis à l’étranger pour travailler et envoyer l’argent à leurs proches. Il est finalement retourné dans son pays pour y réaliser son rêve et ouvrir une épicerie. Mme Bax souligne la contribution cruciale des migrants qui, comme M. Sarr, ont permis à de nombreuses familles africaines d’accéder à la classe moyenne. Elle fait en outre remarquer que les envois de fonds à l’intention des proches dépassent les sommes versées par les organisations d’aide ou les investissements directs étrangers.

À écouter :

The war in Yemen [La guerre au Yémen]

Vous avez du mal à comprendre le conflit au Yémen ? Animé par Owen Bennett Jones, ce podcast de l’émission Newshour Extra, du BBC World Service, réunit des experts régionaux et internationaux, notamment Adam Baron, du Conseil européen des relations étrangères, Nadia Sakkaf, la ministre de l’Information du gouvernement yéménite en exil, Mina Al-Oraibi, une journaliste irakienne, et Frank Gardner, un correspondant la BBC spécialisé dans les questions de sécurité. Les participants discutent de la situation humanitaire de plus en plus préoccupante qui règne dans le pays. L’émission donne un aperçu général des raisons de l’échec du soulèvement populaire au Yémen et retrace l’évolution de ce qui est devenu une guerre par procuration complexe entre les rebelles houthis pro-iraniens et la coalition saoudienne. « Il n’y aura pas de paix et de progrès [...] tant qu’il n’y aura pas de solution politique » avec « un compromis réaliste » et « une vision partagée de ce à quoi ressemble le Yémen », conclut M. Gardner.

À regarder :

Losing faith [Perdre la foi]

« Si vous êtes né dans une caste inférieure, vous êtes victime de la pire forme d’esclavage. » Ce documentaire bouleversant réalisé par Al-Jazeera montre de quelle façon le système de castes des hindous persiste dans la société indienne moderne. Il met en évidence les démarches que certains dalits – les « intouchables » qui constituent l’échelon inférieur de la hiérarchie complexe des castes et qui sont souvent contraints de faire des petits boulots – sont prêts à faire pour échapper aux préjugés. L’abandon de l’hindouisme et la conversion à d’autres religions, comme l’islam, est l’un des moyens employés par certains pour se faire accepter au sein de nouvelles communautés religieuses. Cela suppose cependant quelques difficultés : plusieurs aspirants à la conversion doivent en effet composer avec la résistance de leur famille ou renoncer à certains avantages gouvernementaux réservés aux dalits hindous. « Il n’est pas facile de se convertir à l’islam », explique un homme. « Ils disent que c’est parce que les musulmans ont mauvaise réputation. »

À venir :

How cash transfers can transform humanitarian aid [Comment les transferts en espèces peuvent transformer l’aide humanitaire]

Mardi 15 septembre (14 h-15 h 30)

« Il a été prouvé que les transferts d’espèces inconditionnels étaient parfois plus efficaces, plus transparents, plus justifiables et plus avantageux pour les bénéficiaires que l’aide en nature. » Dans le cadre de cet événement présidé par Rajesh Mirchandani, du CGD, des experts de premier plan s’exprimeront brièvement sur les moyens à prendre pour établir un « système coordonné de transferts en espèces » dans l’ensemble du système humanitaire. Les participants incluent David Miliband, le PDG du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ; Owen Barder, un chercheur chevronné du CGD ; Degan Ali, le directeur exécutif d’Adeso, une organisation de bienfaisance et de développement africaine ; Michael Faye, le président exécutif de l’organisation à but non lucratif GiveDirectly ; et Claus Sørensen, le directeur général du service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO).

Une publication d’IRIN :

No way forward, no way back for Libyan migrants [Pas d’issue ni de marche arrière possible pour les migrants en Libye]

« Pour chaque migrant optant pour un retour à la case départ, de très nombreux autres restent prêts à risquer la traversée en bateau. » Les images du corps d’un jeune garçon allongé face contre terre sur une plage turque après s’être noyé au large des côtes en tentant d’atteindre la Grèce en bateau avec sa famille ont provoqué une prise de conscience de la communauté internationale en ce qui concerne le coût humain de la crise des réfugiés. Ce reportage photo d’IRIN, réalisé à Zuwara, en Libye, montre également la triste réalité des nombreux migrants et réfugiés qui continuent de traverser la Méditerranée à bord de bateaux de passeurs en quête d’une vie meilleure, même s’ils savent qu’ils entreprennent peut-être leur dernier voyage.

dv/ag-gd/amz 

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