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Une rentrée difficile pour les écoles du nord du Mali

The Robert Cisse Academy secondary school in Mopti (September 2012) where hundreds of children are taking remedial classes after leaving the north, where their public schools have closed
(Katarina Höije/IRIN)

Les ravages du conflit malien, qui a paralysé la scolarité pendant presque deux ans, ont perturbé la rentrée scolaire dans le nord du pays où les écoles endommagées, le manque de personnel et l’insécurité ont retardé l’enseignement.

Les écoles ont rouvert dans tout le Mali au mois d’octobre. Le gouvernement et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont lancé une campagne de reprise des classes pour aider 500 000 enfants et 9 000 enseignants à redémarrer une scolarisation. Bamako a également mis en place un programme d’aide financière pour inciter les fonctionnaires à retourner dans le nord du pays.

Le nord du Mali avait été envahi par les militants islamistes et les rebelles séparatistes après le renversement du gouvernement à Bamako en mars 2012. Les islamistes, qui imposent une forme radicale de la loi islamique, ont été délogés par les forces françaises en janvier. Cependant, la sécurité n’est pas encore complètement revenue dans la région.

« Malgré les mesures prises par le gouvernement, beaucoup d’enseignants n’ont pas encore repris leur travail à Tombouctou », a signalé Mody Abdoulaye Cissé, directeur de l’enseignement de Tombouctou. Il explique que certains enseignants considèrent que les 500 dollars donnés par le gouvernement pour encourager un retour dans le Nord sont trop peu et trouvent que la région est encore trop dangereuse pour y retourner.

« Ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est aussi une question de survie. Tout le monde sait que le conflit n’est pas fini et que des attaques suicide ont lieu partout. Le gouvernement met la vie des enseignants et des élèves en danger en ouvrant les écoles dans de telles conditions. C’est pour cela que j’ai décidé de ne pas y retourner pour le moment » a expliqué Sekou Sala Koné, un enseignant de Tombouctou qui vit actuellement à Bamako.

Des années perdues

Selon le ministère de l’Éducation, le conflit et la crise alimentaire, qui ont frappé la région du Sahel en 2011-2012, ont laissé environ 800 000 enfants maliens sans école pendant deux ans. Même avant le conflit, le taux de scolarisation au Mali était très faible. Selon les estimations, 1,2 million d’enfants en âge d’aller à l’école, des filles pour la plupart, ne sont pas scolarisés.

« Le principal problème est que beaucoup trop d’enfants ont perdu deux ans de scolarité. Cela peut provoquer une réaction en chaîne et décourager les enfants de retourner à l’école », a déclaré à IRIN David Gressly, chef de mission du Bureau des Nations Unies au Mali et coordonnateur humanitaire.

Avec ce début d’année scolaire, la scolarisation a repris sans grandes perturbations dans la région de Tombouctou. Cependant, Mohamed Lamine, dont les enfants viennent juste de reprendre l’école, a précisé que le manque d’enseignants les oblige à travailler le double alors que le calendrier scolaire est faussé.

À Gao, ville du nord du pays, l’Union des enseignants a appelé à la grève au sujet des salaires. Le leader de l’Union, Ibrahim Touré, a affirmé que là-bas, environ la moitié des 2 597 enseignants n’a pas reçu la prime de retour au travail.

Les écoles n’ont même pas repris dans la région Kidal, au Nord-Est, contrôlée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un groupe de rebelles séparatistes touaregs.

« En réalité, les écoles d’ici sont fermées depuis le début de la crise… Des milliers d’enfants sont privés de leur droit à l’éducation », a déclaré Adama Kamissoko, gouverneur de Kidal.

Pillages

Soixante-sept pour cent des écoles du nord du Mali ont été mises à sac pendant la crise. Les militants occupaient environ le quart des écoles de la région. D’après l’UNICEF, un plus faible pourcentage des établissements scolaires ont été endommagés ou détruits. Les écoles de Gao sont celles qui ont été le plus saccagées.

L’occupation islamiste de neuf mois a anéanti les services publics. Dans la plupart des endroits comme les hôpitaux et les banques, l’eau et l’électricité viennent seulement de se remettre en marche.

Pour Oumar Touré, un enseignant qui a récemment repris ses fonctions à Tombouctou, « c’est l’avenir de ces pauvres enfants qui doit être pris en compte. Ils ont besoin de nous ».

« Je n’ai pas peur des attaques suicide à la bombe. Vous savez, que vous soyez à Bamako, Sikasso ou Kidal, vous pouvez mourir tout autant », a-t-il déclaré à IRIN.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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