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La LRA, « jamais aussi faible »

Joseph Kony, Lords Resistance Army
Joseph Kony, leader of the Lord's Resistance Army (Joram Jojo/Flickr)

Joseph Kony est en train de perdre son emprise sur les combattants rebelles de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), car bon nombre d’entre eux veulent faire défection, a indiqué un nouveau rapport de l’organisation ‘The Resolve LRA Crisis Initiative’, un groupe militant basé aux États-Unis.

Selon le rapport, intitulé Loosening Kony's Grip: Effective Defection Strategies for Today’s LRA, bon nombre de combattants de la LRA présents en République centrafricaine (RCA) ou en République démocratique du Congo (RDC) sont de plus en plus désenchantés par le commandement de la LRA, qui n’a pas réussi à maintenir le contact avec un groupe de plus en plus fragmenté, et par les conditions de vie difficiles dans les forêts tropicales isolées, loin de leur domicile. À cela s’ajoute la pression exercée par les forces armées ougandaises et les conseillers militaires étasuniens présents dans la région. Certains sont également désenchantés par le mouvement qui dérive vers des actes de banditisme, comme le trafic de défenses d’éléphants.

« L’Armée de résistance du Seigneur n’a probablement jamais été aussi faible au cours de ces 20 dernières années au moins ... et le moral des combattants ougandais, qui constituent le gros des troupes, n’a jamais été aussi bas », ont noté les auteurs.

Affaiblir la LRA

Selon le rapport, la LRA compterait 250 combattants – 200 Ougandais et 50 combattants de rang inférieur originaires de la RCA, de la RDC et du Soudan du Sud – et 250 membres de leur famille.

Les auteurs suggèrent que la campagne baptisée « Come Home » (rentrez à la maison) - lancée par les forces armées ougandaises et étasuniennes, elle s’appuie sur la diffusion de messages par des haut-parleurs montés sur des hélicoptères qui survolent les zones occupées par la LRA ainsi que sur la distribution de tracts, la diffusion de messages à la radio et la création d’environnements sûrs (Safe Reporting Sites) pour encourager les membres de la LRA à faire défection – obtiendrait de meilleurs résultats si elle était diffusée dans d’autres zones d’intervention de la LRA. Selon le rapport, au moins 31 membres ougandais de la LRA ont fait défection en 2012 et au cours des six premiers mois de l’année 2013.

M. Kony et ses combattants seraient présents dans les régions frontalières de la RCA, de la RDC, du Soudan et du Soudan du Sud ; l’Ouganda y a déployé environ 2 500 soldats dans le cadre de la force de l’Union africaine (UA). À la fin de l’année 2011, les États-Unis ont envoyé 100 soldats des forces spéciales dans la région, en tant que conseillers militaires.

« L’apparente perte de cohésion interne de la LRA, les traditionnelles prises d’otages de civils pour prévenir les attaques et l’échec historique des opérations militaires visant à obtenir une victoire décisive [suggèrent] que l’approche la plus opportune et la plus rentable pour le démantèlement de la LRA consiste à encourager les défections », ont indiqué les auteurs. « La grande majorité des combattants de la LRA ont été enrôlés de force, et la majorité, y compris de nombreux Ougandais, veulent faire défection ».

Les autorités ougandaises continuent d’encourager les défections au sein de la LRA, promettant aux déserteurs une amnistie qui les protègeraient de toutes poursuites pénales ; la Loi d’amnistie qui a expiré en 2012 a été rétablie en 2013. Elle ne concerne pas les hauts commandants de la LRA.

« La loi d’amnistie est toujours là pour ceux qui n’ont pas été inculpés par la CPI (Cour pénale internationale) – M. Kony et ses trois principaux commandants ont été inculpés de plusieurs infractions, y compris de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre]. Nous les encourageons à abandonner la rébellion et à se déclarer. Ils sont à nouveau les bienvenus chez eux », a dit à IRIN le lieutenant-colonel Paddy Ankunda, porte-parole des Forces de défense du peuple ougandais (FDPO). « S’ils n’ont pas de combattants, ils n’ont pas d’avenir ».

Il a ajouté, « Les plus déterminés, comme M. Kony et ses principaux commandants, ne peuvent pas se rendre. Nous avons une force de l’UA [Union africaine] ici. Nous reprendrons les recherches pour les trouver dès que l’UA obtiendra l’autorisation des nouvelles autorités de la RCA ».

Les recherches pour trouver M. Kony ont été suspendues après le coup d’État en RCA par le groupe rebelle de la Séléka, qui s’est emparé de la capitale, Bangui, le 24 mars, a provoqué le départ du président François Bozizé et a nommé Michel Djotodjia comme nouveau président.

« Il faut continuer à encourager et à convaincre les membres de la LRA de faire défection. Qu’ils abandonnent la rébellion et qu’ils rentrent chez eux. Ils sont victimes des circonstances », a dit à IRIN Baker Ochola, évêque à la retraite et membre de l’Initiative de paix des chefs religieux acholi (Acholi Religious Peace Initiative, ALPI). « Qu’ils laissent la LRA à M. Kony et à ses partisans qui ont commencé tout ça ... M. Kony sera seul et n’aura plus de soutien ».

M. Ochola a prévenu que si la LRA est affaiblie, « ils sont toujours en fuite. Ils représentent toujours un problème et ils sont dangereux ».

Après la défection

Selon les analystes, la stratégie de défection ne suffira pas à répondre à la menace posée par la LRA.

« La stratégie de survie de la LRA repose sur les enlèvements et pas sur le recrutement volontaire, et pour chaque déserteur, la LRA enlève deux personnes pour regonfler ses troupes, ainsi l’insurrection tourne en rond », a dit Stephen Oola, analyste en gouvernance et en justice transitionnelle pour l'organisation Refugee Law Project (Projet de loi sur les réfugiés - RLP) de l’université Makerere en Ouganda. « Suggérer que la LRA peut être démantelée à partir de la base grâce aux défections est la reconnaissance de l’échec de l’approche militaire et représente une opportunité pour appeler à la reprise des négociations de paix pour trouver des solutions durables.

« Une approche globale visant à mettre fin au conflit avec la LRA reposera sur la participation des principaux dirigeants de la LRA et sur la question de son héritage, et abordera la question de la crise de gouvernance en Ouganda pour trouver une paix durable », a-t-il ajouté.

Les auteurs du rapport ont indiqué qu’il fallait une meilleure stratégie de désarmement, de démobilisation et de réintégration pour faire augmenter le nombre de défections avant de noter que l’avenir des personnes qui ont choisi de faire défection restait incertain, avec une aide à la réintégration « ridiculement inadaptée ».

« Les victimes d’enlèvement, en particulier les adultes, ont bien souvent des difficultés à reconstruire leurs moyens de subsistance, à surmonter les traumatismes qu’ils ont subis et à faire face à la stigmatisation de la communauté, tout en recevant peu de soutien. La prise de conscience de ces difficultés, associée aux risques entraînés par les tentatives d’évasion, dissuade nombre d’entre eux de faire défection », ont dit les auteurs. « Une stratégie dynamique et dotée de ressources adéquates pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) pourrait saper l’emprise de M. Kony sur le groupe rebelle, permettre à des centaines de victimes d’enlèvement de rentrer tranquillement chez elles et aider à protéger les civils contre de nouvelles attaques de la LRA ».

‘The Resolve LRA Crisis Initiative’ a notamment recommandé d’élargir le programme ‘Come Home’, de financer une cartographie complète des structures de pouvoir de la LRA et d’apporter un soutien financier adéquat aux organisations qui proposent une aide médicale et psychologique aux déserteurs.

La LRA est née à la fin des années 1980 et a mené une guerre longue et brutale contre le gouvernement dans le nord de l’Ouganda pendant près de 20 ans ; pendant plusieurs années, plus d’un million de personnes ont été obligées de vivre dans les camps pour les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) dans des conditions humanitaires exécrables. La dernière attaque de la LRA en Ouganda remonte à 2006.

so/kr/rz-mg/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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