Des nombreuses familles de déplacés vivant dans des abris sordides à proximité d’un camp de déplacés internes de la région du Nord-Darfour, au Soudan, ne bénéficient d’aucune aide humanitaire, parce que le camp est plein et ne peut pas les accueillir.
En visite dans la région, la semaine dernière, un représentant du gouvernement britannique a tenté en vain de convaincre les autorités locales d’ouvrir un nouveau site pour absorber le trop-plein du camp d’Al Salaam, près d’El Fasher, la capitale de l’Etat du Nord-Darfour.
Plusieurs dizaines de familles de déplacés ont affirmé qu’elles s’étaient installées ici depuis près de 14 mois, fuyant leurs villages pour échapper à la reprise des combats dans la région. Toutefois, ont-elles précisé, elles n’avaient pas été autorisées à s’installer dans l’enceinte du camp d’Al Salam, qui abritent déjà quelque 50 000 déplacés.
Les agents humanitaires présents dans le camp ont indiqué que ce dernier avait atteint sa capacité maximale et qu’il n’était plus possible d’accueillir les nouveaux arrivants, qui avaient refusé d’être orientés vers d’autres sites. Les nouveaux déplacés internes ne peuvent bénéficier de la même assistance que les pensionnaires du camp d’Al Salam, ont-ils précisé.
L'ouverture d'un nouveau site n'est pas « logique »
A en croire les travailleurs humanitaires, il aurait été possible d’ouvrir un autre site pour accueillir les nouveaux arrivants, mais les autorités locales y sont vivement opposées.
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| Camp de déplacés internes dans le Nord-Darfour |
Toutefois, invoquant l’amélioration de la situation sécuritaire dans la région, le gouverneur a déclaré à M. Alexander que les autorités soudanaises souhaitaient plutôt la fermeture des camps et le retour des déplacés dans leurs villages.
« Ces personnes n’ont pas été déplacées par les récents combats comme elles l’affirmaient », a-t-il dit.
« Elles sont venues à Al Salam, après avoir quitté Zamzam [un autre camp de déplacés des faubourgs d’El Fasher], à cause des problèmes administratifs causés par certaines organisations non gouvernementales internationales qui souhaitaient ouvrir un nouveau camp », a affirmé le gouverneur. « Rien ne peut donc justifier l’ouverture d’un nouveau camp ».
« Il nous semble plus logique de trouver une solution pour ramener ces déplacés dans leurs villages », a-t-il conclu.
« Une réelle peur »
Pour M. Alexander, toutefois, les problèmes de sécurité des déplacés sont réels.
« Ces personnes vivent dans une réelle peur et je comprends leur préoccupation étant donné l’insécurité permanente qui règne aux alentours de ce camp et plus généralement dans la région du Darfour », a expliqué M. Alexander.
« Evidemment, l’insécurité est permanente ici, au Darfour », a-t-il précisé, en soulignant que les organisations humanitaires ne pouvaient pas faire plus.
« J’ai également eu la nette impression que l’action des organisations humanitaires, aussi importante soit-elle, n’est pas suffisante », a-t-il ajouté. « Nous devons instaurer un climat de sécurité au Darfour grâce à la présence de forces internationales […] mais aussi à des actions claires du gouvernement soudanais ».
Abubakar Osman Abdullah, un pensionnaire du camp de déplacés, partage cet avis.
« Les conditions de sécurité, à l’extérieur du camp en particulier, sont très mauvaises et c’est l’une des raisons pour lesquelles personne ne veut partir », a indiqué M. Abdullah.
Le mois dernier, les autorités soudanaises avaient donné leur accord pour le déploiement d’une force hybride de 20 000 soldats et agents de police des Nations Unies et de l’Union africaine (UA) pour relever les troupes de l’UA mal équipées et sous-financées.
Mais le déploiement de cette force hybride ne devrait pas avoir lieu avant l’année prochaine.
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