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Pluies meurtrières dans les régions du nord-ouest

Les pluies torrentielles qui se sont abattues ces derniers jours sur la province de la Frontière du Nord-Ouest (PFNO), au Pakistan, ont coûté la vie à au moins 22 personnes, emportées par les eaux et détruit de nombreuses maisons, faisant quelque 500 déplacés et sans-abri.

Les décès ont eu lieu dans le nord de la PFNO, dans le district reculé de Kohistan, où le 8 juillet, de fortes pluies avaient provoqué des glissements de terrain et des inondations, bloquant à plusieurs endroits la route qui relie le Pakistan à la Chine.

Les précipitations auraient également fait des victimes dans plusieurs villages situés aux alentours de Besham, la principale ville du district de Kohistan, quelque 275 kilomètres au nord-ouest d’Islamabad.

Selon Mohammad Hamid, un commerçant de 35 ans qui vit à Besham, « les populations locales ont passé des heures à tirer des corps de la boue et des gravats de leurs maisons ».

Les pluies, qui ont emporté des maisons jusque dans certains villages perchés à flanc de coteau, auraient également fait au moins 500 déplacés et sans-abri.

« L’autoroute de Karakorum, bloquée à de nombreux endroits, commence à être déblayée. Cela permettra également de constater les dommages et d’aider les populations plus facilement », a expliqué Brig Mohammed Naim, officier de l’armée pakistanaise, qui supervise l’opération de déblayage des routes et l’organisation des réparations dans la région.

La vallée de Dir ravagée

Les pluies, d’une intensité inattendue, ont également dévasté la vallée pittoresque de Dir, dans le nord-ouest de la PFNO. Ces pluies, accompagnées de vents forts et de foudre, auraient endommagé les infrastructures, les terres arables et les biens des populations.

« J’ai entendu dire que des maisons se sont écroulées et que des routes ont été emportées », a expliqué à IRIN Mohammed Khan, 40 ans, un habitant du village de Namlai, dans le Haut Dir, alors qu’il se trouvait à Peshawar.

M. Khan a expliqué qu’il tentait de retourner chez lui depuis le matin du 9 juillet, mais qu’il lui était difficile de le faire « parce que les routes et les ponts ont été emportés par les eaux ».

Plusieurs routes et au moins quatre ponts ont été détruits et les populations de la région de Dir se retrouvent isolées.

« Ce sont les dommage causés aux arbres fruitiers, aux cultures et au bétail qui nuisent le plus aux populations à long terme », a poursuivi M. Khan.

A Dir, une région réputée pour ses vergers, la foudre aurait causé d’amples dommages.

Les habitants de Peshawar, la capitale de la province, critiquent le gouvernement, à qui ils reprochent de ne pas avoir aidé les populations touchées, dans la ville et aux alentours.

« Les pluies tombées à la fin du mois de juin ont fait gonfler les cours d’eau et nos maisons ont été inondées », a déclaré Abdoul Jan, 22 ans, qui vit dans une banlieue de Peshawar.

Les pluies qui se sont abattues dans la PFNO auraient coûté la vie à au moins 60 personnes depuis la fin du mois de juin.

De fortes pluies en perspective

Selon Qamaruzzaman Chaudhry, directeur général des Services météorologiques du Pakistan, « de fortes pluies de mousson » peuvent être attendues dans les prochains jours dans la PFNO ainsi que d’autres régions du pays.

Entre-temps, les opérations de secours d’urgence se poursuivent dans les zones touchées par les inondations, dans les provinces du Balouchistan et de Sindh.

Le 8 juillet, Jam Mohammad Yousaf, le Premier ministre du Balouchistan, a appelé le gouvernement fédéral à « convoquer une réunion avec les bailleurs de fonds internationaux » pour assurer le secours et la réhabilitation des populations de la région qui ont été touchées par les inondations.

On craint qu’au moins 200 personnes n’aient trouvé la mort dans la province, et, lors d’une réunion tenue à Quetta le 8 juillet, le Conseil de coordination du Balouchistan, un organe composé de 85 organisations non-gouvernementales(ONG), a critiqué le gouvernement fédéral, à qui il reproche de ne pas en faire assez au Balouchistan.

« Non seulement le gouvernement n’en a pas fait assez, mais les équipes de secours d’urgence des organisations internationales n’ont pas été autorisées à se rendre dans les régions touchées par les inondations », a déploré Mohammed Tehseen, directeur de la branche locale de l’ONG South Asian Partnership, sise à Lahore, capitale de la province pakistanaise du Panjab.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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