1. Accueil
  2. East Africa
  3. Burundi

Les rebelles finiront par négocier

Mercredi, le Front national de libération du peuple Hutu (FNL), le dernier groupe rebelle du Burundi, a annoncé qu’il ne reconnaissait pas la légitimité du nouveau gouvernement et qu’il n’engagerait des pourparlers de paix qu’avec les représentants des trois groupes ethniques du pays.

« Le FNL est prêt à négocier », a déclaré Pasteur Habimana, le porte-parole du FNL, à Dar es Salaam, en Tanzanie.

Cependant, il a ajouté que la communauté internationale devrait jouer un rôle de garant lors des négociations, auxquelles devraient participer les représentants des groupes ethniques hutu, tutsi et twa.

Le pasteur Habimana a fait également savoir que si les demandes du FNL n’étaient pas prises en compte, celui-ci ne reprendrait pas les hostilités.

« L’époque du conflit armé est révolue », a-t-il déclaré.

Il a nié le fait que le FNL continuait à harceler l’armée. « Maintenant, nous ne faisons que nous défendre contre les attaques de l’armée », a-t-il ajouté.

L’armée reproche au FNL d’avoir lancé des attaques sporadiques avant et après les élections présidentielles du mois d’août.

Mardi, le major Adolphe Manirakiza a annoncé que le FNL avait lancé la semaine dernière plusieurs attaques aux alentours de la capitale, Bujumbura, au cours desquelles une personne avait trouvé la mort, et d’autres avaient été blessées.

Mercredi Nzobonimpa Manassé, le gouverneur de la province Bubanza, dans le Nord du pays, a annoncé que les rebelles du FNL lançaient des attaques contre l’armée nationale depuis samedi.

Malgré le refus du FNL de reconnaître le gouvernement, Pierre Nkurunziza, le nouveau président récemment élu, a déclaré samedi que son gouvernement ferait son possible pour entamer des pourparlers de paix avec le mouvement rebelle.

« Nous allons mettre en place, très prochainement, une commission gouvernementale, composée d’officiers de l’armée et de quatre chefs politiques, qui se chargera d’organiser des négociations, le plus vite possible », a-t-il fait savoir.

Cependant, selon le pasteur Habimana, le FNL ne négociera avec aucune commission représentant le nouveau gouvernement, car « les élections n’ont pas respecté l’accord de paix d’Arusha signé en 2002. »

« Nous sommes le seul groupe du Burundi à croire encore en la vérité et en la justice » a-t-il dit.

Selon les analystes politiques locaux, le FNL a opté pour une position isolationniste stricte si bien que lorsque le groupe envisagera finalement de négocier, il se trouvera en position de force.

« En disant que le nouveau gouvernement est illégitime, le FNL veut être considéré comme étant au même niveau que le gouvernement », a déclaré Pancrace Cimpaye, porte-parole de l’ancien gouvernement.

Carolyn McAskie, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Burundi, qui s’est entretenue à diverses reprises avec les chefs du FNL, a exprimé sa frustration la semaine dernière face à la lenteur du processus de paix.

Mercredi, UN News a annoncé qu’un groupe réunissant les chefs d’Etat des pays voisins avait rencontré le Secrétaire général de l’ONU et des bailleurs internationaux, lors d’un sommet mondial, qui a débuté lundi, à New York.

Le groupe a demandé le soutien du nouveau gouvernement burundais afin d’amener le FNL à participer dans le processus de paix.

Le groupe a également demandé au FNL « de cesser immédiatement les hostilités.»

Une aile moins radicale du FNL est peut-être en cours de formation, avec à sa tête, Jean Bosco Sindayigaya, le vice-président du groupe. La semaine dernière, Jean Bosco Sindayigaya a demandé que des pourparlers de paix soient engagés avec le gouvernement de manière plus conciliante.

« Il n’y a plus de raison de continuer à lancer des attaques puisque les injustices à l’encontre du peuple hutu ont été réglées », a-t-il déclaré à la radio locale.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join