255 déplacés ont ainsi regagné le chef-lieu du département, Kinkala, à 75 km au sud de Brazzaville, la capitale. Ces personnes ont été ramenées par le train à Matoumbou, à 45 km de la capitale congolaise. Elles ont ensuite regagné Kinkala dans des camions affrétés par le gouvernement, avant de regagner leurs localités d'origine.
Selon la direction des affaires humanitaires, près de 500 déplacés qui vivaient à Brazzaville étaient candidats au retour volontaire, alors que seulement 255 personnes ont effectué le voyage ce week-end.
Les rapatriés ont par ailleurs reçu, dimanche à Mankokossa, à 11 km de Kinkala, des biens de première nécessité de la part de la ministre de la solidarité et de l'action humanitaire, Emilienne Raoul.
Elle a également souhaité que le retour des déplacés soit suivi du désarmement et de la démobilisation des miliciens dans le Pool. "Ce que nous sommes en train de faire serait vain si l'opération de désarmement, de démobilisation et de réinsertion sociale des ex-combattants ne réussissait pas," a déclaré à la presse, la ministre.
Le pasteur Ntumi, le leader du Conseil national de la résistance, a néanmoins exclu vendredi dernier à l’occasion du lancement symbolique du DDR, le désarmement de ses partisans tant qu'un accord n'aura pas été trouvé avec le gouvernement sur le nombre de ses miliciens à intégrer dans la force publique et sur son statut personnel.
Le chef rebelle a exigé la mise en place dans un "délai raisonnable" d'un gouvernement de large union nationale dans lequel son mouvement politique participerait.
Le retour volontaire des déplacés se poursuivra avec l'aide du gouvernement, du Programme alimentaire mondial (PAM), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de Médecins sans Frontières (MSF) et de la Croix rouge congolaise.
Le plan pour le retour volontaire avait été élaboré en avril 2003. Il était destiné aux personnes hebergés dans les sept sites (actuellement 6) près de Brazzaville.
A la mi 2002, 12.300 personnes à la mi 2002 étaient hébergées dans les sites près de Brazzaville, selon Philippe Chichereau, conseiller humanitaire pour le Bureau des Nations Unies pour la coordination de l’aide humanitaire (OCHA). Plus de 28.000 autres l’étaient dans des familles d'accueil dans les alentours. Près de 6.700 déplacés étaient encore recensés en décembre 2003 dans les sites. Parmi eux, a estimé M. Chichereau, environ 4000 peuvent être considérés comme vraiment vulnérables.
"Le nombre exact de personnes vivant encore en familles d'accueil est inconnu à présent mais il ne doit pas dépasser 20% de l'effectif initial", a précisé le conseiller humanitaire d’OCHA. "Par contre, le nombre de personnes déplacées hors sites à l'intérieur du département du Pool peut être estimé à environ 50.000, [ils vivent] chez des amis, des abris de fortune ou en forêt", a-t-il ajouté.
Plus de 100.000 personnes avaient fui les affrontements de 2002 entre les forces gouvernementales et les miliciens du pasteur Frédéric Bitsangou alias Ntumi. Ces personnes avaient trouvé refuge dans les départements voisins des Plateaux, de la Bouenza, de la Lékoumou et dans la banlieue sud de Brazzaville.
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