Le porte-parole du HCR en Ouganda, Denis Duncan, a affirmé que les camions transportant les réfugiés, comprenant 94 familles, ont traversé la frontière du Rwanda à 13:00 GMT
" Nous allons les déposer à Kigali [capitale du Rwanda]. Les camions repartiront presque immédiatement pour Mbarara [ouest de l´Ouganda] pour un autre convoi dans les jours suivants," a-t-il expliqué.
Les convois partiront de Kigali quotidiennement jusqu´à ce que tous les réfugiés enregistrés pour leur rapatriement seront revenus chez eux, a-t-il encore ajouté. Près de 1.650 réfugiés ont été, au 12 janvier, enregistrés pour être rapatriés.
A Kigali, un représentant du HCR, Volker Schimel, a affirmé à IRIN que les préparatifs pour accueillir cette première vague de réfugiés avaient été faits. Ils resteront dans le camp de transit de Rukomo dans la province de Bvumba avant de rejoindre leurs maisons d´origine, a-t-il dit. Le passage par ce camp facilitera les formalités administratives pour leur permettre de se déplacer et rejoindre leurs habitations.
M. Duncan a fait état de "l´excitation" des réfugiés à l´idée de retourner chez eux après près de 10 années d´exil. " Ils riaient, plaisantaient et sautaient partout," a-t-il témoigné.
A l´arrivée au camp de Rukomo, a continué M. Volker, le HCR fournira aux rapatriés de la nourriture et d´autres articles comme des couvertures, des ustensiles de cuisine et du savon. Le HCR les transportera ensuite vers leurs habitations. Ils relèveront ensuite de la responsabilité du gouvernement rwandais à partir du moment où ils auront rejoint leurs communes d´origine.
La majorité des 25.000 réfugiés vivant dans les camps en Ouganda avait fui durant ou juste après le génocide de 1994 où 800.000 Tutsis et Hutus modérés avaient été tués en une centaine de jours, après l´échec des accords de paix d´Arusha signés en 1993.
L´Ouganda accueillait des réfugiés en provenance du Rwanda, même avant d´avoir accédé à l´indépendance en 1962. Le gouvernement du président ougandais, Yoweri Musevini, qui s´était emparé du pouvoir en 1986, avait soutenu les réfugiés rwandais. Dans les années 90, ce soutien avait altéré les relations entre Kampala et le président rwandais Juvenal Habyarimana. Ce dernier accusait M. Musevini d´appuyer le Front patriotique rwandais (FPR) soupçonné de mener des attaques contre les forces rwandaises gouvernementales à partir d´octobre 1990. Le FPR était, à l´époque, un mouvement rebelle composé de Tutsis exilés vivant dans les camps de réfugiés en Ouganda.
Le génocide rwandais d´avril 1994 avait incité Paul Kagame du FPR à prendre le pouvoir pour mettre fin à ce bain de sang en juillet. Une nouvelle vague de réfugiés fuyait alors vers l´Ouganda et les pays voisins. La plupart était des Hutus craignant les représailles à la suite du génocide.
Les diplomates et les travailleurs humanitaires ont reconnu les efforts du président Kagame en faveur de l´unité des Rwandais, de la paix et de la réconciliation, en mettant de côté les différences du passé.
"Les réfugiés sont très euphoriques à la suite du discours du gouvernement prônant un nouveau Rwanda et la fin [de la différence] entre les Hutus et les Tutsis," a affirmé à IRIN M. Duncan. " Je crois qu´ils sont réellement heureux d´être rwandais, " a-t-il ajouté.
Le Rwanda a signé plusieurs accords de rapatriement avec différents pays dont la Namibie, le Malawi, l´Ouganda, la République du Congo, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.
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