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La sécurité s'améliore selon le gouvernement et les rebelles

Malgré la mort d'une vingtaine de personnes lors d'incidents dans la banlieue de la capitale du Burundi, Bujumbura, le gouvernement et le principal mouvement rebelle ont affirmé une nette amélioration de la situation sécuritaire dans le pays depuis la signature, le 8 octobre, de l'accord de partage du pouvoir entre ces deux parties.

"Les actions militaires ont diminué sur le terrain et les rebelles du CNDD-FDD ont cessé les attaques contre la population civile," a dit à l'IRIN, le colonel Augustin Nzabampema, le porte-parole de l'armée.

Le gouvernement et les responsables du mouvement rebelle ont affirmé que le renouvellement de la livraison de vivres au profit des combattants du CNDD-FDD avait contribué à la réduction des attaques contre les civils.

"Dans certains endroits, nos hommes partagent de la bière avec les troupes gouvernementales, c'est un indice encourageant," a affirmé pour sa part, Gelase Daniel Ndabirabe, le porte-parole de la faction du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) dirigée par Pierre Nkurunziza.

Les combattants ont semblé tenir compte des instructions du président Domitien Ndayizeye et de Nkurunziza appelant à un cessez-le-feu.

Les deux hommes avaient signé l'accord de partage du pouvoir à Pretoria. Le CNDD-FDD obtenait ainsi, entre autres, 40% des postes dans l'armée et quatre ministères.

"La sécurité dans le pays s’est améliorée depuis la signature de l'accord de Pretoria, le CNDD-FDD a respecté ses engagements," avait déclaré mercredi à la presse Ndayizeye. Le président burundais s'envolait juste après pour l'Afrique du Sud dans le but de négocier avec le CNDD-FDD les points qui n'avaient pas été solutionnés le 8 octobre dernier.

Nzabampema a toutefois déploré "une sorte de campagne politique" menée par le CNDD-FDD.

La transformation du mouvement en parti politique est, néanmoins, un des points à négocier.

Ndabirabe a évoqué une confiance de plus en plus grande entre les forces gouvernementales et les membres du groupe rebelle depuis la signature de l'accord de Pretoria. Il a cependant réfuté toutes les accusations liées à une campagne politique de son mouvement.

"Ce que nous sommes en train de faire est d'expliquer à la population les termes de l'accord que nous avons signé avec le gouvernement, il ne s'agit absolument pas d'une campagne," a-t-il déclaré.

L'arrêt des hostilités entre le CNDD-FDD et l'armée n'a cependant pas empêché les incidents entre le CNDD-FDD et une faction du Front national de libération (FNL) de continuer.

Cette faction, dirigée par Agathon Rwasa, est le dernier mouvement rebelle qui refuse de rejoindre la table des négociations.

Au moins 20 personnes sont mortes en une semaine lors de plusieurs attaques dans la banlieue nord de Bujumbura, ont dit les autorités locales. Les victimes étaient accusées de soutenir l’un ou l'autre groupe rebelle.

Malgré l'amélioration de la situation sécuritaire, les 43.000 civils qui avaient fui à la mi-août les combats entre le CNDD-FDD et le FNL dans la commune de Mubimbi et dans la province de Bujumbura rural, ne sont pas revenus, a expliqué à l'IRIN le gouverneur de la province, Ignace Ntawenbarira.

"Les gens viennent cultiver leurs champs pendant la journée puis retournent dans les sites de déplacés.

Ils craignent de revenir chez eux car les éléments du CNDD-FDD et du FNL sont encore à Mubimbi," a-t-il dit.

Les habitants de la banlieue nord de Bujumbura ne dorment pas dans leurs maisons par crainte d'attaques du CNDD-FDD ou du FNL, a-t-il ajouté. La violence dans les banlieues continue malgré l'imposition par le gouvernement d'un couvre feu.

Cantonnement des combattants

Le cantonnement des combattants rebelles participe également à l'amélioration de la sécurité.

Le programme de démobilisation, désarmement et réintégration (DDR) a cependant peu évolué en raison des retards dans la mise en oeuvre des accords de cessez-le-feu signés entre le gouvernement et trois groupes rebelles, incluant le CNDD-FDD.


Le programme de DDR sera toutefois soutenu par la mission africaine au Burundi.

Les contingents composant les forces de maintien de la paix dans ce pays sous l'égide de l'Union Africaine ont parachevé leur déploiement. Il s'agit de troupes de l'Ethiopie, du Mozambique et de l'Afrique du Sud.

Un site prévu pour le cantonnement est déjà opérationnel à Muyange, dans le nord-ouest de la province de Bubanza. Il héberge actuellement 191 anciens combattants des plus petites factions du CNDD-FDD et du FNL. Les leaders des rebelles cantonnés ont toutefois déploré les conditions de vie dans le camp.

Celles-ci expliquent, selon eux, le refus des autres combattants de rejoindre ce camp.

"Les conditions sanitaires et alimentaires se sont améliorées, mais il existe encore le problème de la réhabilitation des baraquements à l'intérieur du camp. La saison des pluies a débuté et à chaque fois qu'il pleut, l'eau traverse les baraques," a déclaré Jérome Ndiho, le porte-parole de la faction du CNDD-FDD dirigée par Jean Bosco Ndayikengurukiye.

Il a par ailleurs ajouté: "Quand toutes les conditions seront remplies, nous pourrons déployer 150 combattants toutes les semaines jusqu'à atteindre les 3.000 personnes que peut accueillir chaque zone de cantonnement."

Ndiho a encore affirmé que certains de ces combattants étaient rassemblés à Rukambasi, une colline dans le sud de la province de Makamba, en vue de leur cantonnement.

"Nous souhaitons que la mission africaine de maintien de la paix et le gouvernement déterminent d'autres zones de pré-cantonnement dans la province de Kayanza au nord du pays," a-t-il dit.

La faction de Nkurunziza a néanmoins déclaré qu'elle n'envoierait ses combattants dans les centres de démobilisation que lorsqu'un accord technique - déterminant la répartition des postes clés dans l'armée et dans la police- sera signé.

Cette exigence est un des points discutés ce vendredi à Pretoria entre Ndayizeye et Nkurunziza.

Un sommet régional sur le Burundi est prévu pour la mi-novembre à Dar es Salaam (Tanzanie) où les solutions aux difficultés non résolues devraient officiellement être ratifiées.

"Nos hommes sont prêts pour le cantonnement, mais nous devons attendre la fin des négociations," a dit Ndabirabe.

Dans le même temps, la radio burundaise annonçait vendredi que le leader de la plus petite faction de CNDD-FDD, Léonard Nyangoma, disposait de plus de 6.000 combattants à démobiliser. Il a néanmoins menacé, a continué la radio, de reprendre les combats si le gouvernement refusait d'enregistrer son mouvement comme un parti politique.

Cette même radio a encore rapporté que Nyangoma avait accusé le mouvement de Nkurunziza de chercher à s'imposer comme le seul mouvement armé rebelle.

Concernant le financement du processus de démobilisation, l'envoyé spécial de l'Union Européenne dans les Grands Lacs, Aldo Ajello, a déclaré à la suite d'une réunion avec les médiateurs de l'Afrique du Sud que les fonds alloués pour la démobilisation étaient prêts.

"Il y a un fonds à la Banque Mondiale prévu pour la démobilisation des combattants.

Nous discutons actuellement des salaires sur une durée de 18 mois pour les personnes qui seront démobilisées" a-t-il dit.

Selon un document de février 2002 publié par le bureau de la Banque Mondiale au Burundi, "la programme DDR s'élèvera entre 60 et 80 millions de dollars américains. Entre 15 et 20 millions seront pris en charge par la Banque, le reste relèvera des bailleurs de fonds et du fonds régional".

Le document a ajouté que le programme DDR soutiendra également la démobilisation et la réintégration des enfants soldats.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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