Alors que les réfugiés avaient été initialement bien accueillis, des chercheurs ont découvert les inquiétudes croissantes de la population locale appauvrie, concernant la viabilité de la situation sur le long terme, a expliqué RLP.
Le rapport entre le nombre de réfugiés et celui de la population locale a, en effet, engendré une crise dans cette région, a ajouté RLP. A Ntoroko par exemple, une ville de 4.000 habitants à l'ouest de l'Ouganda, l'arrivée de 8.000 réfugiés a causé d'énormes problèmes pour la gestion des ressources limitées de la localité, a poursuivi RLP.
Dans la seconde moitié des années 90, une rébellion conduite par les Forces démocratiques alliées (ADF, Allied Democratic Forces) avait dévasté le district de Bundibugyo. Ce mouvement dirigé par Sheikh Jamil Mukulu voulait ré-équilibrer la composition du gouvernement ougandais, lequel marginalisait les musulmans, selon l'ADF. Les rebelles se sont alors répandus dans l'ouest du pays en attaquant les villages, les centres commerciaux, en tuant et en enlevant des centaines de civils.
La crainte de ces attaques a forcé des milliers de personnes à quitter leurs maisons. Les déplacés internes avaient alors été estimés à 70.000 en 1998. En 2000, leur nombre atteignait 175.000, selon RLP.
La population locale avait par ailleurs, malgré les difficultés, favorablement accueilli l'installation des réfugiés congolais le long de la frontière. Toutefois, le gouvernement ougandais avait conditionné son aide aux réfugiés à l'installation de ces derniers dans un camp à 200 km plus à l'est.
Le ministre d'Etat ougandais pour les réfugiés, Helen Aporu, a annoncé la visite d'une délégation gouvernementale à Bundibugyo cette semaine pour discuter de la situation. Aporu a néanmoins rappelé la clarté de la loi ougandaise en la matière: les réfugiés ne recevront une aide étatique que s'ils se rendent dans les camps proposés.
"Nous ne pouvons les assister que si leur situation est claire. Ils doivent être enregistrés et installés. Alors nous pourrons programmer une assistance conformément à nos obligations résultant des conventions de Genève," a déclaré Aporu. "Nous ne pouvons leur donner le statut de réfugié pour pouvoir se déplacer comme ils le demandent sans garder une trace d'eux."
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