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Poursuite du rapatriement forcé de réfugiés de la RDC

Plus de 6 000 réfugiés Tutsis de la République démocratique du Congo, qui
s'étaient enfuis vers le Rwanda durant les années 1990, afin d'échapper aux persécutions ethniques, ont été ramenés dans le nord-est de la RDC dans ce
que le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Ruud Lubbers, a qualifié de "rapatriements forcés".

Les statistiques réunies par le ministère rwandais des Autorités locales démontrent que, depuis le 31 août, un total de 4 139 personnes sont retournées du camp de Gihembe, dans la province de Byumba (au centre du Rwanda), et près de 2 000 de celui de Kiziba dans la province de Kibuye
(dans l'ouest du Rwanda), a déclaré à IRIN une porte-parole du HCR, Mika
Inamahoro. Toutes ces personnes ont été transportées vers la région de
Masisi, au Nord-Kivu, même si certains provenaient d'autres régions de la province - Walikale, Lubero et Rutshuru - ou bien du Sud-Kivu, a confirmé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH).

Une mission d'évaluation dans cette région, la semaine dernière, a trouvé
que les nouveaux venus étaient "en meilleure condition" que les gens qui y vivaient, selon le BCAH. Certaines inquiétudes subsistaient toutefois face à la possibilité que certaines maladies puissent frapper les gens, si les installations sanitaires ne sont pas immédiatement améliorées. Il n'existait en effet que de trois à six latrines, avec une douzaine d'autres qui étaient en construction.

Le bâtiment d'une manufacture de thé abandonnée, non loin de Kichanga, dans la région de Masisi, a été utilisé pour abriter les réfugiés, occupés à construire des huttes au même endroit.

Les réfugiés avaient un urgent besoin d'articles non alimentaires, notamment de toiles de plastique, de couvertures et de savon, a indiqué le BCAH. Le HCR a confirmé qu'il procèderait à une distribution de secours d'urgence non alimentaires, comprenant des articles pour la cuisson, des bidons et des nattes (de paille).

Des préoccupations ont été exprimé concernant des conflits possibles entre réfugiés et habitants de cette zone. Si les deux camps du Rwanda - où habitaient presque 32 000 réfugiés avant les récents départs - étaient
fermés, la population rapatriée dépasserait alors le nombre des habitants locaux, ce qui pourrait donner lieu à une compétition pour les ressources locales, notamment pour la nourriture, d'ajouter le BCAH. Le parc national de Virunga, situé à quelques kilomètres de la manufacture, pourrait également être menacé par les réfugiés en quête de bois à brûler.

Dans un déclaration faite le 5 septembre, Ruud Lubbers a exprimé ses "graves inquiétudes" face au rapatriement apparemment forcé des réfugiés, organisé conjointement par le Gouvernement du Rwanda et par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), un groupe rebelle soutenu par le Rwanda.

Les autorités locales avaient assuré le HCR de la nature entièrement
volontaire de ce rapatriement, mais les réfugiés soutiennent être partis
sous la menace, a précisé à IRIN Ron Mponda, représentant adjoint du HCR au Rwanda. "On leur a dit que s'ils ne rentraient pas de leur propre gré, la force serait employée", dit-il.

Les réfugiés du camp de Gihembe, dans la préfecture de Byumba, ont été
prévenus par les autorités qu'il s'agissait de leur dernière chance de
retourner chez eux en bénéficiant d'une assistance, a rapporté le HCR. On dit aussi que les autorités locales de Byumba leur ont donné comme date limite le 15 septembre pour retourner chez eux.

La plupart des réfugiés sont de l'ethnie Tutsie - désignés comme les
Banyamulenge - qui ont fui les attaques Hutues survenues au Nord-Kivu en 1995 et 1996, dans le sillage du génocide rwandais de 1994.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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