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Le HCR préoccupé par le « rapatriement forcé » des réfugiés

Le Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, s'est
déclaré « très préoccupé » par le rapatriement apparemment forcé, depuis le 31 août, de 1500 réfugiés congolais du Rwanda vers le Nord-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo.

Selon un communiqué publié jeudi par le HCR, les réfugiés - qui vivaient
dans deux camps, Kiziba et Gihembe, à l'ouest et au centre du Rwanda -
auraient été rapatriés de force vers la région de Masisi dans le Nord-Kivu.
Quatre convois auraient été conjointement organisés par le gouvernement rwandais et le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, qui gouverne une grande partie de l'est de la RDC.

Tandis que les autorités locales ont garanti au HCR que ce rapatriement est
totalement volontaire, les réfugiés affirment être partis sous la menace, a précisé jeudi à IRIN Ron Mponda, représentant adjoint du HCR au Rwanda. « On leur a dit que s'ils ne rentraient pas de leur propre gré, la force serait employée, » a-t-il ajouté.

Les autorités ont prévenu les réfugiés du camp de Gihembe, dans la
préfecture de Byumba, qu'il s'agissait de leur dernière chance de retour avec assistance, a rapporté le HCR. Les autorités locales de Byumba auraient également imposé aux réfugiés de rentrer chez eux d'ici le 15 septembre.

Dans une lettre au président rwandais Paul Kagame, M. Lubbers déclare que le
HCR ne s'associera pas à cette opération, qui semble « ni volontaire ni durable ». M. Mponda a confirmé que le HCR n'avait pas été informé de cette opération qui n'est à ce jour sanctionnée par aucun cadre juridique, aucun accord tripartite entre l'ONU, le gouvernement du Rwanda et le RCD-Goma.

Il a ajouté que les réfugiés avaient été mal informés sur les conditions de
leur retour. « On leur a dit que le HCR leur fournirait une assistance
lorsqu'ils arriveraient en RDC, mais nous ne sommes même pas présents là
bas. Nous n'avons pas eu accès à cette région [Masisi] depuis plusieurs
années. »

En outre, il y a lieu de craindre que les réfugiés aient été envoyés dans
des camps de personnes déplacées dans le Nord-Kivu, une initiative qui «
contrecarre l'objectif du rapatriement volontaire », selon M. Mponda.

Ce mardi à Gihembe, un grand nombre de réfugiés, se préparant à leur retour, avaient déjà commencé à démanteler leur habitation. Certains dormaient dehors en attendant d'être transportés vers le Nord-Kivu, a précisé le HCR.

Des fonctionnaires du ministère rwandais du gouvernement local, notamment la secrétaire d'Etat, Odette Nyiramirimo, étaient présents et ont entendu les accusations d'intimidation, a confié M. Mpondo à IRIN. Cependant, elle a réfuté ces accusations et a confirmé que tout retour doit avoir lieu de façon volontaire.

Les deux camps de réfugiés au Rwanda abritent au total 31 923 réfugiés. La
plupart d'entre eux sont des Banyamulenge, un groupe ethnique tutsi qui a fui les offensives hutues sur le Nord-Kivu en 1995 et en 1996.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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