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L'organisation Médecins Sans Frontières-Belgique (MSF-B) est parvenue jeudi
à entrer dans Rushubi, à Bujumbura Rural, à l'ouest du Burundi, une localité
rendue inaccessible lundi après-midi par une opération de l'armée burundaise
visant à chasser les rebelles de la région, a expliqué jeudi à IRIN le chef
de la mission de MSF-B, Stephan Goetghebuer.
« Notre équipe a transféré sept blessés à l'hôpital. Le calme est
pratiquement revenu, » a-t-il indiqué.
Une rapide évaluation effectuée jeudi dans la région par l'équipe de MSF-B
team a relevé que le chiffre estimé de 4 800 familles déplacées était une
« possibilité », a-t-il fait savoir.
Ils ont également observé que l'état de
santé de ces ménages semblait en général satisfaisant et qu'ils
bénéficiaient de soins de santé offerts gratuitement par les organisations non gouvernementales.
« Ils ont fait état, cependant, de deux cas présumés de choléra, » a-t-il
dit, ajoutant que l'équipe avait mentionné les mauvaises conditions d'
hygiène régnant sur les sites évalués. L'équipe a également noté la pénurie
de produits non alimentaires. La plupart des personnes vivent avec d'autres familles ou dans des écoles, a-t-il fait savoir.
Une réunion de coordination organisée par le Bureau des Nations Unies pour
la coordination des affaires humanitaires aura lieu vendredi pour permettre aux organisations humanitaires de prendre une décision sur la prochaine marche à suivre.
L'équipe de MSF-B se trouvait à Rushubi lundi après-midi lorsque la
situation est devenue « assez tendue » et elle a dû partir, a indiqué M.
Goetghebuer.
A ce moment-là, six personnes avaient déjà été blessées et nous avons pu
les transporter à l'hôpital.
Nous avons malheureusement appris que l'une des victimes est décédée. Nous avons essayé, mardi et mercredi, d'entrer dans cette zone mais en vain, » a-t-il précisé.
Le porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Augustin Nzabampema, a
informé mercredi que 29 rebelles ont été tués au cours d'une opération
militaire menée à Bujumbura Rural depuis quatre semaines. « Les opérations ont débuté à Kabezi et se sont poursuivies pendant trois jours dans la commune d'Isale dans la région de Kibuye.
Nous sommes entièrement satisfaits du déroulement de ces opérations," selon les propos de M. Nzabampema.
« Depuis le début, chaque fois que des affrontements sont prévus dans une
région donnée, nous demandons aux habitants de quitter les lieux - soit les zones de combat - afin d'éviter de faire des victimes parmi la population
civile," a-t-il expliqué. « A cet égard, je saisis cette occasion pour
réfuter les allégations diffusées par certaines stations de radio qui ont
annoncé la mort de 56 civils, » a-t-il ajouté.
« A notre connaissance, nous pouvons affirmer qu'aucun civil ne se trouvait
dans les zones de combat, car lorsque les habitants ont pris la fuite, les
seules personnes à rester étaient en général des criminels.
Il s'agissait
généralement de porteurs, d'espions, » a-t-il commenté. « Cela étant, nous
pensons que les victimes étaient des criminels et non pas des civils, si je
puis dire. Le fait que les habitants sont prévenus à l'avance lorsque des
combats sont prévus, permet de regrouper ces habitants dans des régions plus sûres. »
« Je tiens à informer l'opinion publique et la communauté internationale que les opérations en cours sont principalement une réponse aux signaux de détresse envoyés par les habitants de Bujumbura Rural, » a ajouté M.Nzabampema.
Parallèlement, la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'
homme au Burundi, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a récemment déclaré au Haut
Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme que des progrès ont
été réalisés tels que la mise en place d'un gouvernement transitoire mais
que le pays continue d'être frappé par des conflits armés internes.
Elle a ajouté que la situation sécuritaire était inquiétante, que les
violations du droit à la vie et à d'autres droits politiques et civils
étaient monnaie courante, citant l'enlèvement d'enfants, un problème
particulièrement préoccupant.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions