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Un porte-parole du département d'Etat américain, Philip Reeker, a déclaré mardi que son gouvernement estimait qu'il était important que la communauté internationale "cherche à tirer des leçons des événements survenus au Rwanda en 1994". "Et je pense qu'on pourrait revenir sur la politique du gouvernement américain avant cette époque. Une guerre civile avait alors éclaté au Rwanda. Nous avons soutenu en 1993 les négociations pour aider l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à envoyer sur le terrain des personnes chargées de surveiller le cessez-le-feu, conformément à l'accord d'Arusha," a déclaré M.
Reeker à des journalistes. "Je ne peux donc que vous renvoyer à toutes les choses que nous avons dites par le passé à propos de la tragédie qui a frappé ce pays," a-t-il ajouté. M. Reeker répondait à des questions concernant des documents officiels récemment déclassifiés qui montrent que trois semaines après le début du génocide de 1994 au Rwanda, un responsable a téléphoné à l'un des hommes accusés plus tard d'avoir été les
cerveaux du génocide, pour lui demander de cesser les massacres. Selon ces documents, l'assistante adjointe au secrétaire d'Etat des affaires africaines, Prudence Bushnell, a confronté le colonel de l'armée rwandaise Theoneste Bagosora le 28 avril, lui disant que les USA étaient au courant que les militaires prenaient part aux massacres.
"Elle a dit que, aux yeux du monde, les militaires rwandais avaient commis des actes criminels, aidant et encourageant les massacres de civils," a révélé un des rapports.
Ce document ainsi que quinze autres documents concernant les actions des USA durant le génocide rwandais ont été publiés lundi par le National Security Archive (Archives de sécurité nationales), un groupe privé qui réunit des documents diplomatiques et militaires américains déclassifiés. M. Reeker a indiqué que la première réaction des USA au milieu de "cette massive tragédie avait été de tenter, dans le chaos et la confusion, de protéger les citoyens américains." "Et comme l'ont déjà dit certains responsables de l'administration précédente, nous admettons totalement le fait que ce qui a englouti le Rwanda à cette époque était effectivement - comme l'a déterminé depuis le Tribunal pénal international pour le Rwanda [TPIR], un génocide.
"Mais il est évident que nous ne pouvons
pas changer le passé. Ce que nous pouvons faire, c'est faire tout ce qui est en notre pouvoir pour construire un avenir meilleur," a-t-il conclu.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions