1. Accueil
  2. Afrique
  3. Afrique de l'Est
  4. République démocratique du Congo

John Kayihula, réfugié congolais au Rwanda : « Je me concentre sur le sport pour oublier ma vie »

Joh Amini Kayihula, 26, a resident of Rwanda’s Gihembe Refugee Camp since 1996.
(Anthony Morland/IRIN )

Sur les 14 700 réfugiés congolais hébergés au camp rwandais de Gihembe, rares sont ceux qui envisagent de bientôt rentrer chez eux. La majeure partie des 75 000 réfugiés congolais accueillis au Rwanda sont des Tutsis arrivés entre 1995 et 1997 des territoires de Masisi et Rutshuru, dans le Nord-Kivu, une province qui compte toujours une pléthore de groupes armés, la rendant trop dangereuse pour que les Nations Unies organisent le retour des réfugiés.

Nombre des réfugiés résidant à Gihembe étaient de jeunes orphelins lorsqu'ils sont arrivés au camp. Ils fuyaient les milices congolaises ou les extrémistes Interahamwe rwandais, responsables d'une grande partie du génocide rwandais de 1994. C'est le cas de John Amini Kayihura.

« Je suis venu en 1996 de Mweso, dans le territoire Masisi [province du Nord-Kivu]. Comme nous parlons kinyarwanda, les gens ne peuvent pas nous distinguer des Rwandais, alors nous étions pourchassés en RDC et nous avons dû venir au Rwanda. Les Hutus qui ont perpétré le génocide de 1994 sont venus en RDC et ont commencé à tuer les Tutsis congolais.

« Mes parents ont été tués sur le trajet depuis la RDC. Je ne me rappelle plus grand-chose de ce qui s'est passé pendant le voyage vers le Rwanda.

« Je suis venu avec mon frère, mais il n'est plus là. Il est parti un jour en 2009 pendant que j'étais à l'école.

« Il n'est pas facile de trouver de l'argent pour vivre ou quoi que ce soit d'autre. Avant, nous recevions de l'aide du PAM [Programme alimentaire mondial], maintenant nous recevons de l'argent par téléphone mobile pour acheter à manger.

« L'école est gratuite jusqu'en troisième année du secondaire. Après il faut payer.

« J'enseigne à l'école secondaire et je gagne assez d'argent pour acheter des vêtements, mais ce n'est pas beaucoup.

« En tant qu'animateur d'un groupe de jeunes, je me concentre sur le sport et les loisirs pour oublier ma vie ici.

« Je ne suis jamais retourné en RDC. Je n'imagine pas un bon avenir pour moi. Quand vous voyez cette vie, il est impossible de se préparer pour un bon futur. Vous pouvez le faire quand vous avez des terres et des droits.

« Lorsque la paix sera rétablie en RDC, nous pourrions rentrer. Mais le gros problème, c'est que les Interahamwe sont toujours là et que nos terres ont été prises par d'autres personnes.

« L'idéologie d'autres tribus est aussi un problème de taille, c'est ce qui nous a conduits à venir au Rwanda. Si cette idéologie est toujours présente, il ne sera pas facile de rentrer. Mais nous sommes des Congolais.

« Lorsque nous sommes venus [de RDC] au Rwanda, ils nous ont attaqués et tués [au camp de réfugiés de] Mudende. Aucune suite n'a été donnée [à ces massacres de 1997].

« Beaucoup d'entre nous ont besoin d'un autre endroit où s'installer [en RDC] pour être en sécurité.

« Comme je suis parti quand j'étais jeune, je ne sais pas où se trouvent mes terres et je ne connais personne qui puisse me montrer. Il y a tant de gens qui ne savent pas exactement d'où ils viennent.

« Je n'ai aucun espoir d'être rapatrié. Ce serait bien mieux d'être transféré ailleurs. Je parle de réinstallation. Je préfère aller ailleurs qu'en RDC. Certains de mes amis y sont retournés, mais ils sont vite revenus ici à cause de l'insécurité. »

am/cb-ld/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Right now, we’re working with contributors on the ground in Ukraine and in neighbouring countries to tell the stories of people enduring and responding to a rapidly evolving humanitarian crisis.

We’re documenting the threats to humanitarian response in the country and providing a platform for those bearing the brunt of the invasion. Our goal is to bring you the truth at a time when disinformation is rampant. 

But while much of the world’s focus may be on Ukraine, we are continuing our reporting on myriad other humanitarian disasters – from Haiti to the Sahel to Afghanistan to Myanmar. We’ve been covering humanitarian crises for more than 25 years, and our journalism has always been free, accessible for all, and – most importantly – balanced. 

You can support our journalism from just $5 a month, and every contribution will go towards our mission. 

Support The New Humanitarian today.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join