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L’accord de paix fait renaître l’espoir à Mindanao

A young Muslim girl in the southern Philippines near a Muslim rebel camp in southern Maguindanao province. Negotiators from the Philippines and the Moro Islamic Liberation Front (MILF) have reached a deadlock in recent peace talks in Malaysia
A young Muslim girl in the southern Philippines (Jason Gutierrez/IRIN)

Après des décennies de rébellion dans l’île de Mindanao, située au sud de l’archipel, la signature d’un accord de paix entre le gouvernement philippin et les séparatistes musulmans ouvre la voie à la création d’une nouvelle région autonome, à un meilleur accès des travailleurs humanitaires aux zones de conflit, à la fin des déplacements et d’un cycle d’accords de paix qui ont échoué.

« Cela veut dire que les habitants vont bénéficier d’une stabilité de logement, qu’ils vont pouvoir penser à la construction de leurs communautés sans craindre de nouvelles évacuations », a dit à IRIN Corazon Soliman, secrétaire du Département des affaires sociales et du développement.

« La population et les travailleurs humanitaires présents sur le terrain peuvent désormais investir dans le développement à long terme ».

L’établissement d’ici à 2016 de la « nouvelle région autonome de Bangsamoro » a été annoncé par le président Benigno Aquino à Manille le 7 octobre, à l’issue de cinq jours de pourparlers de paix à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie. Cet accord devrait être officialisé le 15 octobre.

Selon M. Aquino, la nouvelle entité politique remplacera la région autonome existante : créée en 1996, cette dernière est considérée comme un échec par le président en raison des faits de corruption dans la gestion locale des millions de dollars alloués aux programmes de développement.

Cette rébellion, l’une des plus longues que la région ait connues, a fait quelque 150 000 victimes et plongé cette île riche en minéraux dans la pauvreté. Seuls 40 pour cent des enfants achèvent l’école primaire contre 75 pour cent des enfants au niveau national, et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est trois fois plus élevé que le taux national, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

« L’insécurité alimentaire et les autres besoins humanitaires risquent de persister à court terme », a dit le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) aux Philippines, Stephen Anderson, « mais l’accord de paix … donne un véritable espoir de paix et de développement durables aux habitants de Mindanao ».

Le gouvernement conservera les pouvoirs exclusifs en matière de défense et de sécurité, de politique étrangère et de politique monétaire, de citoyenneté et de naturalisation. M. Aquino a cependant indiqué que la région autonome était assurée de recevoir une « part juste et équitable des impôts et des recettes ».

Respect du cessez-le-feu par le MILF

Le Front moro islamique de libération (Moro Islamic Liberation Front, MILF), un groupe dissident du Front moro de libération nationale (Moro National Liberation Front, MNLF) qui a signé un accord de paix fondé sur une autonomie limitée par rapport à l’État en 1996, mène une rébellion séparatiste depuis 1978.

« Cet accord-cadre ouvre la voie à une paix finale et durable à Mindanao », a dit M. Aquino, ajoutant que le MILF, fort de 12 000 hommes, a abandonné toute velléité d’indépendance et opté pour l’autonomie.

Les négociations entre le MILF et le gouvernement, qui ont débuté en 2003, ont été marquées par des affrontements meurtriers au cours de ces dernières années. Les deux parties ont failli signer un pacte en 2008, mais l’accord de paix a été déclaré anticonstitutionnel par la Cour suprême. Suite à cette décision, les rebelles ont lancé des attaques de grande envergure qui ont fait quelque 400 victimes et entraîné le déplacement de quelque 750 000 personnes.

Après sa victoire aux élections de 2010, M. Aquino a relancé les négociations, mais celles-ci ont failli échouer à la fin de l’année 2011, lorsque les forces rebelles ont tué 19 soldats, ce qui a donné lieu à de lourdes représailles de la part du gouvernement et au déplacement de quelque 10 000 personnes.

Ghazali Jaafar, responsable des affaires politiques pour le MILF, a dit que, suite à la dernière annonce, les commandants rebelles recevront pour consigne de respecter le cessez-le-feu existant à la lettre. Il a ajouté qu’aucun combat n’avait été signalé cette année.

Les responsables de l’armée philippine ont indiqué espérer que l’annonce offrira un répit aux soldats « à bout de forces » afin qu’ils puissent concentrer leurs efforts sur la réhabilitation des zones de conflit.

aag/pt/cb-mg/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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