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Augmentation des violences sexuelles et sexistes dans les camps de déplacés d’Hargeisa

Fouzia Hassan, 50, an IDP at the stadium camp in Hargeisa, Somaliland
(Jane Some/IRIN)

Les cas de violences sexuelles et sexistes, ainsi que la violence domestique, se multiplient dans les camps de personnes déplacées internes (PDI) d’ Hargeisa, capitale de la République indépendante autoproclamée de Somaliland. Les travailleurs sociaux attribuent cette évolution aux difficultés économiques, exacerbées par la sécheresse qui a récemment frappé la région.

« Le nombre de déplacés a augmenté dans les derniers mois et beaucoup de familles viennent en ville pour échapper à la sécheresse. Dans certains cas, le manque de présence policière au sein des camps et l’éclairage inadéquat ont contribué à cette augmentation, » a dit à IRIN Shukri Osman Said, au camp Stadium, un des camps de déplacés d’Hargeisa. Mme Said est coordinatrice pour les questions de violences sexuelles et sexistes d’une organisation non gouvernementale (ONG) de réadaptation à base communautaire, CCBRS (Comprehensive Community-Based Rehabilitation Somaliland).
 
Le camp de PDI de Stadium, qui abrite un nombre de familles estimé à 5 000 (soit 30 000 personnes) est l’un des camps de PDI d’Hargeisa où des organisations humanitaires comme CCBRS mènent des programmes permanents destinés à combattre les violences sexuelles et sexistes parmi les communautés vulnérables.

Selon Mme Said, CCBRS gère ce programme dans les camps de PDI depuis 2006, avec l’aide financière de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR.

« CCBRS s’occupe en moyenne de 15 à 20 cas de violences sexuelles et sexistes par mois ; cependant, nous avons remarqué que les cas de violence domestique s’étaient multipliés de façon dramatique. Durant la seule année 2011, nous avons eu plus de 500 cas de violence conjugale, » a dit Mme Said à IRIN. « Notre programme de prévention a quelque peu aidé, car les cas de violences sexuelles et sexistes commencent à diminuer. Notre inquiétude concerne la montée de la violence conjugale, qui s’explique principalement par le fait que les hommes ont du mal à faire face aux difficultés économiques et finissent par se venger de leur frustration sur leurs femmes. »

Le programme de CCBRS, a t-elle indiqué, comporte une section qui cible les gens souffrant de handicaps physiques et fournit des équipements orthopédiques, comme des fauteuils roulants, à certains des PDI concernés. Des coordonnateurs pour les questions de violences sexuelles et sexistes de CCBRS se rendent aussi chez les gens pour des séances de physiothérapie, dispensent conseils et soutien psychosocial et réfèrent ceux qui ont besoin de soins spécialisés et/ou d’aide juridique aux institutions adéquates.
 
« La plupart des victimes de violences sexuelles et sexistes sont pauvres et ne peuvent se permettre de se faire soigner dans des hôpitaux privés ; certains ne peuvent même pas se permettre le transport vers l’hôpital public, alors nous les aidons en les référant au Centre de référence des victimes d’agressions sexuelles de l’hôpital principal d’Hargeisa, » a indiqué Mme Said à IRIN. «  Nous dirigeons également ceux qui ont besoin d’aide juridique vers les organisations qui aident les femmes à demander justice. »
 
Hawo Yusuf, membre du comité de gestion du camp de PDI de Stadium a fait remarquer que le comité soutenait les survivants d’agressions sexuelles et sexistes en les aidant à se faire accepter par la société. « Nous participons à la construction de refuges pour celles qui ont besoin d’un toit, en particulier les femmes qui se retrouvent enceintes. Nous aidons aussi en recherchant et [en arrêtant] les agresseurs, même si nos efforts sont réduits à néant quand ces personnes sont libérées sans même être accusées d’avoir commis un délit. »

Projets de subsistance
 
Selon le HCR en Somaliland, Hargeisa abrite environ 85 000 personnes déplacées qui ont fui leurs villages, principalement dans les régions du sud et du centre de la Somalie, pour des raisons diverses, notamment la sécheresse, le manque de possibilités de subsistance et l’augmentation des violences.

« Les PDI vivent souvent dans des conditions difficiles : plus souvent qu’à leur tour, ils n’ont qu’un accès limité aux services de base, telles que des soins médicaux corrects, un abri satisfaisant, de l’eau propre et des installations sanitaires, une sécurité suffisante ainsi que des opportunités d’emploi, » a indiqué l’Agence. « Le HCR embauche des PDI à Hargeisa pour divers projets comme l’éclairage solaire ou l’élevage, qui leur donneront les compétences nécessaires pour démarrer leur propre affaire ou garantir une vie meilleure à leur famille. »

CCBRS a mis en place un projet générateur de revenus, financé par le HCR, qui vise à l’autonomisation des femmes dans les camps de PDI. Commencé en 2008, ce projet à contribué à transformer la vie des PDI en leur fournissant de meilleurs moyens d’existence.

Fouzia Hassan, mère de huit enfants et l’une des bénéficiaires a expliqué à IRIN : « Tous mes enfants vont maintenant à l’école, grâce à la subvention de 600 dollars que j’ai reçue pour développer mon activité de boulangerie. Mon activité a pris de l’essor et aujourd’hui je fais entre 55 et 65 pains par jour ; c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé pouvoir faire, avant de démarrer ce projet. »

Mme Hassan dit qu’elle est désormais en mesure de mieux s’occuper de sa famille : « Je peux payer les soins médicaux, j’ai construit une latrine pour ma famille et installé une citerne d’eau. Cela a changé ma vie et celle de ma famille. »

js-ah/mw-og/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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