1. Accueil
  2. Asia
  3. Afghanistan

Khalil, « Les talibans m’ont vu arriver »

Teenager Khalil at Mirwais hospital in Kandahar after being hit by a bomb Bethany Matta/IRIN
Khalil at Mirwais hospital in Kandahar after being hit by a bomb
La province méridionale de Kandahar, en Afghanistan, est depuis longtemps le théâtre d’affrontements entre les insurgés et les forces gouvernementales ou internationales, et un nombre croissant d’enfants en sont les victimes. Originaire du district de Zhari, Khalil – qui n’a qu’un prénom et dit avoir « environ 15 ans » – a raconté à IRIN comment il avait perdu l’usage de sa jambe à cause de l’explosion d’une mine.

« Je suis originaire du village de Kholk, dans le district de Zhari. Il y a environ deux semaines, je suis allé rendre visite à ma sœur. Alors que je revenais de chez elle, j’ai vu, au loin, trois hommes qui plaçaient quelque chose au sol. Je ne savais pas qu’ils étaient en train de poser une mine. Quand je suis arrivé à l’endroit où ils étaient, j’ai trébuché sur un fil. J’ai fait trois pas et la mine a explosé. Voici [il pointe sa jambe, gravement blessée] ce qui est arrivé. Je pense que les hommes qui ont posé la mine se cachaient non loin de là ».

« Après un certain temps, on m’a conduit à l’hôpital de la FIAS [Force internationale d’assistance à la sécurité de l’OTAN], mais le personnel n’a pas pu faire grand-chose. On m’a donc emmené à l’aéroport de Kandahar pour une nuit avant de me transférer ici [à l’hôpital Mirwais, à Kandahar]. Je suis ici depuis 10 à 13 jours ».

« Ce genre de choses se produit souvent dans mon district. Il n’est pas rare que des gens perdent l’usage d’une main, d’une jambe, d’un œil ou d’une oreille. Je connais d’autres enfants et des adultes qui ont été gravement blessés ou même tués ».

« J’en veux aux talibans, car ils m’ont vu me diriger vers la mine et ils n’ont rien fait pour m’avertir. Ils posent beaucoup de mines dans la région. Ils en ont déjà mis une devant notre maison ».

« Je ne comprends pas pourquoi on nous opprime en permanence. Je ne peux même pas aller à l’école. Ils ont fermé notre école et le gouvernement l’utilise maintenant comme poste de contrôle. J’étudie seulement dans une mosquée. Je voulais réussir dans la vie, mais je ne crois pas que ce soit encore possible maintenant. »

« Ma jambe blessée me fait mal. Des centaines de personnes ont été victimes de mines comme moi. Je suis content d’être encore en vie. Le médecin m’a dit qu’ils me fabriqueraient une jambe [artificielle]. Je ne sais pas comment je vais pouvoir vivre avec une seule jambe ».

bm/mp/cb-gd/amz

Partager cet article

Hundreds of thousands of readers trust The New Humanitarian each month for quality journalism that contributes to more effective, accountable, and inclusive ways to improve the lives of people affected by crises.

Our award-winning stories inform policymakers and humanitarians, demand accountability and transparency from those meant to help people in need, and provide a platform for conversation and discussion with and among affected and marginalised people.

We’re able to continue doing this thanks to the support of our donors and readers like you who believe in the power of independent journalism. These contributions help keep our journalism free and accessible to all.

Show your support as we build the future of news media by becoming a member of The New Humanitarian. 

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join