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L'interdiction imposée par Al-Shabab à des organisations humanitaires menace l'aide

Members of the militant Al-shabab in southern Somalia
(Hassan Mahamud Ahmed/IRIN)

En Somalie, où sévit encore une crise alimentaire majeure et, dans certaines régions, une véritable famine, le principal groupe d’insurgés islamistes a interdit à 16 organisations d’aide humanitaire, et notamment à plusieurs agences des Nations Unies, d’exercer dans les régions qu’il contrôle, les accusant « d’inconduite et d’activités illégales ».



Parmi les agences des Nations Unies qui ont été bannies, on compte notamment le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS). Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), Concern, Norwegian Church Aid (NCA) et Cooperazione Internazionale (COOPI) figurent sur la liste des organisations non gouvernementales (ONG) interdites par Al-Shabab.



Jaya Murthy, porte-parole de l’UNICEF, a dit à IRIN que des hommes étaient venus au bureau de Baidao, à 240 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Mogadiscio, et avaient ordonné au personnel de s’en aller en déclarant que le bureau n’appartenait plus désormais à l’UNICEF.



« Notre personnel est en sécurité et nous évaluons actuellement l’impact de la fermeture [du bureau] sur nos activités humanitaires dans le sud de la Somalie », a dit M. Murthy.



La fermeture permanente dont sont menacées les [branches locales des] organisations pourrait entraîner la mort de milliers de personnes vulnérables, a dit un membre de la société civile à Mogadiscio. « C’est une très mauvaise nouvelle pour les dizaines de milliers de personnes qui en dépendent ».



Il a ajouté qu’on ignorait ce qui avait poussé les insurgés à prendre cette décision, mais qu’il était possible qu’« ils voient des ennemis partout à cause de la pression militaire à laquelle ils ont été soumis ces derniers temps ».



Le 16 octobre dernier, le Kenya a utilisé ses forces terrestres, aériennes et navales pour lancer une incursion militaire en Somalie. L’objectif de l’intervention est de neutraliser Al-Shabab, qui, selon Nairobi, menace sa sécurité et son économie.



M. Murthy a dit : « L’UNICEF est extrêmement préoccupé par les conséquences que pourrait avoir la cessation de ses activités, et notamment de l’alimentation de 160 000 enfants souffrant de malnutrition sévère. L’interruption [de nos activités] pourrait entraîner la mort de ces enfants ».



Il a par ailleurs ajouté que l’agence n’avait reçu aucun message écrit de la part de la milice islamiste.



Dans un communiqué rendu public le 28 novembre, Al-Shabab a accusé les organisations de « financer, d’aider et d’accorder son soutien à des groupes subversifs qui tentent de détruire les fondements du système pénal islamique » et de « monter en permanence la population locale contre l’établissement du système islamique de la charia ».



Selon la milice islamiste, les organisations d’aide humanitaire manquent de « distance politique et de neutralité par rapport aux parties en conflit en Somalie et leur présence intensifie l’instabilité et l’insécurité qui règnent dans l’ensemble du pays ».



Les organisations ont en outre été accusées de détournements de fonds, de corruption et de versements de pots-de-vin.



« De mal en pis »



Selon la source de la société civile avec qui IRIN s’est entretenu, si l’interdiction se maintient, « la situation humanitaire dans le pays pourrait aller de mal en pis. J’espère seulement que c’est temporaire ».



Dans le sud de la Somalie, les régions de Bay, de Bakool et de Basse Shabelle, qui étaient en état d’« urgence humanitaire » ont récemment été classées en état de « famine/catastrophe humanitaire » par les Nations Unies.



Selon les Nations Unies, les besoins humanitaires persistent et 250 000 Somaliens sur les 750 000 précédents « risquent toujours de mourir de faim ».



Voici la liste complète des organisations bannies par Al-Shabab : Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Organisation mondiale de la santé (OMS), Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSNAU), Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Conseil danois pour les réfugiés (DRC), Concern, Norwegian Church Aid (NCA), Cooperazione Internazionale (COOPI), Swedish African Welfare Alliance (SAWA), Agence allemande de coopération technique (GTZ), Action Contre la Faim (ACF), Solidarity et Saacid.



ah/am/mw-gd/amz



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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