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Haïti est elle capable de rebâtir un système alimentaire brisé par les catastrophes naturelles et des années d'injustice et de négligence ?

« Tu regardes ta famille essayer de travailler une terre qui ne lui rapportera presque rien. »

(Alexandra Antoine/TNH)
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La faim était une sensation familière dans la jeunesse d'Angeline Annesteus. Fille de paysans à Bercy, au sud de l'île d'Haïti, elle se souvient de l'époque où elle passait des journées sans avoir de quoi manger.

 

C'était il y a plus de 30 ans. Aujourd'hui, l'insécurité alimentaire est encore plus alarmante. On estime qu'autour de 4,3 millions de personnes, c'est-à-dire plus d'un Haïtien sur trois, ont urgemment besoin d'une assistance alimentaire. Cette situation s'aggrave de jour en jour à cause de plusieurs années d'instabilité politique, de catastrophes naturelles, de négligence de l’État et de politiques commerciales qui nuisent à la production agricole.

 

« Les conditions socio-économiques ne se sont pas améliorées, au contraire », note Angeline Annesteus, aujourd'hui directrice nationale d'ActionAid, une ONG internationale qui enseigne aux femmes haïtiennes à cultiver, récolter et vendre des aliments, à acheter des terrains et à atténuer les effets du changement climatique.

 

L'une des principales régions productrices de denrées alimentaires en Haïti, la péninsule du Tiburon au sud, où Angeline a grandi, a été frappée par une série de catastrophes récentes. Il y a d'abord eu l'ouragan Matthew en octobre 2016, qui a occasionné plus de 500 millions de dollars de dégâts au secteur agricole haïtien. Ensuite, le 14 Août 2021, un tremblement  de terre d'une magnitude de 7,2 a tué 2200 personnes, fait plus de 12 000 blessés et endommagé des routes, des infrastructures importantes et plusieurs maisons privées. Ce séisme fut suivi deux jours plus tard par la tempête tropicale Grace. Plus récemment, un tremblement de terre d'une plus faible magnitude a frappé la même région le 26 janvier, tuant deux personnes et endommageant 200 maisons.

 

En plus de l'anéantissement des cultures et des dégâts causés aux systèmes d'irrigation, les tremblements de terre et les tempêtes détruisent les marchés, ainsi que les installations de stockage et de transformation des aliments. Le secteur agricole peine à encaisser ces coups, surtout que la grande majorité de la production de maïs provient du sud verdoyant.

Les difficultés sont aggravées par la violence des bandes criminelles, qui s'est intensifiée dans et autour de la capitale, Port-au-Prince, depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en juillet, et par l'hyperinflation, qui empêche une grande partie de la population d’acquérir les produits les plus élémentaires. En effet, le pays des Caraïbes a récemment été classé parmi les dix pires crises alimentaires du monde.

 

Selon les experts, la sécurité devra être améliorée pour satisfaire les besoins alimentaires immédiats d'Haïti : les risques d'enlèvement et de violence ont perturbé certaines opérations d'aide. Mais selon plus d'une douzaine d'analystes, d'économistes, de travailleurs humanitaires et d'agriculteurs interrogés par The New Humanitarian pour cet article, réparer le système alimentaire défaillant d'Haïti sur le long terme nécessitera non seulement une meilleure gouvernance, mais aussi des politiques qui ne nuisent pas à la production alimentaire locale, ainsi qu'un soutien constant des donateurs.

 

« La communauté des donateurs et tous ces acteurs de l'aide humanitaire et du développement ont un rôle énorme à jouer [pour lutter contre la faim en Haïti] », a déclaré à The New Humanitarian Melinda Miles, qui a cofondé Haiti Response Coalition au lendemain du tremblement de terre de 2010 ayant tué entre 100 000 et 300 000 Haïtiens. « Ils doivent financer les solutions haïtiennes et celles-ci devront être adaptées au climat, comme l'est l'agriculture traditionnelle. »

 

Les agriculteurs haïtiens ont toujours planté une variété de cultures qui leur permettaient de subvenir à leurs besoins en cas d'échec de l'une d'entre elles, mais cette philosophie a été complètement remise en cause durant l'occupation américaine au début du XXe siècle, lorsque l'accent a été mis sur le financement de grandes plantations de maïs, de sucre et d'autres cultures, explique Melinda Miles.

 

Même lorsque la récolte est bonne (la production nationale de denrées de base est en baisse depuis 2018 en raison des troubles sociaux, du manque d'investissements et des changements liés au climat), il est difficile d’acheminer les produits vers les clients. « Les gangs contrôlent toutes les routes principales reliant Port-au-Prince à la campagne et [les petits agriculteurs] ne peuvent pas accéder aux marchés pour vendre leurs produits », explique Angeline Annesteus, qui a perdu son cousin de 12 ans dans le séisme du mois d'août.

« Ils doivent financer les solutions haïtiennes et celles-ci devront être adaptées au climat, comme l'est l'agriculture traditionnelle. »

Une stratégie nationale pour la souveraineté alimentaire, la sécurité et la nutrition a été élaborée et approuvée l'année dernière par le gouvernement Moïse, mais compte tenu de l'instabilité du pays, on ne sait pas quand (ou même si) la nouvelle politique sera appliquée.

 

Pendant ce temps, les prix des denrées alimentaires continuent de grimper.

 

Dans la capitale, le prix d'un sac de riz d'environ 2,7 kilogrammes a doublé ces dernières années pour atteindre 500 gourdes (5 dollars), tandis que le prix d'un paquet de pâtes a presque doublé pour atteindre 55 gourdes, détaille Adeline Chéry, une femme de 56 ans qui travaille comme cuisinière dans une maison privée.

 

La situation est pire dans le sud de la péninsule, qui a été le plus touché par le tremblement de terre du mois d'août. À Jérémie, à près de 200 kilomètres à l'ouest de Port-au-Prince, un sac de riz de 12,5 kilogrammes coûte 3 600 gourdes (35 dollars), explique Roselène Milfor, 36 ans, coiffeuse. « Même quand j'arrive à gagner 500 gourdes (5 dollars), cette somme s'envole presque tout de suite », a-t-elle déclaré par téléphone à The New Humanitarian.

 

Lorsqu'il n'y a pas de nourriture, certains Haïtiens consomment des galettes de terre : des disques faits de boue, de sel et de graisse végétale qui contiennent des traces de matière grasse et de minéraux. Ces gâteaux, également appelés “galettes”, sont parfois donnés aux femmes enceintes et aux enfants pour combattre l'indigestion.

Les racines coloniales du problème

Lorsqu’Haïti devint la première République noire du monde en 1804, elle dut payer un lourd tribut. La France lui imposa de lourdes indemnités pour payer les biens – et les esclaves – qu'elle avait perdus.

 

Cette dette, d'une valeur d'environ 21 milliards de dollars aujourd'hui, a fait peser sur le pays de lourdes charges. Cet argent aurait pu être consacré à la construction de routes, de systèmes d'irrigation et d'autres projets d'infrastructure qui auraient soutenu le secteur agricole à long terme. Il a fallu à Haïti plus d'un siècle pour rembourser sa dette.

 

Grâce à une variété de cultures de base, la nation caribéenne était largement autosuffisante sur le plan alimentaire jusqu'au milieu des années 1980. Puis, sous la pression des États-Unis et des organisations internationales, elle a accepté de libéraliser le commerce et de réduire les droits de douane à l'importation de 50 à 3 %, contre 38 % en moyenne dans la région. Cette mesure a ouvert les portes au riz hautement subventionné des agriculteurs américains, sans qu'aucune politique d'accompagnement ne vienne protéger les producteurs alimentaires locaux, incapables de concurrencer ces importations à bas prix.

 

« Ces décisions mettent les agriculteurs haïtiens sur la paille », explique Angeline Annesteus, qui est née en 1983 et a été témoin des effets de ces politiques sur ses parents. « Tu regardes ta famille essayer de travailler une terre qui ne lui rapportera presque rien. »

« Les gangs contrôlent toutes les routes principales reliant Port-au-Prince à la campagne et [les petits agriculteurs] ne peuvent pas accéder aux marchés pour vendre leurs produits »

La libéralisation du commerce a également décimé l'industrie traditionnelle de la volaille haïtienne, remplaçant les poulets locaux élevés en liberté qui mettaient quatre mois à atteindre leur maturité par des poulets américains pouvant atteindre leur maturité en un mois environ grâce aux pratiques d'élevage industriel.

 

Autrefois appelée la "perle des Antilles" par les colons français et connue pour exporter régulièrement du sucre, du café et des oranges amères pour parfumer le Grand Marnier, Haïti dépend aujourd'hui largement des importations alimentaires.

 

Aujourd'hui, 80 % du riz, toute l'huile de cuisson et près de la moitié de la nourriture consommée en Haïti sont importés, selon l'organisme de surveillance de la famine FEWS NET, financé par les États-Unis.

 

En mars 2010, deux mois après le tremblement de terre catastrophique, Bill Clinton, qui était président des États-Unis lorsque certains des accords de libéralisation du commerce sont entrés en vigueur, s'est excusé d'avoir défendu des politiques qui ont nui au secteur agricole du pays.

Lire la suite : L'alimentation importée et les problèmes de santé en Haïti

L'évolution, la détérioration et la manipulation de la production alimentaire haïtienne ont également modifié les habitudes alimentaires de nombreux Haïtiens. Le riz a remplacé d'autres aliments au cours des trois dernières décennies et on a assisté à une augmentation des importations d'aliments transformés.

 

Selon Action contre la faim, les importations de riz sont passées de 7 000 tonnes en 1985 à 400 000 tonnes en 2017. Les Haïtiens ont toujours mangé du riz, mais cette augmentation signifie que le riz constitue désormais l'essentiel de leur régime alimentaire, ce qui a des conséquences sur leur santé.

 

« Les régimes alimentaires pauvres, principalement à base de céréales [...] créent le problème de la faim cachée et des carences en nutriments », a expliqué Lora Iannotti, doyenne associée pour la santé publique à l'université Washington de Saint-Louis, qui a récemment entamé une étude nutritionnelle de trois ans dans le nord d'Haïti.

 

Selon les derniers chiffres des Nations unies, un enfant haïtien de moins de 5 ans sur cinq souffre d'un retard de croissance dû à la malnutrition, qui affecte la croissance physique et cognitive, et près de la moitié des femmes en âge de procréer sont anémiques. En même temps, davantage d'Haïtiens deviennent obèses : 22,7 % en 2016, contre 19,4 % en 2012.

 

Tout cela peut contrecarrer les efforts visant à réduire la faim et la malnutrition, en particulier chez les enfants, a déclaré Lenka Blanarova, coordinatrice principale de l'évaluation nutritionnelle pour Action contre la faim Royaume-Uni.

Pourtant, même avant le tremblement de terre de 2010, les agriculteurs n'avaient « aucun soutien financier, aucune technologie, aucune éducation », a déclaré à The New Humanitarian Fritz Alphonse Jean, président de l'Institut haïtien d’observatoire de politiques publiques (INHOPP) et ancien gouverneur de la Banque de la République Haïtienne (BRH). « Si vous regardez le crédit alloué au secteur agricole aujourd'hui, il est inférieur à 2 %. Ce secteur a été complètement négligé tout au long de l'histoire économique haïtienne. »

 

La dynamique de l'aide internationale a également compliqué la situation. Des agences telles que le Programme alimentaire mondial (PAM) fournissent une aide cruciale aux personnes en situation de crise. Bien que le PAM affirme avoir commencé à acheter davantage de nourriture auprès des producteurs locaux, la majorité est toujours achetée à l'extérieur d'Haïti car la production locale ne peut pas satisfaire les besoins.

 

En octobre 2010, Oxfam International a publié un rapport critiquant la façon dont l'aide alimentaire étrangère continuait de saper l'agriculture locale et appelant les donateurs à contribuer plutôt au développement du secteur. Pourtant, les choses semblent avoir très peu changé plus de dix ans plus tard.

 

Il était « vraiment frustrant de voir que beaucoup d’aliments étaient acheminés dans le sud » après le tremblement de terre d'août, a déclaré Miles de la Haiti Response Coalition. « Nous avions des personnes pour organiser et mobiliser sur le terrain qui vivaient au sein de la population et disaient : "Écoutez, vous pouvez acheter de la nourriture sur le marché. Vous n'avez pas besoin d'envoyer de la nourriture à un endroit où on en trouve sur le marché". »

Une vulnérabilité croissante

Le changement climatique accélère la nécessité de réformer de toute urgence le système de production alimentaire d'Haïti, alors même que les pénuries s'aggravent en raison de l'insécurité croissante.

 

Haïti se trouve au milieu de la "ceinture des ouragans". L’île se trouve également dans une zone d'activité sismique, ce qui la rend encore plus vulnérable aux catastrophes naturelles.

 

La déforestation a amplifié cette vulnérabilité : les déboisements, commencés il y a des siècles pour faire place aux plantations de sucre coloniales, ont paralysé la production agricole et augmenté les risques d'inondations et de glissements de terrain.

 

Le changement climatique devrait également entraîner des sécheresses, des inondations et des tempêtes encore plus fréquentes et plus intenses. Et avec chaque tempête vient la salinisation des nappes phréatiques côtières. Si le secteur agricole haïtien ne dispose pas des outils adéquats, avec 60 % des Haïtiens vivant en milieu rural qui dépendent de ce secteur pour leur emploi et leurs revenus, les rendements des récoltes risquent d'être plus faibles et la faim et la malnutrition pourraient empirer.

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A woman prepares a mud cake made of dirt, salt, vegetable shortening, and water. The cakes are used in traditional healing and to stave off hunger.
Jess Obert/TNH
Une femme prépare une galette de boue composée de terre, de sel, de graisse végétale et d’eau. Les galettes sont utilisées dans les soins curatifs traditionnels et pour lutter contre la faim.

Dans l'Indice mondial des risques climatiques de l'année dernière, Haïti était l'un des pays les plus vulnérables aux pertes liées au climat entre 2000 et 2019, tant en termes de vies que d'économie.

 

Bazelais Dulience, doyen du campus Henry Christophe de l'université d'État d'Haïti, situé dans la ville de Limonade, dans le nord du pays, est particulièrement inquiet du manque d'irrigation en Haïti.

 

« À l'avenir [...] nous devrons acheter davantage de nourriture à l'étranger avec le peu d'argent que nous avons, ce qui entraînera une plus grande pauvreté, déclenchant un cercle vicieux », a-t-il déclaré à The New Humanitarian.

 

Mais pour Marie Bellange Alfred, une agricultrice de 63 ans victime à la fois du tremblement de terre du mois d'août et des pluies irrégulières dans la ville de Camp-Perrin, dans le sud du pays, le futur est déjà là.

 

Elle dépend actuellement de l'assistance alimentaire fournie par les agences d'aide et les organisations humanitaires. 

 

« Il n'a pas plu et nous n’avons pas pu semer, a-t-elle expliqué à The New Humanitarian. De plus, nous n'avons pas d'irrigation... Notre seul espoir est la pluie. »

 

Selon la Banque mondiale, moins de 5 % des agriculteurs haïtiens disposaient de systèmes d'irrigation en 2013. Peu de choses ont changé depuis.

Graines d’espoir

Le Premier ministre Ariel Henry a promis des élections cette année, mais aucune date n’a encore été fixée.

 

Une coalition de parlementaires haïtiens et de groupes de la société civile a proposé qu'un gouvernement de transition de deux ans soit mis en place pour assurer une certaine stabilité. Au lieu de cela, M. Henry souhaite mettre en place un conseil électoral provisoire afin que des élections puissent être organisées. Lundi, M. Jean, l'ancien gouverneur de la banque centrale, a été choisi par l'opposition comme président intérimaire d'Haïti, une décision non reconnue par M. Henry, officiellement président par intérim.

 

José Luis Fernandez, directeur national de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en Haïti, a déclaré que la nouvelle stratégie alimentaire convenue l'année dernière pourrait modifier les politiques d'importation préjudiciables du pays et apporter un soutien accru à la production locale.

 

Elle pourrait également contribuer dans une large mesure à briser la mainmise des élites puissantes sur le marché alimentaire, selon M. Fernandez. Une étude de la Banque mondiale de 2016 a révélé que deux entreprises seulement dominaient le marché haïtien de l'huile de palme, ainsi que d'autres huiles végétales et animales.

 

Quatorze entreprises locales ont créé une Alliance des systèmes alimentaires locaux d'Haïti pour améliorer la productivité et les revenus de dizaines de milliers d'agriculteurs. Acceso, une entreprise sociale travaillant en Haïti, en Colombie et au Salvador, est l'un des membres.

 

Après le tremblement de terre du mois d'août 2021, Acceso s'est procuré et a fourni des fruits, des légumes et des céréales locaux aux personnes touchées par la catastrophe. Elle s'efforce également de produire davantage de kits alimentaires d'origine locale pour les communautés touchées.

 

« L'un des problèmes [avec le soutien des donateurs à l'agriculture haïtienne] est qu'il existe peu de solutions dans lesquelles investir ou que l'on peut financer de manière philanthropique et que le travail difficile de mise en place de nouvelles chaînes d'approvisionnement alimentaire doit encore être fait, » a déclaré James Jenkin, PDG d'Acceso, à The New Humanitarian.

 

Paolo Silveri, directeur national du Fonds international de développement agricole (FIDA), qui aide les agriculteurs du sud d'Haïti à mettre au point des solutions intelligentes sur le plan climatique, a déclaré que les cinq ingrédients clés pour que le pays se redresse étaient : la sécurité, la stabilité, les investissements, le renforcement des capacités existantes et les emplois.

 

« Tout cela crée et multiplie les chances raisonnables pour la plupart des gens de gagner décemment leur vie chez eux. L'émigration des jeunes Haïtiens est une blessure qui continue de saigner et qui renvoie le pays à ses conditions désastreuses actuelles. »

 

Plus de 1,7 million d'Haïtiens ont émigré à l'étranger depuis le tremblement de terre de 2010. Des milliers d'entre eux sont également partis ces dernières années en raison de l'escalade de la violence.

 

Malgré les défis évidents, Angeline Annesteus reste optimiste quant à l'avenir d'Haïti. Elle prend comme preuve l'expérience de sa propre famille.

 

Ironiquement, ses parents l'ont envoyée à l'école pour qu'elle n'ait pas à devenir agricultrice. Des bourses d'études l'ont conduite au Venezuela et aux États-Unis pour y étudier, mais elle est revenue en Haïti pour aider.

 

Bien que la propriété foncière demeure un obstacle, ses parents ont continué de cultiver la terre et maintenant, après des années d'économies, ils possèdent enfin un petit terrain.

 

La petite sœur d'Angeline a participé l'année dernière à la construction du premier centre de santé communautaire de Bercy, l'un des rares à fournir les premiers soins aux victimes du tremblement de terre du mois d'août.

 

L'un de ses frères, quant à lui, a fait des études de droit, mais a depuis commencé des études d'agronomie.

 

« L'espoir est que des personnes comme moi, ma sœur, et beaucoup d'autres qui ont connu des difficultés en grandissant se rassemblent pour soutenir la communauté, a déclaré Angeline. Et je suis optimiste... »

 

Sarah Jean et Evens Mary en direct de Port-au-Prince, Haïti.

Thin Lei Win depuis Rome, Italie.

Illustrations par Alexandra Antoine à Chicago, États-Unis.

Édité par Paisley Dodds à Londres, Royaume-Uni.

 

Note de l'illustratrice : J'apprécie le dialogue approfondi qui a lieu dans l'article sur certaines des causes de la situation alimentaire actuelle en Haïti, car trop souvent la conversation commence par un examen de son état actuel sans contexte. En tant qu'Américaine d'origine Haïtienne très intéressée par les systèmes alimentaires et l'agriculture, il est très utile de savoir et de comprendre comment les problèmes politiques et systémiques se répercutent sur nos systèmes alimentaires, tout en puisant notre inspiration et notre motivation dans ces conversations et dans les organisations qui travaillent sur l'agriculture et l'insécurité alimentaire en Haïti.

This article is also available in Haitian Creole.

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