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Le Croissant-Rouge cherche plus de financements, mais pas à n’importe quel prix

Afghanistan Red Crescent medical camp in Cheshma-e-Shafa, northern Afghanistan
Le camp médical de la société du Croissant-Rouge afghan (ARCS) à Cheshma-e-Shafa, dans le nord de l’Afghanistan (Ali Hakim/IFRC)

La société du Croissant-Rouge afghan (ARCS) désire toujours d’obtenir plus de financements mais elle est peu disposée à les accepter de certains donateurs importants, par crainte de voir son impartialité remise en cause.



« Nous n’acceptons pas les fonds de donateurs tels que USAID [l’Agence américaine pour le développent international] parce qu’avec leur argent nous ne pourrions pas soigner un Taliban blessé ou l’enfant malade d’un Taliban», a dit à IRIN Fatima Gailani, directrice de l’ARCS.



De son côté, l’USAID a dit que «dans le cadre de l’effort du gouvernement américain », elle soutient le gouvernement afghan en fournissant des services et la sécurité pour ses citoyens. « Un développement à long terme se conduit mieux dans des conditions de stabilité et ainsi l’USAID travaille comme un partenaire de la stratégie de contre-insurrection conjointe du gouvernement américain–afghan pour mettre en œuvre des programmes qui améliorent les vies à travers le pays », selon la stratégie de l’agence en Afghanistan.



L’ARCS, avec ses 40 000 volontaires et ses 1 500 employés, a accès à plus de 90 pour cent du pays, et elle est en mesure de sauver des vies et de fournir de l’aide dans des zones qui ne sont pas accessibles aux Nations Unies et aux agences d’aides étrangères, selon Mme Gailani, ajoutant que son organisation avait aidé « des millions » en 2010.



L’ARCS tire la majeure partie de son revenu annuel de 11 millions de dollars d’une taxe de deux pour cent prélevée sur certaines importations, d’une loterie, de locations de biens immobiliers et de dons d’individuels.



De plus, elle a reçu environ huit millions de dollars du Comité international de la Croix Rouge (CICR) en 2010 et environ trois millions et demi de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) – pour des projets spécifiques.



Le CICR collabore avec l’ARCS. Par exemple, l’ARCS effectue des évaluations et le CICR distribue de l’aide par le biais de volontaires de l’ARCS dans des endroits comme Helmand.



Le budget total du CICR pour l’Afghanistan est de 80 millions de dollars par an et il gère de nombreux programmes de manière autonome, comme l’hôpital de Mirwais dans la province de Kandahar où des centaines de personnes blessées à cause du conflit sont soignées chaque mois.



L’ARCS ne demande aucun financement par le biais de la Procédure d’appel global (CAP), coordonnée par le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, à cause « de soucis liées à l’impartialité », a dit Mme Gailani.



Cependant, cela ne signifie pas que l’ARCS ne puisse pas demander un financement séparé : un appel conjoint CICR-ARCS en 2010 pour sept millions de francs suisses (7,5 millions de dollars) a été totalement financé par des donateurs tels que la Suède, la Norvège, le Danemark, le Canada, le Japon et l’Australie. Par contre, le CAP 2010 n’a été financé qu’à hauteur de 67 pour cent, même s’il représentait une somme d’argent bien plus élevée.



« Institution nationale »



« L’ARCS est une institution nationale et elle sera présente pour servir les générations à venir », a dit Mme Gailani, notant cependant que la capacité institutionnelle de l’ARCS était restée faible malgré un renforcement des capacités étendu et d’un processus d’« Afghanisation ».

Selon Mme Gailani, un paradoxe réside dans le fait que les agences d’aide étrangères « avec des budgets importants » ont un accès très limité à des points chauds d’urgence dans des zones risquées, alors que l’ARCS, avec un accès étendu, a un budget modeste.



Des restrictions à l’accès aboutissent souvent à ce qu’on appelle des « projets contrôlés à distance » qui entraînent de plus grands risques de mauvaise gestion et d’abus, selon des experts.



Bien que l’ARCS dise qu’elle a un meilleur accès que la plupart des autres agences d’aide, elle s’est également retrouvée, avec l’intensification des conflits, dans la ligne de feu : « Nous avons perdu 12 volontaires lors de tirs croisés en 2010, mais nous croyons que nous ne sommes pas directement et intentionnellement visés par les parties en guerre », a dit Mme Gailani, ajoutant que l’ARCS restait neutre sur les sujets politiques. « Si aujourd’hui nous parlons de politique, demain mes employés et mes volontaires ne pourront plus travailler ».



ad/cb –sk/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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