« Les joueurs qui vont participer au championnat n’ont jamais connu la Somalie unifiée ; c’est une occasion pour eux de faire quelque chose ensemble, » a dit Abdirashid Hassan Baki, le président adjoint de la Fédération de football de Somalie (SFF). « Nous espérons que le championnat encouragera aussi la paix et la réconciliation dans notre pays. »
La Somalie est aux prises avec un conflit qui dure depuis 1990. Plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées et 600 000 se sont réfugiées dans les pays voisins. Les Nations Unies estiment que plus de deux millions de Somaliens ont besoin d’assistance humanitaire.
« Le fait même que ce soit la première fois depuis 1987 que nous organisions ce championnat de football est déjà un exploit en soi. Pour moi, c’est un miracle et un début de paix et de réconciliation. C’est le sport dans ce qu’il a de meilleur. Cela me rappelle le « ping-pong » entre La Chine et les Etats-Unis [quand ces deux pays ont entrepris un rapprochement sous Richard Nixon]. »
Au moins 290 jeunes joueurs de football somaliens vont prendre part à ce championnat de 20 jours qui s’est ouvert le 15 décembre à Garowe, la capitale de la région autonome du Puntland. L’organisation est assurée conjointement par le Puntland, au nord-est de la Somalie et la SFF, pour les jeunes Somaliens issus de 15 régions sur les 18 régions de la Somalie.
Au fil des années, la Somalie s’est divisée en trois zones distinctes : Ce qui était la région nord de la Somalie est maintenant la république auto-déclarée du Somaliland et les régions du nord-est sont devenues les régions autonomes du Puntland ; les régions sud et centre sont sous le contrôle du Gouvernement Fédéral de transition (TFG) et de vastes zones y sont sous la domination des groupes islamistes Al-Shabab et Hisbul Islam.
| « C’est la première fois pour la majorité d’entre nous que nous prenions part à quelque chose qui rapprochait les Somaliens. Nous avions tous le sentiment d’être de vrais Somaliens. Pas de clans ni de régions » |
Une ouverture empreinte d’émotion
Abdisamad Sheikh Hamud, un joueur représentant la région de Nugal au Puntland, a dit à IRIN que la cérémonie d’ouverture avait profondément remué beaucoup de joueurs.
« Beaucoup de gens pleuraient, surtout les plus âgés qui se souvenaient de la Somalie [unifiée], » a dit M. Hamud. « C’est la première fois pour la majorité d’entre nous que nous prenions part à quelque chose qui rapprochait les Somaliens. Nous avions tous le sentiment d’être de vrais Somaliens. Pas de clans ni de régions. »
M. Hamud a dit que le championnat était une opportunité « de rencontrer des jeunes comme nous qui venaient de toute la Somalie et que nous n’aurions probablement jamais rencontrés autrement. J’espère pouvoir me faire des amis pour la vie. »
Selon Ahmed Egal Awale, ministre adjoint des Sports, la plupart des participants au championnat sont nés après l’effondrement de l’Etat somalien en 1991. « C’est leur première expérience d’un événement entièrement somalien. Aujourd’hui à Garowe, on va voir des jeunes de Mogadiscio ou de Baidao, aussi bien que de Nugal ou de Sool. Je ne pense pas qu’ils aient jamais imaginé avoir une telle opportunité.
Je suis convaincu que ceci va contribuer à la paix et à la réconciliation dans notre pays. Cela nous rapproche. C’est un sentiment extraordinaire. »
M. Baki de la SFF a dit que c’était la première fois que beaucoup des jeunes de la région sud-centre de la Somalie jouaient au football sans craindre les explosifs ou les balles : “une nouveauté pour beaucoup”. »
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