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Pas encore tirés d’affaire

An ethnic Uzbek woman cries as she rides a bus leaving Osh, Kyrgyzstan, the epicentre of the violence that erupted between Kyrgyz and Uzbeks on 10 June
(UN Photo/AFP)

À la suite d’affrontements entre Ouzbeks et Kirghizes dans le sud du Kirghizistan en juin dernier et en prévision de la fin de la période de deuil, qui s’est terminée le 20-21 juillet, les forces de sécurité ont pris des mesures pour prévenir de nouveaux troubles.



Des routes ont été bloquées à l’intérieur et à l’extérieur de la ville d’Osh, où des foules ont violemment attaqué des membres de la minorité ethnique ouzbek le 10 juin dernier. D’après des responsables kirghizes, ces barrages ont été mis en place afin d’empêcher l’entrée de « fauteurs de troubles ».



De nombreux témoignages font cependant état d’abus de pouvoir de la part des forces de l’ordre ainsi que de manœuvres d’intimidation et de détentions arbitraires de membres de la communauté ouzbek.



Le 20 juillet, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a dit que des centaines d’Ouzbeks avaient été emprisonnés à cause de leur origine ethnique et que les autorités locales « fermaient régulièrement les yeux » sur ce genre d’abus.



Le ministère de la Santé a déclaré, le 20 juillet, que les violences du mois dernier avaient fait 335 morts. Le vice-Premier ministre kirghize, Azimbek Beknazarov, a cependant dit aux médias, le 12 juillet dernier, qu’au moins 893 personnes avaient été tuées. Il a ajouté que le nombre de morts était probablement plus élevé parce que les parents de nombreuses victimes ont enterré leurs proches sans signaler leur décès.



Selon le ministère de la Santé, 1 080 personnes ont été hospitalisées (792 à Osh et 289 à Jalal-Abad) et 2 235 personnes ont été blessées (1 659 à Osh et 666 à Jalal-Abad). La plupart d’entre elles sont déjà sorties de l’hôpital.



D’après les organisations humanitaires, l’accès aux soins de santé des Ouzbeks ethniques continue d’être problématique à cause des menaces et de la présence d’hommes en uniforme militaire dans les centres de santé publics.



« Les menaces incessantes et l’intimidation poussent de nombreux citoyens, notamment les Ouzbeks ethniques, à quitter ou à planifier de quitter le pays », a dit un rapport publié le 20 juillet par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).













A map of Kyrgyzstan showing who does what where

Who does what where (<a href="http://pictures.irinnews.org/images/2010/originals/201007210738500783.jpg" target="_blank"><strong><font color=#006699>See larger version of map</font></strong></a>)...
OCHA
A map of Kyrgyzstan showing who does what where
http://ochaonline.un.org/
Mardi, juillet 20, 2010
Not yet out of the woods
A map of Kyrgyzstan showing who does what where


Photo: OCHA
Qui fait quoi et à quel endroit ? (voir la carte en grand format)

75 000 déplacés




Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), quelque 75 000 personnes étaient toujours déplacées le 16 juillet dernier et avaient besoin d’abris. La plupart d’entre elles étaient hébergées dans des familles d’accueil, mais certaines dormaient dans des tentes ou des centres collectifs.



Selon une évaluation de la situation des personnes déplacées, menée par le Programme alimentaire mondial et terminée le 15 juillet, 83 pour cent des personnes déplacées qui ne sont pas hébergées sont en situation d’insécurité alimentaire (grave dans 63 pour cent des cas). Quarante-trois pour cent des personnes déplacées qui sont hébergées sont également en situation d’insécurité alimentaire (grave dans 24 pour cent des cas).



D’après le groupe de responsabilité sectorielle chargé de la gestion des abris [cluster shelter], créé le 23 juin dernier et chapeauté par le HCR, quelque 2 000 familles (37 500 personnes) ne sont pas rentrées chez elles parce que leur maison avait été détruite ou endommagée. Nombre de ces déplacés ont commencé à nettoyer les décombres de leurs maisons – ce que le gouvernement avait auparavant interdit – et vivent à proximité avec des familles d’accueil.



Le 19 juillet, les organisations du groupe de responsabilité sectorielle ont mis en place un programme de construction d’abris transitoires afin d’aider les personnes sans abri à se construire des foyers de 50 mètres carrés une fois le déblaiement des décombres terminé. Pour 1 350 abris – 68 pour cent du total –, l’aide sera accordée sous la forme de matériaux de construction. La construction des 650 abris restants – 32 pour cent du total – sera financée par un système de bons d’achat ou d’argent liquide.



Le plan des abris transitoires sera vérifié pour s’assurer qu’il satisfait aux normes de construction kirghizes. Le gouvernement offrira ensuite à chacun des ménages des matériaux de construction supplémentaires pour améliorer leur abri.



La communauté internationale se préoccupe des questions de sécurité, mais il n’y a eu aucune réponse claire de sa part pour le moment. La proposition de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) d’envoyer une petite force de police internationale dans le sud du Kirghizistan n’a pas été bien reçue par tous les habitants du pays. Pendant ce temps, plusieurs centaines de soldats russes supplémentaires ont été envoyés au Kirghizistan mi-juin pour protéger la base russe qui s’y trouve.



ed/cb/gd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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