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Des dizaines de milliers de réfugiés ont besoin d’aide

Kyrgyz soldiers transport a family to a secure part of Osh, Kyrgyzstan, the city where the family was forced to abandon their house after violent clashes between Uzbeks and Kyrgyz erupted on 10 June, leaving at least 170 people dead
Kyrgyz soldiers transport a family to a secure part of Osh (UN Photo/EPA )

Des affrontements entre des groupes ethniques kirghizes et ouzbeks dans le sud du Kirghizistan depuis le 10 juin ont fait au moins 170 morts, blessé 1 762 autres et forcé 300 000 personnes à fuir, selon le ministère kirghize de la Santé et des agences des Nations Unies.



Parmi les 300 000 personnes déplacées figurent environ 75 000 personnes d’origine ethnique ouzbek, qui ont traversé la frontière vers l’Ouzbékistan et ont été enregistrées comme réfugiées, d’après les autorités ouzbeks. Certaines estimations parlent même de 100 000 personnes, qui pour la majorité restent dans des camps aux alentours d’Andijan, la quatrième plus grande ville d’Ouzbékistan, située à 50 kilomètres au nord d’Osh au Kirghizistan, point de départ des violences, à cinq kilomètres de la frontière entre les deux pays.



Les autorités ouzbeks autorisent les personnes âgées, les femmes et les enfants âgés de moins de 18 ans à entrer dans le pays, pour des raisons de sécurité, ont-elles dit.



Des rapports suggèrent que des dizaines de milliers d’Ouzbeks attendent toujours de pouvoir passer la frontière.



« Nous craignons qu’à moins que la paix et la sécurité ne soient rétablies très rapidement, davantage de personnes puissent être déplacées dans la mesure où elles fuient les campagnes ou tentent de traverser la frontière vers l’Ouzbékistan », a dit Andrej Mahecic, porte-parole du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), lors d’un point presse le 15 juin, à Genève.



Quelque 770 000 personnes d’ethnie ouzbek vivent dans le sud du Kirghizistan, soit un peu moins de 15 pour cent des 5,3 millions d’habitants du pays. Edward Luck, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la responsabilité de protéger, a dit que les déplacements massifs d’Ouzbeks « pourraient être équivalents à un nettoyage ethnique ».



Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Affaires politiques, B. Lynn Pascoe, et son homologue chargé des Affaires humanitaires, John Holmes, ont appelé le 15 juin à la création d’un corridor humanitaire pour permettre aux Nations Unies et autres organisations humanitaires d’apporter une assistance.



« Il est essentiel que la sûreté et la sécurité des personnels humanitaires soit garantie pour que nous puissions atteindre ceux qui ont besoin [d’aide]. Il est également vital que la frontière avec l’Ouzbékistan reste ouverte. Nous saluons la générosité ouzbek envers ceux qui traversent la frontière, et espérons que cela pourra continuer », a dit M. Holmes, ajoutant que des ‘Appels éclairs’ (flash appeals) allaient être préparés pour venir en aide aux déplacés au Kirghizistan et aux réfugiés en Ouzbékistan.

















Carte interactive localisant Osh, au Kirghizistan, et Andijan, en Ouzbékistan





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Assistance de UNHCR




L’Ouzbékistan a demandé l’assistance de UNHCR pour répondre aux besoins des réfugiés.



« A la demande des autorités ouzbeks, le premier vol affrété par UNHCR [a été] chargé de 800 tentes légères pour répondre rapidement au besoin grandissant d’abris », a dit M. Mahecic le 15 juin.



Cet avion, de même qu’un autre transportant des fournitures humanitaires provenant de l’entrepôt central de l’agence à Dubaï, a atterri sur l’aéroport d’Andijan, en Ouzbékistan, le 16 juin dans l’après-midi.



Ils constituent les premiers des six avions cargos de UNHCR prévus avant la fin de la semaine pour fournir 240 tonnes de couvertures, matelas, ustensiles de cuisine et bâches plastiques pour abris d’urgence, qui seront ensuite transportés par camions vers les différents sites hébergeant des réfugiés, en coordination avec le gouvernement ouzbek.



« Nous apprécions la collaboration que nous voyons de la part du gouvernement ouzbek pour apporter cette assistance vitale à ceux qui en ont besoin », a dit António Guterres, Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, le 16 juin. « Il s’agit d’une situation dramatique de réfugiés qui se développe rapidement. Il y a un besoin urgent d’aide ».



Conditions précaires dans les camps



D’après des articles de la presse locale, les gardes-frontières ouzbeks ont laissé les premières vagues d’arrivants de l’ethnie ouzbek entrer en Ouzbékistan et s’installer chez des amis ou des proches dans les villages environnants. Mais à partir du 15 juin, les réfugiés ont été obligés de rester dans des camps de tentes surveillés par la police, dans le cadre de ce qui a été présenté comme une mesure destinée à garder une trace des réfugiés et à éviter des réinstallations illégales en Ouzbékistan.



Les conditions de vie dans ces camps de fortune sont décrites comme précaires.



« Il y a déjà des rapports faisant état de dysenteries qui se répandent parmi les enfants dans les camps. Le gouvernement ouzbek lutte pour répondre aux besoins mais il a été débordé par l’énorme afflux de population. Les principaux besoins actuellement sont une aide alimentaire, des kits d’hygiène et des fournitures médicales », a dit Malika Mirkhanova, coordinatrice régionale pour l’organisation International medical corps en Asie centrale, au Caucase et au Moyen-Orient.



ed/mw/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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