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Des écologistes lancent un cri d'alarme pour le fleuve Jourdain

The River Jordan Wikimedia Commons
The River Jordan
Deux récents rapports rédigés par une coalition d’écologistes israéliens, jordaniens et palestiniens brossent un tableau bien sombre de l’état du fleuve Jourdain et exhortent à agir sans délai.

« Si des actions immédiates ne sont pas entreprises, le fleuve Jourdain sera asséché d’ici 2011 », a dit Baha Afaneh, coordinateur jordanien du Projet fleuve Jourdain de Friends of the earth au Moyen-Orient (FOEME), lors d’une conférence à Amman les 3 et 4 mai.

Selon un rapport de FOEME, ce fleuve autrefois majeur n’est plus aujourd’hui qu’un maigre cours d’eau, alimenté par des eaux salines et usées provenant d’Israël, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne (AP).

« Israël a dévié des eaux salines issues de sources vers le fleuve. Aujourd’hui, quelque 20 000 millions de mètres cubes [d’eau saline] se jettent dans le fleuve chaque année », a dit Gideon Bromberg, directeur israélien de FOEME.

Environ trois millions de mètres cube d’eaux usées non traitées se déversent également dans le fleuve chaque année en provenance de la municipalité de Beit Shea’an en Israël, en dépit du fait qu’Israël soit considéré comme un pays phare de la région dans le domaine du traitement des eaux usées, a dit M. Bromberg.

D’après FOEME, si 400 millions de mètres cube d’eau douce (soit un tiers du débit historique du fleuve) ne sont pas injectés chaque année dans le fleuve, les jours de ce dernier sont comptés.

Israël détourne la plus grosse partie du fleuve, soit 46,47 pour cent, la Syrie 25,24 pour cent, la Jordanie 23,24 pour cent et l’AP seulement 5,05 pour cent. Le rapport souligne que l’AP devrait recevoir une part plus équitable.

Israël doit laisser l’eau douce alimenter le fleuve, tandis que la Jordanie et l’AP doivent développer des plans directeurs permettant aux habitants de la vallée du Jourdain d’utiliser à nouveau le fleuve à des fins de tourisme et d’agriculture, a dit le rapport.

Au cours des 50 dernières années, le débit du fleuve Jourdain a chuté de 1,3 milliards de mètres cube par an à moins de 100 millions. Alors qu’Israël, la Jordanie et la Syrie extraient du fleuve autant d’eau potable qu’ils le peuvent, ce sont aujourd’hui, ironiquement, les eaux usées qui maintiennent le fleuve en vie, selon FOEME.

Le deuxième rapport de FOEME identifie plus d’un milliard de mètres cube d’eau qui pourraient être récupérés si des économies appropriées étaient introduites en Israël, en Jordanie et même dans l’AP.

« Au milieu du désert, on continue à tirer la chasse d’eau avec de l’eau douce plutôt que d’utiliser des eaux usées ménagères ou même encore mieux – des toilettes sèches ; et on cultive des fruits tropicaux pour l’exportation. On peut faire beaucoup mieux pour réduire les pertes d’eau, et il faut que nous traitions et réutilisions toutes les eaux usées que nous produisons », a dit M. Bromberg dans un communiqué.

td/at/cb/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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