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Zanzibar, victime potentielle de son succès contre le paludisme

Laboratory technicians are often trained by the Zanzibar Malaria Control Programme
Zanzibar is focusing on monitoring and research to maintain low malaria prevalence levels (Ann Weru/IRIN)

Grâce aux efforts pour combattre le paludisme à Zanzibar, le taux de prévalence est passé de 35 pour cent avant 2008 à moins d’un pour cent. Mais les responsables des services de santé craignent que cette tendance s’inverse.



« Malgré les progrès réalisés pour réduire le paludisme, le manque de fonds pour sensibiliser [le public], pour pulvériser [des insecticides] à effet rémanent dans les habitations et pour la surveillance représente un obstacle. La résistance des gens aux changements de comportement, notamment pour garder un environnement propre et utiliser des moustiquaires, pose problème », a dit Mwinyi Msellem, responsable du service de diagnostic du programme de contrôle du paludisme de Zanzibar (ZMCP).



Alors que la prévalence du paludisme s’approche de zéro, la population perd son immunité naturelle face à la maladie. Ce qui veut dire que le dépistage des populations va devenir de plus en plus important, a dit M. Msellem. La prévalence du paludisme était inférieure à un pour cent, selon les indicateurs de 2007 pour l’atteinte des objectifs du programme Roll Back Malaria (Faire reculer le paludisme).



Les interventions du ZMCP comprennent la prise en charge, en traitant et en formant les professionnels de santé, et la lutte intégrée contre les vecteurs, par l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide, une bonne hygiène de l’environnement et la pulvérisation d’insecticide dans les habitations.



La prévention du paludisme pendant la grossesse est également une intervention clé dans le contrôle du paludisme, bien que l’utilisation de médicaments prophylactiques par les femmes enceintes ne soit que de 40 pour cent, soit bien en deçà de l’objectif de 85 pour cent. « La plupart des femmes enceintes ne se rendent aux centres de soins que lorsqu’elles sont sur le point d’accoucher et on ne peut leur donner que la dernière dose », a-t-il dit. Deux doses sont recommandées.



En plus de ces interventions, l’accent est mis sur le contrôle des nouveaux cas et sur la recherche. « Lorsque vous connaissez un tel succès, vous devez renforcer la surveillance », a-t-il remarqué.



Système de détection précoce des épidémies



Un système de détection précoce des épidémies de paludisme a également été mis en place pour contrôler les nouveaux cas dans 52 des 150 centres de santé de Zanzibar. « Chaque semaine, ils [les centres de santé] envoient des messages textes à notre serveur en indiquant le nombre de patients, ceux qui ont bénéficié d’un dépistage du paludisme et le nombre de personnes chez qui le paludisme a été diagnostiqué », a dit M. Msellem. Les données sont alors comparées à celles des semaines précédentes.



« Si nous remarquons une augmentation, nous devons enquêter et contrôler les terrains fertiles », a-t-il dit. Les centres de soins ont signalé 1 671 cas de paludisme confirmés en 2009, dont 618 chez des enfants de moins de cinq ans.



Selon le ministère de la Santé et de l’Aide sociale, les centres de santé ont présenté une prévalence du paludisme de deux à trois pour cent et aucun changement n’a été noté depuis la courte saison des pluies de mars à mai.



Nouveaux problèmes



Cependant, de nouveaux problèmes font leur apparition en ce qui concerne le contrôle de la maladie, les changements de comportement et le financement.



L’un de ces problèmes est la difficulté d’obtenir des données de surveillance de la part des centres de santé, a-t-il dit. Les erreurs techniques des téléphones portables entravent également la collecte des données.



« Chaque district nécessite aussi une équipe de surveillance et de réponse et nous avons besoin de davantage de personnel formé », a-t-il dit. « Pour mettre en place ce système, il faut aussi beaucoup d’argent ».



Des refus de se soumettre au dépistage et au traitement ont également été signalés au fur et à mesure que le nombre de cas diminue, ce qui augmente le risque de nouvelles transmissions et même de décès. Cela est dû au fait que certains croient que le paludisme a déjà été éradiqué, a dit le ZMCP.



Mariam Mussa, commerçante âgée de 34 ans et mère de trois enfants vivant à Tunguu, un village dans le sud d’Unguja, l’une des îles de l’archipel de Zanzibar, a dit : « Dieu soit loué, la dernière fois que l’un de mes enfants a eu le paludisme c’était en mai [2009]. Avant, nous avions souvent le paludisme ».



« La situation reste fragile »



« Bien que le paludisme ait diminué, la situation reste fragile. Un engagement durable du gouvernement, notamment pour avoir son propre budget pour les programmes de lutte contre le paludisme et pour sensibiliser la population à la nécessité de garder un environnement propre, est important pour contrôler les moustiques », a dit à IRIN Juma Muchi, docteur.



La probabilité que les bailleurs de fonds et le gouvernement retirent leur soutien à cause du succès rencontré est un problème majeur, selon M. Msellem du ZMCP. « Nous devons poursuivre les mesures de contrôle pour éviter une recrudescence… La prévalence du paludisme avait été réduite à un ou deux pour cent dans les années 1970 et les gens ont relâché [leur vigilance]… Si nous n’employons pas les stratégies adéquates et que nous ne collaborons pas, il existe en effet un risque de revenir en arrière ».



« Conserver nos acquis dans la lutte contre le paludisme est probablement le principal défi auquel Zanzibar est actuellement confrontée », a dit Asha Abdallah, la ministre de l’Emploi, de la jeunesse, de l’enfance et des femmes.



aw-iy/cb/gd/ail 


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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