Il a été rapporté que les habitants de Kala Dhaka, une région située à Mansehra, dans la Province de la frontière du Nord-Ouest (PFNO), fuyaient pour gagner la ville de Mansehra ; en outre, les affrontements se seraient intensifiés dans l’agence d’Orakzai, dans les Régions tribales sous administration fédérale (FATA), également dans le nord-ouest du Pakistan.
« C’est mieux pour nous de partir maintenant, pendant que nous sommes encore en sécurité. Ici, les routes sont difficilement praticables et j’ai entendu d’horribles histoires de gens coincés à Swat après le début des affrontements », a raconté Afsar Khan, 40 ans, qui a quitté Kala Dhaka pour emmener sa famille de huit personnes chez son frère, à Mansehra.
« La situation est devenue très tendue chez nous et les gens disent que les Talibans ont installé leurs repaires à plusieurs endroits », a dit M. Khan.
« On nous a rapporté que Kala Dhaka était devenue la nouvelle base d’opérations des Talibans de Swat », a confirmé Malik Naveed Khan, chef des forces de police de la PFNO.
Si le ministre pakistanais de l’Intérieur a déclaré que les civils ne seraient pas touchés par les opérations menées dans la région, sur place, les populations ne sont pas convaincues.
« Ce n’est pas la première fois qu’on nous fait ce genre de promesses. S’il y a des bombardements, comment les gens peuvent-ils être en sécurité ? », a demandé Ashfaque Yusufzai à IRIN. Venu à Mansehra pour s’enquérir des loyers qui y sont pratiqués, a-t-il dit, il envisage d’y installer sa famille « pour que les enfants soient au moins en sécurité ».
« Il y a une véritable panique. Les gens savent que les Talibans sont parmi nous et qu’à cause de cela, nous allons être la cible de tirs et de grenades », a indiqué M. Yusufzai. M. Yusufzai s’estime chanceux, a-t-il expliqué, de pouvoir faire partir sa famille : « Les personnes très pauvres sont plus mal loties : elles ne peuvent même pas envisager de partir », a-t-il ajouté.
Des craintes concernant les financements
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Photo: Reliefweb ![]() |
La menace de nouveaux déplacements de population est au cœur de préoccupations concernant les financements humanitaires. Martin Mogwanja, Coordinateur humanitaire des Nations Unies au Pakistan, a ainsi déclaré à la presse, à Islamabad, le 12 avril, que certains projets humanitaires risquaient d’être suspendus.
Un appel de fonds a en effet été lancé en février pour obtenir 537 millions de dollars, destinés à nourrir et aider plus d’un million de personnes déplacées par le conflit dans le nord-ouest du Pakistan, mais à ce jour, seuls 106 millions ont été versés par les bailleurs.
« La réaction de la communauté internationale à cet appel est insuffisante », a dit M. Mogwanja. « Les acteurs humanitaires qui répondent aux besoins des populations s’inquiètent à la perspective que certains projets soient suspendus faute de fonds ».
Si la plupart des déplacés ont été hébergés par des familles d’accueil, dans bien des cas, leur situation est extrêmement préoccupante. « Nous dépendons de la charité ; les gens qui nous accueillent chez eux souffrent également parce qu’ils ont des difficultés à nous nourrir et à nous garder chez eux, mais où pouvons-nous aller ? », a dit Mobeen Khan, de Bajaur, dans les FATA. Sa maison y a été « entièrement détruite » et M. Khan vit actuellement chez un cousin, à Mansehra.
« Nos hôtes se montrent bons et généreux envers nous », a dit M. Khan, ajoutant que l’afflux de nouvelles personnes déplacées posera de nouvelles difficultés pour tout le monde.
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