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Les médecins craignent une pénurie de médicaments suite aux affrontements

Map of Mbandaka, in DRC's Equateur province. Government troops clashed with insurgents here in early April 2010 Wikimedia
Les structures de santé de Mbandaka, la capitale de la province de l’Equateur, peinent à faire face à l’afflux de personnes blessées dans les récents affrontements survenus dans la ville entre l’armée congolaise et des insurgés. Le personnel de santé craint d’être confronté à une pénurie de médicaments essentiels.

« Nous craignons que la quantité de médicaments dont nous disposons soit limitée par rapport au nombre de patients reçus depuis dimanche [4 avril], lorsque les combats ont commencé entre l’armée et les insurgés », a dit à IRIN Alex Isanzola, médecin à l’Hôpital général de Mbandaka.

Au moins 30 personnes, dont 23 blessés graves, sont venues se faire soigner à l’hôpital. Parmi les blessés, on compte trois policiers et un soldat, a-t-il dit.

« La capacité [de la morgue de l’hôpital] est de 18 corps seulement, mais nous avons reçu jusqu’à présent 26 corps, que nous avons du mal à placer », a-t-il dit le 6 avril, ajoutant que l’hôpital avait besoin de désinfectants.

Avant les affrontements des 4-5 avril, a-t-il dit, les patients pouvaient payer après le traitement, mais aujourd’hui, ils doivent payer d’avance pour que l’hôpital puisse acheter les médicaments.

Le plus gros besoin concerne les antibiotiques. « Nous avons besoin de davantage de médicaments tels que l’amoxicilline, l’ampicilline… et de diverses perfusions, car celles que nous avions avant les affrontements ne suffisent pas », a dit M. Isanzola.

Cependant, Mwamba Mangueza, ministre de la Santé de l’Equateur, a dit à IRIN qu’il n’était pas au courant de la pénurie. « Le directeur de l’hôpital ne m’a pas encore alerté de la pénurie éventuelle », a-t-il dit.

D’après M. Mangueza, les affrontements ont provoqué une hausse des prix alimentaires, car les commerçants sont réticents à rouvrir leurs boutiques.

Le prix du bol de haricots est passé de 800 francs congolais (environ 0,80 dollar) à 1 000 francs congolais (environ 1,05 dollar), et le prix de la bouteille d’huile de palme, qui était auparavant de 500 francs congolais (0,52 dollar), a doublé, d’après la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC).

Le 6 avril, certains commerçants de la ville ont rouvert leurs boutiques, mais les ont rapidement refermées suite à des coups de feu. Selon le colonel Makengo, commandant de l’armée de la ville de Mbandaka, les coups de feu ont été tirés lorsque des soldats sont intervenus pour empêcher une foule de lyncher trois miliciens Enyele.

Les affrontements ont commencé le 4 avril à Mbandaka quand un groupe de miliciens Enyele a tenté de prendre d’assaut plusieurs points stratégiques de la ville.

Les miliciens ont attaqué la résidence du gouverneur de la province, ainsi que plusieurs bureaux du gouvernement, avant de s’emparer de l’aéroport, dont ils ont gardé le contrôle jusqu’au 5 avril, date à laquelle ils ont en été chassés par les troupes de l’armée, soutenues par la MONUC.

« Des tirs continus d’artillerie lourde ont eu lieu dans plusieurs zones, forçant des milliers de personnes à rester enfermées dans les églises où elles célébraient Pâques », a dit la MONUC.

Un soldat de maintien de la paix ghanéen a été tué alors que son équipe se dirigeait vers l’aéroport, et un sous-traitant de la MONUC a également perdu la vie, d’après la MONUC.

Le calme a été restauré dans une grande partie de la ville grâce à une forte présence militaire. Cependant, des rumeurs concernant d’éventuels renforts Enyele subsistent, d’après l’ONG (organisation non gouvernementale) Caritas.

A la fin de l’année 2009 à Dongo, au nord de Mbandaka, des affrontements liés à des litiges sur les droits de pêche avaient opposé les groupes ethniques Enyele et Munzaya, faisant au moins 270 morts. Plus de 100 000 personnes avaient été déplacées, d’après les statistiques du gouvernement.

Les attaques menées par des groupes d’insurgés s’étant étendues aux services de sécurité et aux bureaux du gouvernement, l’armée est intervenue en décembre 2009. Les insurgés ont continué à mener des attaques à petite échelle, visant l’armée et des travailleurs humanitaires.

pc/aw/mw/il/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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